samedi 25 novembre 2006

Lettre à nos Amis - n°4 - Novembre 2006

Pari gagné ! J’avoue pourtant avoir eu un petit pincement de cœur, ces derniers jours, alors que se préparait notre réunion à la Mutualité sur le thème La Tradition catholique, notre Bien commun. Malgré quelques désistements d’avant dernière seconde, nous avons pu exprimer sereinement notre ambition et nos convictions pour l’Église – en mettant autour d’une table toutes les tendances depuis l’abbé Laguérie, supérieur de l’Institut du Bon Pasteur jusqu’à Jean-Pierre Denis directeur de la rédaction de La Vie. 

Pour cette circonstance qui est vraiment une première, vous avez massivement répondu à notre invitation. Dans la grande salle de la Mutualité, nous avons dû refuser du monde ce lundi 20 novembre. Malgré la pluie et les embouteillages, qui à Paris vont toujours de pair, chacune des 950 chaises avait trouvé preneur et beaucoup d’entre nous seront restés debout pour écouter les diverses interventions. Qu’est-ce qui a engendré un tel succès, un soir en semaine ?

Je crois pouvoir le dire d’un mot : votre espérance. L’espérance qu’a suscitée l’élection du pape Benoît XVI. L’espérance qu’a déclenché en nos cœurs son « parler vrai ». Nous sommes séduits par cet art qu’il a de « provoquer à la vérité » pour employer une de ses expressions.

Désormais, depuis son discours du 22 décembre, le concile Vatican II n’est plus comme le recueil des tables d’une loi nouvelle – objet sempiternel d’invocations. C’est simplement un immense texte, difficile à lire, providentiellement mis sur notre chemin pour que l’Église puisse affronter « le monde moderne » à travers les questions qu’il nous adresse ou comme dit Benoît XVI, « les pistes qu’il ouvre » pour nous.

Désormais, la messe latine est au centre des débats – les sondages sont les mêmes qu’il y a 25 ans – 65% des français catholiques souhaitent la libéralisation de la messe traditionnelle. Ce chiffre (à peu près identique dans deux sondages différents – un sondage Internet et un sondage CSA –) est une divine surprise. Il montre à lui seul que les tendances du Pontificat rejoignent le désir profond des catholiques.
Débat contradictoire : comment sortir des années 70 ?
(Crédit Photo : Olivier Figueras) 
Le 20 novembre, nous avons montré qu’il était possible de faire bouger les lignes dans la monstrueuse guerre de tranchées qui oppose les catholiques entre eux depuis 40 ans.

Mais il y a un enjeu plus lourd encore : il nous faut regagner les intelligences. En finir avec l’idéologie religieuse des années 70. Retrouver les lois merveilleuses de l’évidence chrétienne.

S’il y a un domaine dans lequel les poncifs ont fait rage depuis 40 ans, c’est celui de la Liturgie. Idées fausses sur la liturgie des premiers siècles. Idées fausses sur les modalités de la participation des fidèles. Idées fausses sur la sécularisation inéluctable. Idées monstrueuses sur la mort de l’homme religieux.

C’est par tombereaux que l’on ramasse les schémas préfabriqués et les évidences en formica que nous ont léguées les années 70. Il ne suffit pas de les identifier et de les collectionner. Il faut aujourd’hui remplacer toutes ces certitudes en toc, en retrouvant la forme catholique et sa divine efficacité.

C’est à quoi entend s’employer l’abbé Christophe Héry en organisant un colloque universitaire d’une extrême richesse. Le thème ? La sainte Messe entre tradition et mutations.

Histoire, théologie, anthropologie, littérature, ce colloque universitaire pluridisciplinaire vous remettra les idées à l’endroit, en vous donnant l’intelligence de ce Dieu sensible au cœur que la sainte liturgie nous permet d’adorer.

SAMEDI PROCHAIN, 2 décembre (une date historique), rendez-vous à l’espace Moncassin…

Abbé Guillaume de Tanoüarn +

dimanche 1 octobre 2006

Lettre à nos Amis - n°3 - Octobre 2006

Mauvais temps pour les défenseurs de la Tradition catholique. Ça canarde de tous côtés. Les sans-papiers de l’Eglise, tout récemment régularisés par la volonté du Saint-Père, suscitent la suspicion et l’inquiétude chez les dignitaires, que l’on avait guère habitué aux changements de cap. Certains, cependant, jouent très spontanément l’accueil. Je pense à ce prêtre de banlieue, qui m’a téléphoné et a demandé à me rencontrer, chargé dans son diocèse de l’œcuménisme avec les protestants, et qui avait découvert sur Internet le site du Centre Saint-Paul. Intrigué par cette accusation que nous portons contre le Concile d’avoir favorisé l’éclosion d’une « religion nouvelle », d’une nouvelle attitude de l’homme vis à vis de Dieu, il avait suivi la création de l’Institut du Bon Pasteur dans les medias…On peut dire que si certains évêques avaient son ouverture d’esprit (son ouverture au Saint-Esprit et à la paix qu’il établit en nous), l’Eglise de France ne donnerait pas aujourd’hui le contre témoignage public de ses divisions. Nous voulons, quant à nous, manifester notre désir de contribuer – par notre défense résolue des formes de la Tradition catholique – à l’Unité de la sainte Eglise, Unité qui n’est pas une uniformité humaine des rites et des discours mais la force rayonnante d’une foi et d’une charité communes, l’élan d’une espérance qui a le même objet. 

