vendredi 28 novembre 2008

Une nouvelle revue, pourquoi

Voici Respublica christiana, revue théologique d’un genre nouveau, à laquelle aucun domaine de la culture humaine ne doit rester étranger.
Nous avions pris un engagement voici deux ans avec six cents abonnés. Nous faisons aujourd’hui ce que nous avons dit que nous ferions. Nous le faisons après mûre réflexion, avec tous ceux qui veulent nous rejoindre et participer, soit par leur collaboration, soit par leur abonnement, à cette aventure.
Nous croyons tous à la nécessité d’une nouvelle évangélisation de la culture. Aujourd’hui où l’homme religieux est en crise, une foi qui n’est pas portée par une culture s’étiole et meurt. Notre premier objectif est donc de montrer que le Christ n’est pas aussi absent de notre culture qu’il en a l’air.
Nous ne perdons pas de temps dans les sujets consensuels, nous ne dispersons pas vos neurones dans les sujets techniques, nous refusons les sujets tabous et nous aimons les sujets brûlants, persuadés que nous pouvons avoir une parole libre et sereine sur tout ce qui importe à notre vie chrétienne aujourd’hui.
Nous nous mettons sous le patronage intellectuel du pape Benoît XVI, lorsque, dans l’encyclique Spe salvi (§22), il en appelle à la fois à « une autocritique de la modernité » et à « une autocritique du christianisme moderne, qui doit toujours de nouveau apprendre à se comprendre lui-même à partir de ses propres racines ».
Nous avons appris depuis longtemps quant à nous que la vraie tradition est critique !
Abbé Guillaume de Tanoüarn

Pour s’abonner
Abonnement normal : 50 euros
Abonnement couplé (Respublica christiana + Objections) : 70 euros
Abonnement de soutien : 150 euros
Abonnement pour les clercs et les étudiants : 30 euros

Abonnement promotionnel jusqu’au 31 décembre 2008 : 40 euros
Prix au numéro : 15 euros. L’abonnement ouvre droit à quatre numéros
Abonnement à l’ordre de Respublica christiana, BP 2605, 75 026 Paris cedex 01

On peut s'abonner directement en ligne, via PayPal ou par carte bancaire.

mercredi 19 novembre 2008

Une lettre intéressante sur l'oecuménisme entre catholiques

Je reçois dans ma boîte cette intéressante analyse, qui ajoute un élément sur lequel je n'ai pas insisté dans mon message précédent, le fait que les quatre conditions reçues formaient dans la Loi juive une sorte de code de bonne conduite à destination des étrangers résidents sur le territoire.
Quant à saint Paul, je n'ai jamais dit qu'il n'a pas tenu compte de l'assemblée de Jérusalem : on lui remet en mains propres les décisions ultimes, qui commencent par le très solennel : "Il a plu au Saint Esprit et à nous". Simplement pour son propre usage apostolique, il s'en est tenu à l'entrevue séparée, prescrivant... une liberté quasi totale et la quête pour les pauvres de Jérusalem.
Voici cette lettre :
Un petit peu non-conformiste, votre commentaire! Vous vous êtes fait plaisir, c'est brillant comme d'habitude, mais incomplet et - à mon humble avis - mal centré.
Vous avez bien fait d'insister sur le caractère "pastoral" et donc transitoire de ce "synode de Jérusalem" auquel strictement le nom de 'concile" doit être refusé. Mais vous faites comme si St Paul s'était limité à un lobbying séparément auprès des trois "colonnes de l'Église" et s'en était reparti sans attendre ni appliquer la décision collégiale mise en musique par St Jacques.
En effet, l'interprétation la plus complète du "Concile de Jérusalem", c'est que ses interdits étaient nécessaires pour permettre la coexistence dans une communauté mixte, dans un universalisme radical, égaux et différents; Ces règles limitées à 4, (viandes-sacrifiées-aux-idoles + sang & viandes-étouffées + inconduite) sont extraites deux par deux des 6 interdictions des 7 mitsvot bené Noah, vus comme une loi universelle s'appliquant à "tout étranger résidant parmi vous" Lv 17;8, etc. Tous ceux qui avaient un tant soit peu fréquenté des juifs dans une ville de l'Empire étaient au courant de cette jurisprudence juive vis-à-vis des incirconcis. D'où accueil avec une grande joie par les fidèles d'Antioche. C'est la mise en oeuvre concrète d'une attitude de respect (Ac 15,10 : saint Pierre disant qu’il ne faut pas faire porter aux autres des fardeaux que « ni nos pères ni nous n’ont pu porter ») à l’égard des goyim car leur grâce vient du Mashiah d'Israël. (source Bossuyt & Radermakers p. 447- 449)
Actes 15.29 (les fameuses quatre conditions), c'est une superbe jurisprudence pour faire dès à présent coexister les 'tradis', un peu formalistes quelques fois, et les 'ordis" toujours désireux de baptiser 'ceux qui sont loin' et de vivre 'dans la liberté des enfants de Dieu', mais menacés d'affadissement mortel. Pas de compromission avec les idoles modernes, pas d'inconduite = pas de sexualité livrée à elle-même.
Mais l'épitre aux Galates, il faut démontrer que ce n'est pas la référence anti-dévotions et anti-observances pieuses qu'en ont faite les progressistes au profit du laxisme en doctrine et en morale!
- C'est au contraire la mise en garde contre 'un ange = un évêque venu du ciel' annonçant un évangile différent (...) et qui cherche à plaire aux hommes! (...)
- "Que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair (...) qui sème dans sa chair (dans 'l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu') récoltera de la chair la corruption!"
Respectueusement vôtre

