"Le copier/coller ne marche pas", "je ne peux pas mettre de commentaires", "ça foire", etc etc. Heureusement vous n'êtes pas les seuls. Il semblerait que la nouvelle version du navigateur Firefox ne soit pas bien adaptée à blogspot (qui nous héberge). Firefox ayant une part de marché déjà importante, et blogspot dépendant de Google, j'imagine que cela fait pas mal de monde à être gêné, d'une part, et que blogspot et/ou firefox se donneront les moyens de régler le problème, d'autre part.
jeudi 30 juillet 2009
mardi 28 juillet 2009
Bouillant !
Grâce à l'efficacité de notre webmestre, vous avez pu lire l'essentiel de la bataille livrée sur le FC, à propos de l'entretien donné par Mgr Tissier dans La Vie. Etait-ce trop ?
Je crois que cette discussion est partie sur un quiproquo. Je cherchais à convaincre. Mes contradicteurs voulaient surtout occuper le terrain, comme l'a d'ailleurs reconnu l'un d'entre eux dans un mail qu'il m'a fait parvenir. J'ai été naïf.
Naïf d'avoir cru que l'on pouvait critiquer telle position d'un dignitaire de la FSSPX par amour pour la FSSPX et ce que je considère comme sa mission historique de "vaisseau amiral" de la Tradition catholique.
Naïf d'avoir cru que l'on pouvait faire évoluer des chiens de garde par la discussion. J'ai employé cette expression non pour traiter quiconque de chien, comme on me l'a reproché, mais parce que depuis Paul Nizan qui publia un livre sous ce titre en 1932, jusqu'à Isabelle Alonso, qui nous a permis d'employer ce terme au féminin, cette expression est brevetée et désigne les membres de tous les comités de vigilance qui soient au monde.
Lorsque j'ai réalisé que comité de vigilance il y avait, j'ai pensé qu'il valait mieux... le dire tout simplement. Mais si j'y reviens ici, ce n'est pas sous le coup de je ne sais quelle forme de déception, c'est éventuellement pour en tirer une leçon.
La foi n'a rien à voir avec l'idéologie. Mes contradicteurs sur le FC sont au départ des catholiques profonds, des gens de foi comme on n'en fait plus. Et pourtant il manque chez eux une distance et une force. Je vais préciser tout de suite. Peut-être est-ce simplement parce que sur la Toile, ils jouent un rôle, ils "sont" leur pseudo plutôt que d'être eux mêmes. Aussi bien, lorsque je dis : il manque quelque chose, ce sont les pseudos, Ennemond, Scribe, Gentiloup, Pellicanus, Noël, Halleluia and so on, que je vise et non, jamais, les personnes qui se cachent derrière ces noms de Toile.
Que manque-t-il aux masques de carton pâte que sont les pseudos forumiques ? La distance que donne la foi. La foi n'est jamais l'adhésion au discours de Mgr Untel ou au sermon du Père Machin. Les sermons et les discours font signe vers la foi, mais la foi ne se trouve pas DANS un laïus quel qu'il soit. L'énoncé de la foi, si précis soit-il n'est pas la foi. Du reste la foi ne naît pas des énoncés de la foi, elle les produit ; elle ne naît pas de la récitation du Credo ou de telle leçon de catéchisme, elle les produit. Certes elle s'entretient par le Credo et par le Catéchisme, mais sa naissance
est ailleurs, en une intersection mystérieuse qui existe entre le coeur du fidèle et le Coeur de Dieu.
J'avais gardé en tête depuis une semaine cette formule de l'un des posteurs de ce Blog, revenant sur la bataille du FC : "Quel malaise face à toutes ces certitudes affichées... On ne peut s'empêcher de méditer et d'évoquer la réponse de Jehanne d'Arc qui place ses convictions ailleurs, elle : "Si je ne suis en état de grâce, que Dieu m'y mette, et si j'y suis, qu'Il m'y garde"... "
Jeanne d'Arc "place ses convictions ailleurs". Si batailleuse soit-elle la Bergère, elle jouit manifestement d'une paix intérieure qui vient d'ailleurs. La foi c'est toujours cette ouverture sur un ailleurs qui permet d'assumer tranquillement l'ici bas.