C’est dans cette perspective que l’A.D.C.C. organise le lundi 20 novembre prochain dans la grande salle de la Mutualité à Paris une réunion « tradi-oecuménique » consacrée à la Tradition catholique notre Bien Commun. Vous trouverez ci-joint le programme détaillé de cette manifestation. Notre idée ? Indépendamment des idéologies qui ont sévi jusqu’au cœur de l’Eglise dans les années soixante et soixante-dix, montrer qu’il existe une volonté commune (jusque dans l’affirmation des différences) pour que soient restituées aux fidèles les formes de la Tradition catholique.

Si nous nous plaçons sous la houlette du Pasteur universel, le pape Benoît XVI, la guerre des clans n’aura pas lieu entre catholiques. Mais à nous de connaître et de faire connaître son message. Quoi qu’en pensent les pleureuses professionnelles de tous bords, qui ne l’ont pas lu, il a - lui seul - la grâce d’état pour mener cette « barque qui prend l’eau de toutes parts » - mais qui n’en reste pas moins celle à laquelle Dieu a promis d’arriver au port.

L’actualité sera très chargée ces prochains jours. Les évêques réunis à Lourdes ont pour la première fois de leur histoire, mis à l’ordre du jour le problème traditionaliste. L’Institut du Bon Pasteur figure en première ligne parmi les questions qui seront soulevées.

A la Mutualité, le 20 novembre, nous aurons l’occasion de répondre aux évêques, soit, ce que je souhaite, pour leur exprimer notre gratitude, soit, ce que l’on peut craindre, pour leur demander le plus solennellement possible, de revoir leurs positions, restées fixes depuis les années 80.

Dans les deux cas, il importe que nous soyons très nombreux ce soir-là. Il s’agit - que nous le voulions ou non - d’une échéance cruciale pour l’avenir de l’Eglise en France. Lundi 20 novembre à 20h, il faudra être là pour faire face !

Abbé Guillaume de Tanoüarn +

vendredi 1 septembre 2006

Lettre à nos Amis - n°2 - Septembre 2006

Chose promise, chose due. Je vous avais annoncé au mois d'août « des décisions prises à Rome » pour « baliser le chemin de crête » sur lequel nous nous engageons. Eh bien les voilà et, vous l'avouerez, sans retard!

Le cardinal Castrillon-Hoyos, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge Marie, a bien voulu ériger sous l'autorité de M. l'abbé Laguérie, une nouvelle société religieuse : l'Institut du Bon Pasteur, avec le pouvoir d'incardiner des prêtres et de faire ordonner des séminaristes.

Deo gratias ! Oui, à Dieu d'abord les remerciements de nos cœurs débordants. Nous, prêtres injustement chassés, nous étions traités de mutins. Et voilà que nous sommes officiellement embauchés dans la vigne du Seigneur, pour continuer à travailler comme nous l'avons toujours fait « pour que son Règne arrive ». Pensons aussi aux séminaristes d'Ecône, laissés sur le pavé sans une explication le lendemain des Ordinations de fin d'année. Ils ont ainsi retrouvé un port d'attache pour prendre des forces avant la « grande traversée » de leur ordination sacerdotale.

Cet Institut qui porte le nom du Bon Pasteur évoque d'abord, dans son titre, la générosité toute pastorale de Rome à notre égard. J'ai beaucoup parlé de Rome depuis bientôt 18 ans que je suis prêtre. Mais aujourd'hui, je peux dire que j'ai vu le visage de Rome et que ce visage est un visage de miséricorde.

J'imagine qu'un certain nombre de mes lecteurs et néanmoins amis froncent les sourcils en se demandant : mais qu'est-ce qu'ils ont lâché pour obtenir cela ?

Ce que je voudrais avoir lâché, c'est la passion excessive qui m'anime et cette volonté d'avoir raison qui parfois m'a rendu injuste.

Mais sur le fond, nous n'avons rien lâché. Lisez donc attentivement le communiqué ci-joint : usage exclusif de la liturgie traditionnelle, critique constructive du concile Vatican II. Avec magnanimité, Rome nous accorde tout.

En contrepartie ? Eh bien nous devons aider ce pape, là où nous sommes, avec les moyens qui sont les nôtres, à sortir l'Église de la religion conciliaire. J'ai quelques idées sur les modalités pratiques de ce beau programme. Je vous en entretiendrai dès que possible.