JPM


Merci à JPM de cette intéressante contribution !

lundi 17 novembre 2008

Ah les Galates, quelle embrouille !

C'est l'épître la plus personnelle et la plus polémique de saint Paul, celle dans laquelle, face aux habitants d'Antioche de Pisidie qu'il a enfantés à la foi et qui se laissent trop facilement séduire par d'autres interprétations de l'évangile du Christ, il apparaît comme... ce qu'il est. Saint Paul au naturel. Saint Paul à fleur de peau, avec moins d'éloquence que dans la IIème aux Corinthiens (où il grave dans le marbre son apologie), mais une telle proximité, et peut-être quelques excès de plume, inspirés par l'Esprit saint.

Le chapitre 2 nous narre ses problèmes avec sa hiérarchie (ceux qu'il appelle les colonnes de l'Eglise, Céphas d'abord, celui auquel le Christ a dit "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise", Jacques et aussi Jean (que l'on découvre ici pour la circonstance...)

Il faut absolument lire le chapitre 2 des Galates en parallèle avec le chapitre 15 des Actes des apôtres : le concile de Jérusalem. Les deux textes parlent de la même chose. Ils n'ont rien de commun.

D'un côté, quand on parle aux Galates, on nous évoque une simple entrevue. C'est que Paul, prudent, avait demandé à "rencontrer les notables séparément" (Gal. 2, 2). Pas question pour lui, "fût-ce par déférence" (trad. BJ), de renoncer à quoi que ce soit de son Evangile, celui que le Christ de Damas lui avait fait entendre. L'Eglise reçoit son dogme d'en haut, il lui est impossible d'y renoncer (Gal. 1, 8 : Si moi même ou si un ange du ciel... qu'il soit anathème). Il ne souhaita donc pas soumettre sa vérité à l'assemblée chrétienne et se contenta d'en parler à ceux qu'il appelle plusieurs fois avec une moue un tantinet provocante, "les notables".

Certes "Dieu ne fait pas acception de personne" martèle-t-il en citant le Deutéronome. "Notable" ou pas "notable", en soi peu importe ! Mais quand ces notables sont aussi... "les colonnes de l'Eglise", on ne peut pas... ne pas y avoir égard ! Ce serait "courir et avoir couru en vain" (Gal 2, 2) que de faire l'impasse sur leur approbation. Paul, inquiet des réactions du groupe de Jérusalem, la leur demande "séparément", cette approbation, en privé, en... lousdé ! Et c'est de cet entretien restreint dont il se prévaut auprès de ses Galates infidèles.

Mais en lisant les Actes des apôtres, écrites par Luc, dernier compagnon de Paul, à qui l'auteur des Actes aura certainement fait relire ses notes (cf. II Tim. : "Luc reste seul avec moi"), on a un tout autre son de cloche sur les événements.