Au fond c'est cette ouverture de la foi sur l'ailleurs, cette distance de la foi quand elle juge, ce prodige de la foi, qui, comme me glisse ma petite soeur (plus si petite aujourd'hui) tout à l'heure fait de nous "des funambules", tutoyant en permanence deux abimes contraires. Effectivement je crois que ce ni trop ni trop peu fait partie de la logique de la foi, qui intègre dans son élan des dimensions apparemment contradictoire, comme le funambule, sur son fil, combine sans cesse l'élan et l'équilibre.
Ces réflexions sur la foi, je les fais en pensant aussi aux très beaux message de Philippe et d'Eric, auxquels je ne peux répondre sans rougir, comme dit l'un d'eux. La puissance de la foi, c'est qu'elle a des racines plus profondes que tous les énoncés.
Les modernistes historiques au tournant du XXème siècle avaient compris cela. Mais ils avaient cru que l'on pouvait se dispenser des énoncés de la tradition ou qu'il était loisible de les relativiser au nom d'un "christianisme progressif". Les pauvres ! Perdant les énoncés, ils perdaient le code génétique de leur croissance intérieure. Si l'on ne croit pas à la divinité du Christ, comment peut on croire que l'on est fait, nous mêmes pour devenir Dieu, "participants de la nature divine" (II Pierre 1, 4) ?
Il y a dans la foi tout ce que nous sommes, notre passé et notre avenir. Notre passé ? C'est cette intersection mystérieuse entre le Coeur de Dieu et le nôtre que l'on peut appeler prédestination (si l'on se souvient qu'il n'existe pas de prédestination au mal) ou vocation (si l'on accepte de considérer que ce vocable n'est pas réservé aux curés et aux bonnes soeurs, mais que comme le disait Paul VI, cité par B. XVI, "toute vie est vocation".
Notre avenir ? C'est le dogme de la divinité du Christ, c'est le dogme de la Trinité, qui nous aide à comprendre l'amour de Dieu, c'est le dogme de l'eucharistie (nous croyons manger Dieu mais c'est Dieu qui nous mange). Dans tout dogme il y a une dimension eschatologique, tout dogme nous renseigne sur Dieu c'est-à-dire sur notre fin ultime.
La foi naît bien avant les dogmes, dans un attrait sans nom, dans une préférence secrète... Mais les dogmes nous offrent la projection in divinis de ce en quoi consiste notre destin de croyants.
J'espère que j'ai su développer simplement cette intuition qui me porte. N'hésitez pas à me dire dans quelle mesure ce n'est pas le cas.
Je crois que cette discussion est partie sur un quiproquo. Je cherchais à convaincre. Mes contradicteurs voulaient surtout occuper le terrain, comme l'a d'ailleurs reconnu l'un d'entre eux dans un mail qu'il m'a fait parvenir. J'ai été naïf.
Naïf d'avoir cru que l'on pouvait critiquer telle position d'un dignitaire de la FSSPX par amour pour la FSSPX et ce que je considère comme sa mission historique de "vaisseau amiral" de la Tradition catholique.
Naïf d'avoir cru que l'on pouvait faire évoluer des chiens de garde par la discussion. J'ai employé cette expression non pour traiter quiconque de chien, comme on me l'a reproché, mais parce que depuis Paul Nizan qui publia un livre sous ce titre en 1932, jusqu'à Isabelle Alonso, qui nous a permis d'employer ce terme au féminin, cette expression est brevetée et désigne les membres de tous les comités de vigilance qui soient au monde.
Lorsque j'ai réalisé que comité de vigilance il y avait, j'ai pensé qu'il valait mieux... le dire tout simplement. Mais si j'y reviens ici, ce n'est pas sous le coup de je ne sais quelle forme de déception, c'est éventuellement pour en tirer une leçon.
