jeudi 2 décembre 2010

Un cardinal contre la culture de notre temps

Article repris de Monde et Vie n°834 - novembre 2010


Mgr Velasio de Paolis, futur cardinal, souligne qu’il entend bien respecter le charisme profondément traditionnel des Légionnaires du Christ, en guerre contre « la culture infectée de relativisme » qui est la nôtre aujourd’hui.

« Je ne voudrais mentionner qu'un seul aspect. La culture actuelle est sécularisée, infectée d'immanentisme et de relativisme. Une telle mentalité caractérise la culture de notre temps ainsi que les personnes qui, aujourd'hui, créent l'opinion ou se considèrent détentrices de la culture. C'est une question de culture et donc, une question de position dominante, c'est-à-dire de personnes dans les mains desquelles repose la conduite de la société. Nous sommes dans une société où ne se trouvent plus de personnes d'épaisseur culturelle chrétienne et plus particulièrement catholique. En même temps, nous savons que la foi ne peut pas être uniquement transmise au niveau privé. La société d'aujourd'hui, pour être christianisée, a besoin de personnes qui puissent assumer la responsabilité de la société de demain, qui se forment dans les écoles et dans les universités, de prêtres et de personnes consacrées, de laïcs engagés, bien formés, d'apôtres de la nouvelle évangélisation.

Le passé doit nous servir de guide pour nous insérer dans le présent. L'Eglise a façonné le passé, elle a participé à une vision chrétienne de la vie grâce aux monastères, aux universités, aux études et à la culture. L'Eglise le réaffirme quand elle parle de nouvelle évangélisation et lance un nouveau dicastère pour la nouvelle évangélisation. Je pense que la Congrégation des Légionnaires du Christ trouve précisément dans ce domaine, sa place de service envers l'Eglise. Et ceci laisse espérer le meilleur pour le futur. »

Claire Thomas

mercredi 1 décembre 2010

Une après-midi sur la Sainte Russie

Tous ceux qui fréquentent notre Centre, autrement que virtuellement et par la magie d'Internet, connaissent le tropisme oriental de Frère Thierry, notre bibliothécaire. Il nous a mitonné une deuxième réunion russe, avec des interventions de haute tenue (Je ne parle pas de la mienne : sur Berdiaev, dont je fréquente avec plaisir le personnalisme aristocratique, si semblable et si différent d'autres personnalismes de la même époque, celui de Maritain ou celui de Mounier par exemple, je parlerai avant tout en amateur... En Occidental résolu). N'hésitez pas à vous inscrire sans tarder au Centre Saint Paul : 01 40 26 41 78.

La question russe est fondamentale et décisive, à la fois du point de vue géopolitique (surtout en ce moment où l'Empire matérialiste américain craque de toutes parts) et du point de vue oécuménique où, sans avoir à attendre des résultats institutionnels rapides, il est vrai que le pape est de plus en plus considéré par tous les chrétiens mais en particulier par les Russes, comme le Primus. Il est clair que le Patriarche Cyrille pèse infiniment plus lourd (sans vouloir rentrer dans aucune dialectique) que le Patriarche Bartolomeos, isolé dans son Phanar.

Il y a un peu plus d'un siècle on parlait d'amitié franco-russe. L'amitié des chrétiens russes est plus que jamais d'actualité !
 
Le Cercle de l'Aréopage est heureux de vous convier à la deuxième journée de conférence franco-russe: "LA SAINTE RUSSIE", le samedi 11 décembre 2010, de 14H00 à 19H00 au Centre Saint Paul, 12, rue Saint Joseph, 75002 Paris -- Au programme : Concert spirituel: chants vieux slaves sur le thème "La Mère de Dieu". Chorale dirigée par V. Soloviev -- Père Diaz: spiritualité de la liturgie byzantine -- Père Jean-Paul: Comment la spiritualité liturgique byzantine éclaire celle d'Occident -- Pr. Mikhaylov (Université Saint Tukhon, Moscou): le mystère de l'Eucharistie selon les théologiens de l'Ecole de Paris -- Abbé Guillaume de Tanoüarn: Nicolas Berdiaev ou l'identité spirituelle de l'Orient et de l'Occident -- Les conférences seront suivies d'un verre de l'amitié/buffet - Participation: 15 euros (réduction pour les chômeurs et étudiants) - Réservation souhaitée auprès de cercle.areopage@gmail.com

mardi 30 novembre 2010

[conf'] «Les derniers Araméens chrétiens de Syrie : méandres de l’identité» par Frédéric Pichon

Mardi 30 Novembre 2010 à 20H00 :«Les derniers Araméens chrétiens de Syrie : méandres de l’identité» par Frédéric Pichon - F. Pichon dédicacera son livre «Maaloula, Voyage chez les Chrétiens de Syrie». - PAF 5€, tarif réduit à 2€ (étudiants, chômeurs, membres du clergé) - La conférence est suivie d’un verre de l’amitié.

Vive la Benoît XVI attitude !

"Faites un post, même court, sur le dernier livre du pape !". L'injonction de ce lecteur me paraît assez naturelle : c'est l'actualité après tout ce livre. et en même temps je résiste. Pourquoi ? Je cherche le "point" sur lequel focaliser les remarques. En y réfléchissant, je comprends pourquoi j'ai du mal à trouver une unité et un point fixe : le pivot autour duquel tourneraient les remarques augustes qui composent ce livre.