Mais tout de suite, ce qu'il nous faut faire, c'est rendre grâce. Par une délicate attention, le cardinal Castrillon a souhaité que notre Société soit érigée en la fête de la Nativité de la Vierge. Eh bien ! Pour la fête du Saint Nom de Marie, ce 12 septembre, à 19 heures, j'invite tous ceux qui le peuvent à se joindre à nous pour chanter un Te Deum et une messe d'action de grâce. C'est M. l'abbé Laguérie nouveau supérieur, qui conduira notre prière.

Que ceux qui ne peuvent pas se libérer dans un délai si court ou qui habitent trop loin pour pouvoir venir jusqu'à nous, n'hésitent pas à s'unir de cœur et d'intention à notre chant.

Pour que grandisse toujours notre amour de l'Église et notre volonté de la servir.

Abbé Guillaume de Tanoüarn

Communiqué - Dialogue entre Rome et les traditionalistes, un premier acquis 

Ce vendredi 8 septembre 2006, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge Marie, le cardinal Castrillon-Hoyos, préfet de la Congrégation du Clergé, au nom du Saint-Siège, a érigé l’Institut du Bon Pasteur en « Société de vie apostolique ». Regroupant sous la houlette de M. l'abbé Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, des prêtres traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie-X, cette communauté nouvelle, la première du genre reconnue par le pape Benoît XVI, marque la volonté sérieuse de la part de Rome d'en finir avec le séparatisme traditionaliste. Quelques précisions juridiques sont nécessaires pour prendre la mesure de ce petit événement. Cet Institut est reconnu comme de Droit pontifical, c’est-à-dire qu’il relève directement du Saint-Siège et que son supérieur a le pouvoir de juridiction ordinaire, aux fors interne et externe, sur tous les membres de la société. Il incardine ses membres prêtres et diacres. Il peut ouvrir un séminaire et appeler aux ordres mineurs et majeurs les candidats reconnus aptes au sacerdoce. Fait digne d’être remarqué, l'érection de ce nouvel Institut est intervenue en plein accord avec le président de la conférence épiscopale française, le cardinal Ricard, qui a accueilli la nouvelle fondation dans son diocèse.

Le Saint-Siège octroie aux membres de l’Institut « l’usage exclusif de la liturgie grégorienne » (Statuts II, §2). Le rite traditionnel est « le rite propre » de la fondation, comme le soulignait le cardinal Castrillon lui-même, en recevant les membres de l’Institut. Désormais, à travers les statuts du Bon Pasteur, la messe traditionnelle n’est plus seulement une permission. Elle se trouve encouragée pour elle-même par le Siège Romain. Par ailleurs, chaque membre fondateur reconnaît personnellement « respecter le Magistère authentique » du Siège Romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église (Statuts II §2). De plus, conformément au discours du pape Benoît XVI à la Curie Romaine le 22 décembre 2005, les membres de l’Institut, autant qu'il est en eux, sont engagés, par une « critique sérieuse et constructive » du Concile Vatican II, à permettre au Siège apostolique d’en donner l'interprétation authentique.

Les prêtres de cette nouvelle œuvre apostolique et missionnaire se réjouissent de la générosité avec laquelle la hiérarchie ecclésiastique a reçu leur demande d’une communion qui soit enfin pleinement manifestée avec le Saint-Siège.

La création de l’Institut du Bon Pasteur n’est pas une fin en soi ; c’est un commencement. Le cardinal Ricard a promis au mois d'avril dernier que les évêques français s'engageront dans « un vrai travail de communion » avec les traditionalistes. La création de cet Institut constitue l'occasion toute trouvée de tourner le dos aux anathèmes interpersonnels et de passer, d'un côté comme de l'autre, de la déclaration d'intention à une mise en œuvre sérieuse et vraiment chrétienne de ce qui au fond n’est rien d’autre que la charité surnaturelle entre tous les catholiques !

Centre Saint-Paul, Paris.

mardi 1 août 2006

Lettre à nos Amis - n°1 - Août 2006

Août 2006 n°1

Alors qu’une nouvelle année scolaire va commencer, je voudrais vous donner quelques nouvelles de notre Centre Saint Paul.

Nous nous sommes lancés le 1er mai dernier, à la grâce de Dieu, comptant sur votre générosité. L’enjeu ? Créer à Paris une antenne traditionaliste libre, libre de critiquer les déviations de la religion conciliaire et libre de soutenir la grande espérance que fait naître dans les cœurs fidèles le pontificat de Benoît XVI. A travers une session de théologie qui a rencontré un grand succès (plus de 60 participants et un « chat » de 2 heures sur Internet), à travers les conférences de toutes sortes faisant appel à des intervenants français et étrangers, grâce aussi à la création de la revue mensuelle Objections et au site Internet qui en est le relais, nous avons montré tout au long de l’année qu’il était possible de poursuivre une critique constructive du Concile tout en servant de relais à l’enseignement de Benoît XVI.