La foi n'a rien à voir avec l'idéologie. Mes contradicteurs sur le FC sont au départ des catholiques profonds, des gens de foi comme on n'en fait plus. Et pourtant il manque chez eux une distance et une force. Je vais préciser tout de suite. Peut-être est-ce simplement parce que sur la Toile, ils jouent un rôle, ils "sont" leur pseudo plutôt que d'être eux mêmes. Aussi bien, lorsque je dis : il manque quelque chose, ce sont les pseudos, Ennemond, Scribe, Gentiloup, Pellicanus, Noël, Halleluia and so on, que je vise et non, jamais, les personnes qui se cachent derrière ces noms de Toile.
Que manque-t-il aux masques de carton pâte que sont les pseudos forumiques ? La distance que donne la foi. La foi n'est jamais l'adhésion au discours de Mgr Untel ou au sermon du Père Machin. Les sermons et les discours font signe vers la foi, mais la foi ne se trouve pas DANS un laïus quel qu'il soit. L'énoncé de la foi, si précis soit-il n'est pas la foi. Du reste la foi ne naît pas des énoncés de la foi, elle les produit ; elle ne naît pas de la récitation du Credo ou de telle leçon de catéchisme, elle les produit. Certes elle s'entretient par le Credo et par le Catéchisme, mais sa naissance
est ailleurs, en une intersection mystérieuse qui existe entre le coeur du fidèle et le Coeur de Dieu.J'avais gardé en tête depuis une semaine cette formule de l'un des posteurs de ce Blog, revenant sur la bataille du FC : "Quel malaise face à toutes ces certitudes affichées... On ne peut s'empêcher de méditer et d'évoquer la réponse de Jehanne d'Arc qui place ses convictions ailleurs, elle : "Si je ne suis en état de grâce, que Dieu m'y mette, et si j'y suis, qu'Il m'y garde"... "
Jeanne d'Arc "place ses convictions ailleurs". Si batailleuse soit-elle la Bergère, elle jouit manifestement d'une paix intérieure qui vient d'ailleurs. La foi c'est toujours cette ouverture sur un ailleurs qui permet d'assumer tranquillement l'ici bas.
Au fond c'est cette ouverture de la foi sur l'ailleurs, cette distance de la foi quand elle juge, ce prodige de la foi, qui, comme me glisse ma petite soeur (plus si petite aujourd'hui) tout à l'heure fait de nous "des funambules", tutoyant en permanence deux abimes contraires. Effectivement je crois que ce ni trop ni trop peu fait partie de la logique de la foi, qui intègre dans son élan des dimensions apparemment contradictoire, comme le funambule, sur son fil, combine sans cesse l'élan et l'équilibre.
Ces réflexions sur la foi, je les fais en pensant aussi aux très beaux message de Philippe et d'Eric, auxquels je ne peux répondre sans rougir, comme dit l'un d'eux. La puissance de la foi, c'est qu'elle a des racines plus profondes que tous les énoncés.
Les modernistes historiques au tournant du XXème siècle avaient compris cela. Mais ils avaient cru que l'on pouvait se dispenser des énoncés de la tradition ou qu'il était loisible de les relativiser au nom d'un "christianisme progressif". Les pauvres ! Perdant les énoncés, ils perdaient le code génétique de leur croissance intérieure. Si l'on ne croit pas à la divinité du Christ, comment peut on croire que l'on est fait, nous mêmes pour devenir Dieu, "participants de la nature divine" (II Pierre 1, 4) ?
Il y a dans la foi tout ce que nous sommes, notre passé et notre avenir. Notre passé ? C'est cette intersection mystérieuse entre le Coeur de Dieu et le nôtre que l'on peut appeler prédestination (si l'on se souvient qu'il n'existe pas de prédestination au mal) ou vocation (si l'on accepte de considérer que ce vocable n'est pas réservé aux curés et aux bonnes soeurs, mais que comme le disait Paul VI, cité par B. XVI, "toute vie est vocation".