D'abord on nous parle des pharisiens (chrétiens) qui sont inquiets et se plaignent. Ce sont les "faux frères" qu'évoquait Paul auprès des Galates. Faux frères ? Parce qu'ils refusent que Dieu soit le Père de tous sans discrimination (cf. post précédent).

Mais ensuite on évoque la puissance redoutable de Jacques, qui, en pratique va dicter ses conditions, en faisant approuver son discours : oui à des chrétiens venus du paganisme, mais il faut quatre conditions préalables : 1- qu'ils s'abstiennent de la porneia (traduisez ce terme comme vous voulez...), 2- des viandes offertes aux idoles, 3- du sang et 4- des viandes étouffées.

Pour Jacques, c'est sûr : il est interdit de manger un steak. Vive la viande bouillie ! Si nous étions restés "jacquistes" la chrétienté auraient sans doute fini par manger chinois, un peu de viande en fines lamelles et beaucoup de sauces au dix mille parfums. Jamais de sang.

Heureusement les décisions de ce premier concile pastoral ont fait long feu.

Je ne connais pas l'histoire de la cuisine romaine (un liseur pourra-t-il m'éclairer ?). Mais gageons qu'au bout de deux ou trois générations, les chrétiens se seront remis à manger des steaks comme tout le monde, ou du rôti de boeuf, avec sa sauce, le sang de la viande ! Quant à la viande offerte aux idoles (une des conditions préalables de Jacques, entérinée par le premier concile sous la formule majestueuse : "Il a plu au Saint Esprit et à nous que vous vous en absteniez"), saint Paul lui-même au chapitre 6 de la Ière aux Corinthiens nous fournit un bel exemple d'herméneutique post conciliaire, lorsqu'il explique à ses paroissiens que sur ce sujet "tout est permis" même si "tout n'est pas avantageux". J'allais dire : en écrivant cette subtile interprétation du concile de Jérusalem, il avait compris Benoît XVI avec 2000 ans d'avance.

A destination d'Antioche, Paul fut porteur de la lettre contenant les décisions du Concile, nous explique Luc à la fin du chapitre 15. Mais personnellement, il a refusé de rentrer dans le jeu complexe et inutile des interdits alimentaires. Magistère infaillible ordinaire ou extraordinaire qu'importe ! Pour lui, manifestement, il n'y avait pas matière !

Il s'en est toujours tenu à son entretien privé avec les colonnes de l'Eglise, entretien au terme duquel on ne lui prescrivait qu'une chose : trouver de l'argent pour les pauvres de terre sainte ; une année sabbatique (jachère obligatoire tous les sept ans) les avait réduit à la misère. L'une des grandes activités de Paul, qui ainsi achète la paix de l'Eglise et trace son avenir, sera de faire la quête pour Jérusalem. Lydie la marchande de pourpre de Philippes et beaucoup d'autres allaient cracher au bassinet et subvenir aux besoins des fidèles de Jérusalem les plus pauvres.

C'est pourtant à Jérusalem que saint Paul sera dénoncé et arrêté... Lui en a-t-on voulu de son herméneutique conciliaire sonnante et trébuchante ? Sans doute. Allez savoir après 2000 ans...

samedi 15 novembre 2008

Retour de Rome...