Si malgré l’exiguïté de nos locaux de la rue Saint-Joseph, nous n’avons cessé de réunir des fidèles, c’est que cette position, sans compromis et sans étroitesse, correspond aux attentes de beaucoup parmi vous, qui veulent jouir de toutes les richesses de la Tradition catholique sans fermer leurs esprits et leurs cœurs aux évolutions positives qui se font jour dans l’Eglise actuellement.

Je vous entretiendrai sans doute bientôt des décisions qui seront prises à Rome pour mieux baliser ce chemin de crête qui doit être le nôtre.

En attendant nous devons inlassablement transmettre en prêchant à temps et à contre temps comme le recommande Saint Paul. Il y a eu 18 baptêmes au Centre Saint Paul et à Tournan en Brie cette année. Les catéchismes ont permis la formation de six enfants pour la communion privée et de huit jeunes qui ont fait ou vont faire leur communion solennelle. Ces résultats sont modestes ! Ils manifestent néanmoins la vitalité chrétienne de notre Centre Culturel. N’hésitez pas à recommander nos catéchismes à vos amis, traditionalistes ou non.

Les épreuves ne nous ont pas manqué malgré les joies. Monsieur l’abbé Debourge qui nous manifestait tant de bienveillante attention a été trop vite enlevé à l’affection de ses amis. Monsieur l’abbé Paul Riquier qui a assuré maints remplacements, venant exprès de l’école de la Croix des Vents à Sées, a été frappé d’une crise cardiaque au volant de sa voiture. Pour lui, nos prières sont encore indispensables. Quant à Monsieur l’abbé Aulagnier, il nous a fait très peur, alors que nous étions plusieurs prêtres à Rome à la fin du mois d’avril.

Heureusement, semble t-il, plus de peur que de mal ! Mais pour ce valeureux combattant de bonnes vacances cet été ne sont pas superflues.

Nous avons beaucoup de projets pour l’année à venir, je vous en entretiendrai bientôt et sans doute aussi très vite des bonnes nouvelles de Rome.

Si ce type d’apostolat culturel vous intéresse, n’hésitez pas à nous rendre visite rue Saint-Joseph à Paris. Vous pouvez aussi vous abonner à notre revue Objections ou tout simplement soutenir l’une ou l’autre de nos associations (un reçu fiscal vous sera délivré permettant de déduire de vos impôts 66% du montant de votre don).

Que Dieu bénisse votre générosité qui est le moteur de notre action pour que la Tradition catholique retrouve dans l’Eglise son droit et dans le monde son éclat.

Abbé Guillaume de Tanoüarn +

samedi 31 décembre 2005

De la supplique à Benoît XVI au Centre Saint-Paul - Entretien avec l'abbé Guillaume de Tanoüarn

Présent - samedi 31 décembre 2005
Propos recueillis par Jeanne Smits et Olivier Figueras 