Notre avenir ? C'est le dogme de la divinité du Christ, c'est le dogme de la Trinité, qui nous aide à comprendre l'amour de Dieu, c'est le dogme de l'eucharistie (nous croyons manger Dieu mais c'est Dieu qui nous mange). Dans tout dogme il y a une dimension eschatologique, tout dogme nous renseigne sur Dieu c'est-à-dire sur notre fin ultime.
La foi naît bien avant les dogmes, dans un attrait sans nom, dans une préférence secrète... Mais les dogmes nous offrent la projection in divinis de ce en quoi consiste notre destin de croyants.
J'espère que j'ai su développer simplement cette intuition qui me porte. N'hésitez pas à me dire dans quelle mesure ce n'est pas le cas.
Autoroute A7: péages, aires de pique-nique, et théologie.
Ami lecteur, ami visiteur, c'est l'été, tu fais peut-être partie de ces millions de gens qui se rendent dans le sud, peut-être passeras-tu à côté de la centrale de Tricastin, c'est entre Montélimar et Orange dans un sens, entre Orange et Montélimar dans l'autre. Sur l'une des tours de refroidissement on a peint un enfant sur du sable. Une coquille à la main, il tente de compléter un triangle avec de l'eau. Cherche-t-on à te donner un avant gout de la plage? Que nenni, que nenni. La parole est au Saint Père:... la coquille, qui symbolise avant tout que nous sommes pèlerins, que nous sommes en chemin : « Nous n’avons pas de demeure permanente. » Mais cela me rappelle aussi la légende attribuée à saint Augustin. Celui-ci avait rencontré sur la plage un enfant qui tentait de mettre toute l’eau de la mer dans un trou dans le sable de la plage en utilisant une coquille. Augustin a dit à l’enfant qu’il s’agissait d’une vaine tentative, mais il a aussi fait un lien avec ses propres efforts pour penser le Dieu infini avec un esprit humain bien limité. Ce n’est que par l’humilité qu’on peut connaître Dieu...Penses-y.
samedi 25 juillet 2009
Non merci.
Un discussion passionnante a lieu sur le forum catholique. Une grande dispute avec ou plutôt contre l'abbé de Tanoüarn. So far, so good comme dirait le président Obama - jusque là, rien à redire. Mais voici que par le biais de quelques commentaires à des textes postés ici, quelques anonymes (à moins qu'ils ne soient un?) souhaitent acclimater sur le métablog cette dispute qui appartient au Forum Catholique. Merci messieurs, mais... non merci.
lundi 20 juillet 2009
Modestie et humilité
Discussion libre à table : "Un tel... il est modeste". Cela pour expliquer bien sûr qu'il ne fera rien de ce que l'on peut attendre de lui. La modestie est-elle une vertu ? Si elle empêche de faire ce que X peut faire... Si elle interdit l'engagement et l'efficacité. Micheline a beau me dire son admiration pour cette modestie... je n'arrive pas à me mettre au diapason...
Et soudain une idée : - La modestie et l'humilité, cela n'a rien à voir...
Il y a ainsi tant de vertus chrétiennes rendues méconnaissables, haïssables... Oui : haïssables, parce qu'on ne les comprend pas et qu'on les caricature en prétendant les représenter. Caricature ou confusion ? On a l'impression que chaque vertu chrétienne a son double : la charité ? C'est la tolérance. La foi ? C'est l'idéal... et l'idéalisme. L'espérance ? C'est l'indulgence du "Tout est bien", si caractéristique, comme le disait Philippe Muray, de la nouvelle morale.
Comment démêler ce sac de noeuds ? Il faut avant tout distinguer un comportement et ses motivations. C'est en tout cas, me semble-t-il, ce qui permet de distinguer l'humilité et la modestie. Deux vertus qui induisent les mêmes comportements pour des raisons différentes.
La modestie, comme son som l'indique, consiste en un culte de la petitesse : small is beautifull.
L'humilité provient de l'oubli de soi.