... où j'ai passé quelques jours dans notre communauté, je ne dirais pas forcément comme Joachim du Bellay : "Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux, que des palais romains les fronts audacieux". La Ville éternelle a des charmes merveilleux. Malgré le temps froid et la pluie parfois diluvienne, en particulier jeudi, Rome reste Rome, une ambiance, une atmosphère.
Et pourtant, parti pour enseigner, je ne suis pas sorti de chez nous. Une jolie maison à 20 minutes de tramway d'Argentina et du Centre ville. Elle appartient à des religieuses. Nous y sommes installé depuis 10 jours. C'est tout neuf et déjà tellement bien en place, ce "convict" (voir post précédent : l'entretien dans Monde et Vie avec René Sébastien Fournié). Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum. Nous avons récité ensemble à Vêpres ce verset de psaume : qu'il est bon et qu'il est agréable pour des frères d'habiter dans un même lieu. Et je me disais : c'est rare, mais c'est profondément vrai. Dieu sait si j'ai connu dans le passé des communautés où, pour une raison ou une autre, la fraternité n'était pas de saison. A la Maison du Bon Pasteur à Rome, elle l'est.
Saint Paul a ces deux mots : fraternitatem diligite. Aimez la fraternité. Nous autres trop souvent nous ne l'aimons pas parce que la République a fait de la fraternité une sorte de réplique laïque de la charité. Mais ce mot nous appartient, à nous chrétiens, avec tout ce qu'il signifie, puisque nous appelons Dieu : "Notre Père". C'est le fait de prononcer cette prière que le Sauveur nous a apprise avec foi qui nous rend frères, fiers et heureux de l'être.
Et ce dernier point m'amène à remercier (à nouveau) Antoine pour la qualité de sa remarque à propos de mon dernier post sur le Nom de Dieu. J'avoue que j'ai toujours été particulièrement sensible à la Somme théologique Ia Q13 a11, où Thomas explique que le tétragramme est le nom sacré de Dieu. Cajétan commente : son nom propre. JE SUIS. JE : Dieu est une personne. Le monde ne se comprend que dans cette lumière d'une Personne infiniment intelligente et aimante au Principe de tout. Dieu se révèle à Moïse comme un JE. Et Cajétan ajoute, paraphrasant saint Paul aux Ephésiens : "De lui, toute personne au Ciel et sur la terre tire son nom".
JE est avant SUIS. Dans l'univers, c'est la personne qui est la mesure de l'être et non l'être une mesure impersonnelle de la personne. La personne est l'unité de référence. Tout se comprend par rapport à elle. C'est pourquoi, contrairement au Etats terrestres, qui sont fondés sur l'ethnie ou au moins sur une unité de lieu, l'Eglise, Royaume du Seigneur des seigneurs, est une société de personnes.
C'est en elle, c'est dans ce monde personnalisé sans étroitesse, que la création prend un tour nouveau : "le vieux monde a disparu, voici que je fais toutes choses nouvelles". Dans le Christ qui est ce Dieu qui dit JE, le monde n'a plus seulement un corps lumineux et parfois flamboyant de beauté mais un coeur caché, depuis la fondation du monde et qui apparaît dans notre fraternité si elle nous fait appeler Dieu : Notre Père.

vendredi 14 novembre 2008

M. l'abbé de Saint-Rémy est gravement souffrant.

L'abbé Laguérie nous informe sur le Forum Catholique que:
"M. l'abbé de Saint-Rémy est gravement souffrant. Surdité brusque, vertiges, fortes fièvres. Nous attendons le verdict des médecins. Il a reçu tous les sacrements (y compris les saintes huiles). J'invite tous les amis de l'Institut et tous les membres de la Communion des Saints à s'unir à nos prières et à nos messes pour que ce valeureux et sympathique confrère (ordonné le 22 septembre 2007 à saint Eloi par le Cal Castrillon-Hoyos) soit rendu bien vite "ad pristina officia". Merci de votre charité.
Ab. Ph. Laguérie."

Génération Benoît XVI, espérance de demain - abbé Régis Spinoza

"Génération Benoît XVI, espérance de demain": tel est le nom du récent libre de l'abbé Régis Spinoza, en vente en librairie ou sur internet à partir du 10 novembre.

Editions D.F.R.
En vente sur internet et en librairie
Préfacé par le Père Guy Gilbert
Couverture dessinée par Brunor
Ouvrage destiné aux adolescents à partir de 14 ans (garçons et filles) et
aux parents.
« Les agitations du monde ne sont que des vagues qui viennent mourir sur les rivages, mais toi, tu dois rencontrer Dieu au fond de ton âme, dans ta vie de chaque jour, afin de pouvoir marcher comme saint Pierre sur les eaux en tenant la main du Seigneur. Avance, va de l'avant, ne te retourne pas, pardonne, demande, nourris ton âme non pas des fausses sagesses humaines mais de la Sagesse divine. Fais tout par amour, rien que par amour de Dieu et des âmes. Les tempêtes du monde pourront ainsi s'abattre sur toi mais ta foi t'aura sauvé et Dieu aura fait de toi un nouvel homme ou une nouvelle femme, une image du Christ, un saint pour demain »... Abbé Régis Spinoza, I.B.P.
L'auteur


L'abbé Spinoza sera sur Radio Courtoisie le 20 novembre à 18h00 - il sera à Villepreux avec Renaissance Catholique le 07 décembre 2008.