Ordonné prêtre par Mgr Lefebvre, l’abbé Guillaume de Tanoüarn, sorti de la Fraternité Saint-Pie X, a créé à Paris le Centre culturel Saint-Paul (12, rue Saint-Joseph, Paris 2e – 01 40 26 41 78). Il vient d’adresser une supplique au Saint-Père pour la défense de la liturgie traditionnelle. Cette question des relations entre Rome et la Tradition nous a déjà conduits à interroger Mgr Fellay (Présent du 5 novembre 2005), et le cardinal Medina (Présent des 19 et 22 novembre 2005).
— Vous avez adressé, à l’occasion de votre journée réussie du 20 novembre, une supplique à Benoît XVI. Quel en est le sens ?
— J’adresse cette supplique à Benoît XVI en réponse à l’impatience, plus ou moins déguisée, souvent non déguisée, d’un certain nombre de catholiques qui trouvent que le Pape ne va pas assez vite dans le sens d’un retour de la Tradition. Je crois que Benoît XVI, contrairement à ce qu’on a dit au moment de son avènement, n’est pas seulement un pape spirituel, contemplatif, mais qu’il est aussi, et ses antécédents le montrent bien, un pape politique. J’ai voulu donc montrer à travers cette supplique que Benoît XVI ne pouvait pas ne pas faire ce qu’il avait si largement et si audacieusement écrit en tant que cardinal Ratzinger. En tant que cardinal Ratzinger, il a à plusieurs reprises pris la défense du rite traditionnel. En tant que Pape, il pourrait, et je crois que c’est une question de mois, prendre la défense du rite traditionnel dans les mêmes termes qu’il l’a fait lorsqu’il était le théologien de Jean-Paul II. Donc, ce que nous écrivons à Benoît XVI, c’est ce qu’il a lui-même écrit, et ce que nous lui demandons, c’est de répéter ce qu’il a déjà dit. C’est ça le sens de cette démarche.
— Vous êtes prêtre, originaire de la Fraternité Saint-Pie X de laquelle on vous a prié de sortir. Qu’est-ce qui, aujourd’hui fait que vous pensez pouvoir, plus spécialement, adresser cette supplique ?
— Je n’ai pas de contacts personnels avec Rome. J’ai simplement fait partie d’un petit groupe de prêtres qui ont demandé à Rome la levée des sanctions qui les frappaient, et Rome, de façon très magnanime, a répondu dans un rescriptum, c’est le terme juridique, dans une réponse écrite, en levant toutes les sanctions qui nous frappaient. Il me semble que ce recours à Rome s’imposait pour moi une fois mis hors de la Fraternité Saint-Pie X par le supérieur général Mgr Bernard Fellay, puisque c’était une manière de montrer que je n’entendais pas rester une sorte de cavalier seul ecclésiastique, mais que je voulais vraiment inscrire toute mon action pastorale dans le sens de l’Eglise, et dans l’amour de l’Eglise. Et donc dans l’acceptation d’un lien profond avec l’Eglise par l’intermédiaire de la dépendance hiérarchique.
— Et cela s’est fait très rapidement ? Et sans conditions ?
— Cela s’est fait très rapidement, moyennant une déclaration que j’ai signée, déclaration en quatre articles dont j’avais déjà signé les deux premiers pour pouvoir être ordonné prêtre à Ecône (je n’en parlerais donc pas ici), et dont les deux derniers articles concernent l’un le fait que je m’engage à avoir une attitude de critique constructive du concile Vatican II – c’est me semble-t-il ce que j’ai toujours fait, et que j’ai fait en particulier dans ce livre qui s’appelle Vatican II et l’Evangile. Le quatrième article me demande de « préparer les conditions d’une réception authentique du concile Vatican II ». C’est un langage un peu technique : il s’agit d’une lecture du Concile, qui n’est pas infaillible, mais qui est authentique parce qu’elle provient de l’autorité. Mais ce qui est étonnant, c’est ce verbe « préparer ». Rome nous dit aujourd’hui qu’il n’y a pas de réception authentique de Vatican II, et qu’il faut la préparer. Il me semble que c’est ce que j’ai toujours fait ; et que toutes les critiques que j’ai adressées au concile étaient destinées à préparer une future lecture de Vatican II.
— Dans l’inquiétude qui peut être celle d’un certain nombre de fidèles traditionalistes, qui ont une certaine peur des discussions avec Rome, vous avez créé le Centre Saint-Paul, mais vous n’êtes pas directement reconnu dans le cadre diocésain ?
— Je suis un prêtre catholique sur lequel ne pèse actuellement plus aucune sanction, mais j’ai créé non pas une paroisse, qui nécessiterait évidemment une autorisation ou même une incardination, mais un centre culturel, qui ne nécessite directement aucune forme de lien à la hiérarchie diocésaine. Dans ce centre culturel, il est évident que la liturgie est à l’honneur. Mais nous ne cherchons pas à revendiquer le titre de paroisse. Par ailleurs, dans ce centre culturel, nous organisons des cours, des conférences, qui sont ouverts à tous ceux qui veulent avoir une vision plus profonde de leur foi.
— L’accord que vous avez signé est ouvert, au fond, à tout prêtre fidèle à la Tradition. N’y a-t-il pas là déjà une préfiguration de ce qui pourrait être ?
— Ce que je crois, c’est que le fait que Rome nous ait donné si libéralement ce rescriptum marque bien que si les traditionalistes voulaient recevoir quelque chose du Pape, ils le recevraient ; et que si aujourd’hui ils ne reçoivent rien, c’est peut-être qu’ils ne veulent rien recevoir.
— Quel sens donnez-vous donc à « tradi-œcuménisme », que vous employez à l’occasion, et qui peut aller jusqu’à Campos ?
— Je l’emploie à l’occasion parce qu’on m’a beaucoup reproché de le cultiver. Et finalement je me suis identifié à ce qu’on m’a reproché d’être. Ce tradi-œcuménisme, au sens le plus noble du terme, est le regroupement de toutes les forces vives du catholicisme. Car les forces vives du catholicisme existent forcément, et elles vivent forcément autour de la Tradition. Et il me semble que ce serait une erreur de dire que qui que ce soit puisse prétendre être l’Eglise à lui tout seul. Nous avons besoin d’être avec tous ceux qui constituent l’Eglise, qui font vivre l’Eglise, et qui vivent de l’Eglise ; et donc avec tous ceux qui se réfèrent à la Tradition. Et notre rôle est de faire en sorte que cette référence à la Tradition dans l’Eglise latine soit de plus en plus facile.
— Avec, comme but premier, la défense de la liturgie traditionnelle…
— Avec comme but la défense des formes de la Tradition, forme liturgique, forme théologique, forme du catéchisme, car le catéchisme, Jean Madiran le répète assez, a mis longtemps à s’élaborer dans une forme donnée, et ce n’est pas un hasard s’il a aujourd’hui cette forme. Ce sont ces formes qu’il faut transmettre à l’Eglise d’aujourd’hui pour qu’elle en vive. Et finalement, dans notre génération, nous sommes les seuls à avoir reçu ces formes ; c’est donc à nous de les transmettre, nous ne pouvons pas les trahir une seule seconde.
— Finalement, ce tradi-œcuménisme pourrait regrouper des gens aussi divers que la Fraternité Saint-Pie X, les communautés Ecclesia Dei, Campos, voire les Petits Gris, la communauté Saint-Martin…
— Je ne cherche à regrouper personne, mais je vais même aller plus loin : le 1er décembre, j’ai organisé au Centre Saint-Paul un débat avec un orthodoxe bien connu sur la place de Paris, Jean-François Colosimo. L’idée était de se demander : catholiques-orthodoxes, la fracture est-elle irréductible ? Parce qu’au fond l’œcuménisme qu’on a fait à la suite du concile est un œcuménisme marqué par l’esprit des Lumières, et qui cherche à élaborer un plus petit commun dénominateur impossible, introuvable.