Mais l'oubli de soi peut avoir des conséquences imprévues. Apparemment effectivement l'oubli de soi peut engendrer la modestie. Mais dans telle circonstance particulière, l'oubli de soi peut aussi déchaîner un individu, qui, ne faisant plus attention à lui-même, parce qu'il s'oublie, donnera tout, toute sa force, toute sa présence et des risques et mille autre choses, parce qu'il aime ce pour quoi il s'engage plus qu'il ne s'aime lui-même.
Dans cette perspective l'oubli de soi peut déboucher, pour la personne qui en est sincèrement imbue, sur une manière d'attirer tous les regards et de capter l'action qui fait penser à l'orgueil, mais qui, en réalité provient de l'humilité.
On ne doit jamais juger d'une vertu sur un comportement, car un même comportement peut avoir des explications très différentes, voire opposées. En revanche une intention donnée peut avoir des manières de se réaliser absolument opposées l'une avec l'autre.
Je crois vraiment que la modestie, au-delà du comportement qu'elle induit, est très souvent une catastrophe, une manière de se mettre à couvert ou de justifier son inertie en cultivant la petitesse, par confort. L'humilité en revanche surprend toujours, car elle peut aussi bien se manifester dans une forme agréable de modestie que se réaliser au contraire dans une extraordinaire affirmation de soi.
Décidément ne nous pressons pas de juger... Les comportements ne renvoient pas forcément à ce que nous aimerions qu'ils renvoient. La modestie ne signifie pas toujours (et loin de là...) l'humilité. L'humilité ne se réalise pas forcément dans la modestie, mais parfois dans son opposé.
Et soudain une idée : - La modestie et l'humilité, cela n'a rien à voir...
Il y a ainsi tant de vertus chrétiennes rendues méconnaissables, haïssables... Oui : haïssables, parce qu'on ne les comprend pas et qu'on les caricature en prétendant les représenter. Caricature ou confusion ? On a l'impression que chaque vertu chrétienne a son double : la charité ? C'est la tolérance. La foi ? C'est l'idéal... et l'idéalisme. L'espérance ? C'est l'indulgence du "Tout est bien", si caractéristique, comme le disait Philippe Muray, de la nouvelle morale.
Comment démêler ce sac de noeuds ? Il faut avant tout distinguer un comportement et ses motivations. C'est en tout cas, me semble-t-il, ce qui permet de distinguer l'humilité et la modestie. Deux vertus qui induisent les mêmes comportements pour des raisons différentes.
La modestie, comme son som l'indique, consiste en un culte de la petitesse : small is beautifull.
L'humilité provient de l'oubli de soi.
Mais l'oubli de soi peut avoir des conséquences imprévues. Apparemment effectivement l'oubli de soi peut engendrer la modestie. Mais dans telle circonstance particulière, l'oubli de soi peut aussi déchaîner un individu, qui, ne faisant plus attention à lui-même, parce qu'il s'oublie, donnera tout, toute sa force, toute sa présence et des risques et mille autre choses, parce qu'il aime ce pour quoi il s'engage plus qu'il ne s'aime lui-même.
Dans cette perspective l'oubli de soi peut déboucher, pour la personne qui en est sincèrement imbue, sur une manière d'attirer tous les regards et de capter l'action qui fait penser à l'orgueil, mais qui, en réalité provient de l'humilité.
On ne doit jamais juger d'une vertu sur un comportement, car un même comportement peut avoir des explications très différentes, voire opposées. En revanche une intention donnée peut avoir des manières de se réaliser absolument opposées l'une avec l'autre.
Je crois vraiment que la modestie, au-delà du comportement qu'elle induit, est très souvent une catastrophe, une manière de se mettre à couvert ou de justifier son inertie en cultivant la petitesse, par confort. L'humilité en revanche surprend toujours, car elle peut aussi bien se manifester dans une forme agréable de modestie que se réaliser au contraire dans une extraordinaire affirmation de soi.
Décidément ne nous pressons pas de juger... Les comportements ne renvoient pas forcément à ce que nous aimerions qu'ils renvoient. La modestie ne signifie pas toujours (et loin de là...) l'humilité. L'humilité ne se réalise pas forcément dans la modestie, mais parfois dans son opposé.
jeudi 16 juillet 2009
Viscéral, Benoît XVI ?