L'abbé Régis Spinoza est prêtre de l'Institut du Bon Pasteur ; il a été ordonné le 22 septembre 2007. Il est aussi diplômé d'état en histoire et géographie à l'université de Bordeaux, et en philosophie aux universités de Toulouse et en Sorbonne. L'abbé a été professeur de collège et lycée d'écoles sous contrat et hors contrat, éducateur auprès d'adolescents dans le Pas-de-Calais, chef scout et aumônier de clan et professeur de philosophie au Séminaire de l'Institut du Bon Pasteur. Il est désormais Directeur pédagogique du Primaire et Collège de l'école Saint-Projet à Bordeaux et aumônier de guides aînées à Bordeaux. (Source: labarquedesapotres.fr)
Essai de présentation - par Caroline Rivière, Professeur de lettres

La visite du Saint Père en France est pour tous un souvenir inoubliable. D’une part parce que le chef de l’Eglise a réussi l’exploit de mettre en prière plusieurs centaines de milliers de personnes, d’autre part parce que cette étonnante figure du conservatisme — aux yeux des médias — a dédié son voyage à la jeune génération et a témoigné de son souci de la formation des intelligences.

Génération Benoît XVI, espérance de demain s’inscrit dans la volonté du Saint Père. C’est une bonne lecture, qui rafraîchira la mémoire des parents, et ouvrira l’intelligence des jeunes en les amenant à réfléchir correctement sur des sujets accaparés par le relativisme intellectuel de notre temps : la vérité, la liberté et l’amour.

Sur le ton de la conversation, avec des mots simples, ce livre suit deux grandes lignes : le trésor des générations précédentes au service de l’avenir, par le grand moyen de la prière.

De quoi s’agit-il ? Jean est un adolescent de 14 ans. Il est catholique de tradition familiale, convaincu, mais maladroit par manque de formation. Il va voir en rêve successivement Saint Augustin, Saint Grégoire le Grand, Saint François de Sales, et enfin Saint Thomas D’Aquin.

Avec Saint Augustin, Jean va découvrir le sens de la vie, l’amour, qui passe par l’exigence de la vérité. Il apprend que cette vérité porte un nom et un seul : Dieu. Saint Grégoire le Grand, lui fait comprendre que si la vérité est unique, elle est aussi la seule à donner la vraie liberté. Avec ces deux Pères de l’Eglise, il fait pas à pas la différence entre la liberté mondaine du « je fais ce que je veux », et la liberté des enfants de Dieu, qui aiment, et font ce qu’ils veulent… Saint François de Sales lui montre ensuite le chemin de cet amour, action de grâces du fils de Dieu pour son Créateur. Amour patient, qui fait fi des exigences de la pensée moderne et de la société de consommation. Avec une patience infinie et un grand respect de la spontanéité juvénile, Saint François montre à Jean l’équilibre de l’enseignement de l’Eglise, et aborde différents domaines, tels la confession, ou simplement les relations entre garçons et filles. Enfin, Saint Thomas d’Aquin vient, sans jeu de mots, faire la somme de ses trois frères du Ciel, et expose à Jean les quatre vertus de justice, de prudence, de tempérance et de force, qui l’aideront à mettre en œuvres les conseils reçus qui se résument par ces mots : devenir libre d’aimer en vérité.

Que l’on ne s’y trompe pas : ni ouvrage de philosophie, ni catéchisme, ce livre est un dialogue, qui sera une porte ouverte à la réflexion personnelle, et familiale, indispensable à la formation de l’esprit critique des jeunes.

L’auteur donne donc une juste définition de termes devenus de nos jours plus médiatiques que philosophiques : la vérité, la liberté, et l’amour de Dieu et du prochain, et ce faisant, il pose les jalons d’une vie chrétienne simple, mais renouvelée.

C’est, pour conclure, un livre inachevé, la fin étant la part de cette Génération Benoît XVI, qui a besoin des conseils — et non des sarcasmes !— des générations précédentes, pour construire sur le roc, et croire en la charité.