L’œcuménisme réel est un œcuménisme qui se fonde sur la richesse de la Tradition. Dans la mesure où nous pouvons considérer que nous avons, avec les orthodoxes, des points communs extraordinaires et inexplicables par l’histoire seule, car la rupture a déjà presque mille ans, il est important de manifester une fidélité commune à la Tradition, en espérant qu’un jour le Bon Dieu nous réunisse. Il ne faut pas oublier que l’unité des chrétiens n’est pas le fait des hommes, l’unité des chrétiens est surnaturelle. Le cardinal Journet l’avait expliqué dans un petit livre, le premier qu’il ait écrit sur l’union des chrétiens, et il se fondait sur des thomistes aussi sérieux que Billuard et Cajetan. L’unité des chrétiens provient de la grâce de Dieu. Elle est donc un fait divin, réalisée dans l’Eglise catholique, et pas un fait humain, que l’on obtiendrait à coup de marchandages. Ce que nous pouvons considérer, c’est que le grand facteur de l’unité est la Tradition. Non seulement la tradition comme idée, mais la tradition comme forme, la tradition comme liturgie, la tradition comme doctrine.
— Pour préciser simplement une espèce de paradoxe, quand on a déjà autant de mal à se mettre d’accord entre latins, comment peut-on prétendre à un accord y compris avec les orthodoxes sans tomber dans ce piège du mot œcuménisme qu’on nous ressort à tous les coins de rues ?
— Il me semble que c’est vraiment un des apports propres à Benoît XVI que de montrer qu’il n’y a d’unité possible que dans la vérité d’une part, et que cette vérité d’autre part on la trouve, non pas dans telle ou telle idée géniale de telle ou telle personne, mais on la trouve dans la tradition apostolique telle qu’elle vient jusqu’à nous. Dans la mesure où on adhère à cette tradition, on a une légitimité chrétienne, c’est aussi simple que cela. Par conséquent, je ne refuserai jamais aucune forme de dialogue. J’espère bien qu’un jour, au Centre Saint-Paul, des curés de Paris que je connais pourront venir parler, échanger, discuter ; j’espère bien aussi que le centre Saint-Paul puisse jouer son rôle de centre culturel chrétien, et être vraiment un ferment de tradition auprès de tous les esprits inquiets qui, parce qu’ils ont reçu la formation d’aujourd’hui, n’ont pas encore aperçu l’importance de ce facteur traditionnel et en restent finalement à leur petite liberté de conscience subjective. Il est clair qu’on n’arrivera jamais à l’unité des chrétiens sur la base de la liberté de conscience, avec ses choix aléatoires !
— Dans Valeurs pour un temps de crise, le Pape se présente comme le gardien de la mémoire de la vérité de l’Eglise. N’est-ce pas une idée qui est pleine d’espoir pour nous ?
— Je pense que vraiment Benoît XVI a l’intention d’être pape dans toute l’amplitude de ce terme, si anti-moderne que cela puisse paraître à nos contemporains ; et donc il a l’intention d’être le témoin de la vérité comme le Christ l’a été. Et quoi qu’il puisse lui en coûter. Il a évoqué les loups lors d’un de ses tout premiers discours, ça n’est pas pour rien. Je crois que le Pape fera là où il est tout ce qu’il peut faire, qu’il ne peut pas tout faire, et qu’il nous appartient, à nous, d’aider le Pape, et de faire ce que nous pouvons faire, avec la liberté qui nous est donnée, avec cette parole libre qui doit pouvoir décomplexer l’Eglise issue du concile, et lui faire retrouver la fierté de sa source divine.
— Pour changer un peu de sujet : vous avez été sorti de la Fraternité, à votre corps défendant, vous avez fondé le Centre Saint-Paul pour continuer le combat de la foi catholique. Celui-ci n’a donc pas été créé comme un ersatz de la position qui était la vôtre au sein de la Fraternité.
— J’avoue que, à travers le Centre Saint-Paul, j’ai créé quelque chose que j’avais toujours eu envie de faire dans la Fraternité, mais qu’elle ne m’a pas donné l’occasion de réaliser, et à partir du moment où elle m’a donné congé, eh bien j’ai pris ce congé comme un signe de Dieu.
— Vous aviez Pacte et Certitudes…