La question m'est posée depuis le Salon beige, qui a publié des extraits de l'entretien que j'ai donné au journal Minute cette semaine sur la dernière encyclique. Je développais à nouveau l'idée que connaissent bien ceux qui fréquentent régulièrement ce Blog selon laquelle la thèse du gouvernement mondial pour résister aux désordres du Marché mondial qui se croit autonome manifeste en tout cas que Benoît XVI est viscéralement antilibéral.
L'un des lecteurs, auquel manifestement cet adverbe n'a pas plu, a posé un commentaire pour demander vertueusement si il pouvait y avoir quelque chose de viscéral chez ce pape merveilleusement rationnel qu'est Benoît XVI. Ai-je manqué de respect au Saint Père en évoquant, par le truchement d'un adverbe, ses viscères ? C'est en tout cas ce que semble indiquer mon contradicteur. Au risque de le scandaliser doublement, je répondrai ici que je crois bon et important non seulement que le pape ait des viscères mais qu'il s'en serve et qu'il porte un certain nombre de convictions "dans les tripes" comme on dit vulgairement.
Réfléchissons : qu'est-ce qu'une foi qui ne serait pas viscérale ? Une foi plaquée. Une foi rationnelle, dépendant de démonstrations toutes humaines qui peuvent d'ailleurs, comme tout système rationnel, évoluer au cours d'une vie. Il faudrait toujours dire : "Je crois que je crois" et l'on ne pourrait jamais s'écrier simplement : "je crois". Que serait cette foi sinon un embryon, humain, trop humain.
La foi est forcément viscérale. C'est quelque chose qui nous habite que nous le voulions ou non, quelque chose qui s'impose à nous, comme ferait un hôte indélicat. La foi est toujours chez elle chez nous. Même si nous voulons nous en éloigner, à un moment ou à un autre, elle revient. On ne perd pas la foi comme on perdrait son portefeuille et cela non pas parce que la foi tiendrait aux synapses de notre cerveau, ou à je ne sais quel gène, mais parce qu'elle tient à nos viscères d'animaux pas très raisonnables, toujours en porte à faux avec eux mêmes, et qui ne peuvent s'empêcher de se projeter au-delà d'eux mêmes, en se saisissant de la "puissance" (le mot est de saint Paul) que la foi met à notre portée.
En soutenant l'idée que la foi est viscérale et que l'antilibéralisme de Benoît XVI, directement isssu de sa foi peut être viscéralement présent dans son discours économique, je ne veux pas dire que la foi n'est pas raisonnable. C'est parce qu'elle est viscérale qu'elle est raisonnable. Comme toutes les grandes décisions de notre vie, on la sent ou on ne la sent pas et si on ne la sent pas (encore), ce n'est pas la peine d'y aller. Tout ce qui est viscéral peut bien être raisonnable, mais ce qui n'est que raisonnable à l'origine aura du mal à devenir viscéral.
Dans cet éloge des viscères, je m'en tiens à une formule de Martin Mosebach que j'avais mise en épigraphe de mon livre sur l'évidence chrétienne : "Voilà la foi, c'est ce que nous faisons avec évidence" (voir L'hérésie de l'informe éd. Hora decima p. 34).
A tous ceux que cette formule inquièterait, parce qu'ils n'ont pas l'impression de jouir de l'évidence de la foi, je ferais remarquer que Mosebach ne dit pas : "la foi, c'est ce que nous pensons avec évidence". Si la foi n'était qu'une pensée, elle serait tout sauf évidente : Credo quia ineptum est (je ne traduis pas) disait Tertullien à propos de la foi comme pensée. La foi comme pensée nous établit dans la sagesse de Dieu, c'est un peu grand pour nous, normal ! "Si tu l'as compris, ce n'est pas Dieu".
Mais la foi n'est pas seulement une pensée : "Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le Royaume...". La foi est d'abord une action, une adhésion à l'ordre de Dieu, elle est ensuite une lumière, une connaissance et une pensée. A nouveau, il faut citer la grande phrase de Jean 3, 21 : "Celui qui fait la vérité vient à la lumière".