— … qui allaient déjà dans le sens où je vais actuellement. Mais vous n’êtes pas sans savoir que je viens de créer un mensuel, Objections. Le soustitre me semble suffisamment explicite : « La vraie Tradition est critique ». Le but de cette revue, au format magazine ? Faire entendre une parole entièrement libre sur l’Eglise et pour l’Eglise. Combien de journalistes déjà m’ont dit leur plaisir de pouvoir écrire, dans Objections, même sous pseudonymes, ce qu’ils pensaient devoir écrire mais que personne n’osait publier. L’Eglise meurt d’une trop grande licence donnée à la contestation sous toutes ses formes et d’une absence de liberté laissée à la foi véritable. Comme l’écrivait Pascal, dans une crise peut-être aussi grave que la nôtre : « Jamais les saints ne se sont tus. » L’Eglise meurt du silence qu’elle a fait trop souvent régner en son sein par voie d’autorité pure. L’Eglise meurt aussi des coteries qui voudraient bien se partager (odieusement !) les dépouilles de leur mère. Nous entendons, nous, réprouver l’esprit de chapelle, sous toutes ses formes. Et puis… chercher l’unité pour ellemême, cela ne sert à rien. Seule la vérité nous unit !
— Est-ce que vous n’êtes pas en train de changer de discours et, comme ils disent tous, de vous « rallier » ?
— Lorsque j’ai créé le Centre Saint-Paul, mon souci a été essentiellement de continuer le combat de la Fraternité Saint-Pie X, dont je crois que c’est le plus beau combat sous le ciel, le combat pour que soient restitués aux fidèles catholiques les formes spirituelles de la tradition catholique.
— Combat abandonné par la société que vous veniez de quitter ?
— Non ! je ne cherche pas à juger la Fraternité Saint-Pie X en elle-même. Il m’est arrivé de juger le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X ; je crois qu’il était difficile de ne pas le faire étant donné les circonstances. Mais je ne jugerai jamais, je ne critiquerai jamais la Fraternité Saint-Pie X, parce qu’il me semble que, dans la liberté qui lui a été providentiellement donnée par les sacres de 1988, elle a essayé de rendre le beau témoignage à la vérité que l’on devait attendre de fidèles chrétiens.
— Quelle est l’activité fondamentale du Centre Saint-Paul ?
— L’activité la plus visible du Centre Saint-Paul est liturgique, parce que la liturgie porte en elle tout le génie du christianisme, et chaque messe basse manifeste, de manière géniale et divine, l’ordre dans lequel Dieu veut que nous vivions. Mais, au-delà de cette activité liturgique, nous proposons des cours et des conférences, que l’on ne trouve pas ailleurs, dans un esprit d’amitié catholique, que l’on trouve trop peu ailleurs. Voilà, je crois, l’idéal du Centre Saint-Paul : proposer aux catholiques leur culture, dont ils ont été séparés par le laïcisme de l’Etat d’une part, par la révolution culturelle conciliaire d’autre part, proposer donc aux catholiques leur culture, et la leur proposer dans une atmosphère qui est celle de l’amitié catholique, et d’une amitié qui est inconditionnelle parce qu’elle essaie d’être une image de la charité.
— Vous venez de publier L’évidence chrétienne. Qu’entendez-vous par là ?
— Ce titre s’est imposé à moi, parce qu’il m’a semblé que, au fond, aujourd’hui, si décrédibilisée que puisse paraître l’Eglise, la morale chrétienne reste la seule morale universelle actuellement disponible. La morale laïque a fait naufrage depuis Mai 68, et les hussards noirs de la République sont un souvenir nostalgique peut-être pour certains mais rien de plus. La morale musulmane comme la morale juive sont des morales communautaires. Il me semble que seul le christianisme propose, au-delà de la loi, une morale – universelle, parce qu’elle est divine, humaine, parce qu’elle a pour auteur le Créateur de la nature humaine.
— Votre espérance pour demain ?
— Le propre de l’espérance, en tant que c’est une vertu théologale, c’est qu’elle n’a pas d’objet connaissable. Une vertu morale a un objet qui est connaissable par l’homme, mais une vertu théologale a un objet qui est forcément divin. Nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure. C’est Dieu, dans sa providence, qui dirige tout. Mais notre espérance ne peut pas nous être enlevée, parce qu’elle est la manifestation concrète de notre foi lorsque cette foi affronte le temps qui passe.