Qu'est-ce que la foi ? D'abord faire la vérité, de toutes ses viscères... "La foi ? C'est ce que nous faisons avec évidence".
L'un des lecteurs, auquel manifestement cet adverbe n'a pas plu, a posé un commentaire pour demander vertueusement si il pouvait y avoir quelque chose de viscéral chez ce pape merveilleusement rationnel qu'est Benoît XVI. Ai-je manqué de respect au Saint Père en évoquant, par le truchement d'un adverbe, ses viscères ? C'est en tout cas ce que semble indiquer mon contradicteur. Au risque de le scandaliser doublement, je répondrai ici que je crois bon et important non seulement que le pape ait des viscères mais qu'il s'en serve et qu'il porte un certain nombre de convictions "dans les tripes" comme on dit vulgairement.
Réfléchissons : qu'est-ce qu'une foi qui ne serait pas viscérale ? Une foi plaquée. Une foi rationnelle, dépendant de démonstrations toutes humaines qui peuvent d'ailleurs, comme tout système rationnel, évoluer au cours d'une vie. Il faudrait toujours dire : "Je crois que je crois" et l'on ne pourrait jamais s'écrier simplement : "je crois". Que serait cette foi sinon un embryon, humain, trop humain.
La foi est forcément viscérale. C'est quelque chose qui nous habite que nous le voulions ou non, quelque chose qui s'impose à nous, comme ferait un hôte indélicat. La foi est toujours chez elle chez nous. Même si nous voulons nous en éloigner, à un moment ou à un autre, elle revient. On ne perd pas la foi comme on perdrait son portefeuille et cela non pas parce que la foi tiendrait aux synapses de notre cerveau, ou à je ne sais quel gène, mais parce qu'elle tient à nos viscères d'animaux pas très raisonnables, toujours en porte à faux avec eux mêmes, et qui ne peuvent s'empêcher de se projeter au-delà d'eux mêmes, en se saisissant de la "puissance" (le mot est de saint Paul) que la foi met à notre portée.
En soutenant l'idée que la foi est viscérale et que l'antilibéralisme de Benoît XVI, directement isssu de sa foi peut être viscéralement présent dans son discours économique, je ne veux pas dire que la foi n'est pas raisonnable. C'est parce qu'elle est viscérale qu'elle est raisonnable. Comme toutes les grandes décisions de notre vie, on la sent ou on ne la sent pas et si on ne la sent pas (encore), ce n'est pas la peine d'y aller. Tout ce qui est viscéral peut bien être raisonnable, mais ce qui n'est que raisonnable à l'origine aura du mal à devenir viscéral.
Dans cet éloge des viscères, je m'en tiens à une formule de Martin Mosebach que j'avais mise en épigraphe de mon livre sur l'évidence chrétienne : "Voilà la foi, c'est ce que nous faisons avec évidence" (voir L'hérésie de l'informe éd. Hora decima p. 34).
A tous ceux que cette formule inquièterait, parce qu'ils n'ont pas l'impression de jouir de l'évidence de la foi, je ferais remarquer que Mosebach ne dit pas : "la foi, c'est ce que nous pensons avec évidence". Si la foi n'était qu'une pensée, elle serait tout sauf évidente : Credo quia ineptum est (je ne traduis pas) disait Tertullien à propos de la foi comme pensée. La foi comme pensée nous établit dans la sagesse de Dieu, c'est un peu grand pour nous, normal ! "Si tu l'as compris, ce n'est pas Dieu".
Mais la foi n'est pas seulement une pensée : "Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le Royaume...". La foi est d'abord une action, une adhésion à l'ordre de Dieu, elle est ensuite une lumière, une connaissance et une pensée. A nouveau, il faut citer la grande phrase de Jean 3, 21 : "Celui qui fait la vérité vient à la lumière".
Qu'est-ce que la foi ? D'abord faire la vérité, de toutes ses viscères... "La foi ? C'est ce que nous faisons avec évidence".
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