mardi 24 mai 2005

Mascaret/La Palombière: "A propos du Centre Saint Paul"

Repris du site du Mascaret, Bulletin Catholique Girondin

- M. l'abbé, sans vouloir vous offenser, quelle drôle d'idée avez-vous eu de créer un Centre Culturel Chrétien dans la capitale !

Je ne sais pas si, vu de Bordeaux, il s'agit d'une drôle d'idée, mais en tout cas, depuis l'ouverture, le moins que l'on puisse dire c'est que les Parisiens sont au rendez-vous. Malgré les vacances, nous avons eu le 1er mai, fête de Saint Joseph, une inauguration en fanfare, avec la communion donnée dans la rue par M. l'abbé Barthe, tellement les fidèles se pressaient à l'intérieur. Et l'on peut dire que le succès ne se dément pas, que ce soit à la messe ou aux conférences, avec sans cesse de nouvelles têtes aux diverses activités proposées...

- Pourquoi insister ainsi sur les « nouvelles têtes » comme vous dites ?


Parce que le but du Centre Saint Paul n'est pas de constituer une paroisse bis ter ou quater mais d'être un foyer ardent de vie chrétienne, un lieu où l'on vient se ressourcer, bref un Centre de passage. Nous avons bien sûr une petite communauté extrêmement soudée et chaleureuse, mais il ne s'agit pas de la laisser se refermer sur elle-même. Nous voulons accueillir quiconque se présente, qu'il vienne pour la première fois ou qu'il soit un visiteur occasionnel. La question qui se pose, c'est : comment évangéliser aujourd'hui ? Comment « passer sur l'autre rive » selon le mot de saint Paul dans les Actes des apôtres  ? Et la première chose que nous devons garder à l'esprit, c'est que l'apôtre n'évangélise pas pour lui-même : autre est celui qui sème autre le moissonneur dans le champ du Seigneur. Il me semble qu'un bon moyen de semer, c'est de diffuser la culture chrétienne, aujourd'hui largement mise sous le boisseau non seulement à cause des choix arbitraires opérés par l'enseignement laïque dans notre culture nationale, mais parce que ceux qui devraient être les champions de cette culture chrétienne sans complexes, ne la connaissent pas, n'en ont pas saisi la richesse ni le pouvoir d'attraction. Etre chrétien aujourd'hui, non seulement c'est nécessaire, d'une nécessité de salut, mais, c'est beau et noble ! Encore faut-il se donner la peine d'enraciner sa foi dans une culture, pour ne pas apparaître comme sans cesse sur la défensive ou dans une bulle de protection.

- M. l'abbé, je remarque que vous utilisez le mot “chrétien”. Est-ce pour ne pas employer le terme sans ambiguïté de “catholique” ?


Pas du tout ! Mais je reconnais que l'on m'a déjà posé la question lorsque j'ai parlé de Centre culturel chrétien. Au XVIIème siècle, Bossuet ne se gênait pas pour s'adresser à ses paroissiens en les appelant « chers chrétiens ». Se dire chrétien, christianus, c'est porter le nom du Christ. Il n'y en a pas de plus beau ! Puissions-nous être un peu ce que nous disons que nous sommes, puissions nous vivre en chrétiens et témoigner de ce nom, car « il n'y en a pas d'autre, au ciel et sur la terre, par lequel nous puissions être sauvés » ! 

- Pouvez-vous nous dire quels sont vos projets d'avenir ?
Il est un peu tôt pour dévoiler les batteries du Centre Saint Paul, les cours, les sessions, les groupes d'étude, l'observatoire chrétien de l'actualité etc Nous verrons cela à la rentrée. Je pense organiser dès le mois de juin une grande brocante de “livres autour d'un verre”, qui s'intitulera Livres en tête. Pour l'instant, nous avons un cycle de conférences spirituelles chaque dimanche après midi à l'occasion du mois de Marie. Si Dieu veut, au mois de juin, nous parlerons du Sacré Coeur. Outre ces Conférences spirituelles, nous proposons chaque mardi une Conférence sur des sujets plus ou moins brûlants, en toute liberté. Sur « Les défis de Benoît XVI », notre dernière conférence, M. l'abbé Aulagnier avait fait le plein, en communiquant à l'assistance un de ses enthousiasmes chaleureux dont il a le secret. Je voudrais souligner qu'avec toute sa fougue et sa jeunesse de coeur, l'abbé Aulagnier a accepté de devenir le chapelain de notre chapelle Saint Joseph, où il célèbre chaque dimanche deux messes, dont la grand messe. Son appui paternel et son amitié sacerdotale sont irremplaçables pour nous tous ! Personnellement, j'ai du mal aujourd'hui à séparer M. l'abbé Aulagnier de ce que vous appelez mes projets d'avenir...

Propos recueillis par Josiane Sauvêtre