C'est une remarque de Daniel Hamiche, ce midi, qui me met sur la voie. "Je n'aime pas la forme du livre d'entretien pour un pape" me dit-il. On sait bien que Paul VI y a eu recours avec Jean Guitton, que Jean Paul II s'y est livré avec Frossard, puis avec Messori, que le cardinal Ratzinger en a écrit un avec Messori et un avec Peter Seewald, le journaliste qu'il a choisi de nouveau pour Lumière du monde. Mais je comprends Daniel et je le comprends spécialement pour ce livre, très dense au début, beaucoup plus rapide après 150 pages. Le pape a-t-il eu raison de commettre ces nouveaux Entretiens sur la Foi ?

Décidément je crois que oui, car il a confié à ces Entretiens une synthèse, qu'il lui est très difficile de livrer autrement que de manière fragmentaire, sermon après sermon. Il a voulu nous enseigner là une sorte de cathopride, faite d'humilité, de générosité, d'intelligence du présent et de pénétration de la foi. Nous avons une synthèse unique, qui n'est pas une synthèse intellectuelle, qui ne propose pas un diagnostic sur la crise de l'Eglise ou sur la catastrophe annoncée au niveau mondial (ça ce serait bon pour une encyclique), mais qui teste un certain nombre d'attitudes, qui propose un certain nombre de réponses concrètes et qui constitue, dans un dialogue loyal, une sorte de très longue prédication, une exhortation à l'usage de tous les chrétiens.

Benoît XVI se révèle un extraordinaire Maître d'attitudes, tant pis pour ceux qui seraient allergiques à son grand âge, à sa douceur, à sa fermeté, à son côté très personnel et méprisant les sentiers battus.

Exemples ?
  • Face à la crise de la pédophilie : humilité, sincérité, fermeté.
  • Face aux récriminations sur le rôle de Pie XII pendant le deuxième conflit mondial : ambition de la recherche, prenant à contre pied les stéréotypes que son exigence intellectuelle a ringardisés.
  • Face à l'islam : vérité sur les liaisons dangereuses entre violence et religion et charité inlassable envers les personnes.
  • Face à la modernité : dénonciation de la "contre-religion" rationaliste et laïque et souci de respecter "la bonne modernité", celle dont les valeurs viennent du christianisme.
  • Face à son propre enseignement : Spirituel d'abord ! Le problème n'est pas de faire Vatican III mais d'essayer de comprendre comment parler de Dieu au monde.
  • Face à la crise écologique imminente : apologie de la décroissance, dont le modèle est à chercher chez les moines.
  • Face à l'avenir : Souci d'une présence de l'Eglise au monde entier et volonté de constituer des îlots de foi, dans ce que Rémi Fontaine appelle dans Monde et Vie "un sain et légitime communautarisme"

Le dernier livre de Benoît XVI nous livre le secret d'un christianisme enfin décomplexé, qui saurait revenir à "la simplicité de la foi", en laquelle s'identifient la vérité et l'amour.

dimanche 28 novembre 2010

en ligne: des sermons de l'abbé de Tanoüarn

Vous trouverez en ligne (dans la colonne de droite) certains sermons récents de l'abbé de Tanoüarn. Et puisqu'on n'arrête pas le progrès, vous pouvez les télécharger sur votre iPod, qui est (m'a-t-on dit) une sorte de walkman perfectionné.

samedi 27 novembre 2010

Veiller avec le pape pour la vie

En union de prière avec le Saint Père: Adoration devant le Saint Sacrement, le 27 novembre 2010 - 20H00/22H30 au Centre St Paul

Au Centre Saint Paul, samedi prochain 27 novembre, nous veillerons avec le pape, devant le Saint Sacrement, en priant pour la Vie, c'est-à-dire d'abord en priant pour les femmes qui portent dans leur corps ce miracle renouvelé à chaque naissance d'un petit d'homme, en particulier pour toutes celles qui sont en difficulté au moment où s'annonce pour elles une grossesse, pour qu'elles sachent se respecter elle-mêmes en respectant la vie qu'elles portent, et aussi pour qu'elles puissent faire face, pour qu'on les aide à faire face.

Les femmes portent la vie. Mais les hommes direz-vous ? En réfléchissant à cette question, me revient le mot de l'Infante dans la Reine morte de Montherlant : "Lâcheté, c'est un mot qui m'évoque irrésistiblement les hommes". Les hommes n'ont pas moins besoin de prière que les femmes lorsque l'enfant paraît. Ce qu'on leur demande ? Ne pas la jouer Ponce Pilate.

Une humanité qui ne sait plus spontanément accueillir la vie, une humanité dans laquelle l'accueil de la vie devient un problème est une humanité blessée au coeur, selon la formule de Jean Madiran. Cette blessure, j'y insiste, n'est pas quelque chose qui atteindrait telle personne et non telle autre. C'est notre civilisation qui est blessée au coeur et d'une certaine façon, si nous ne sommes pas des cosmonautes isolés dans je ne sais quelle combinaison de survie, dans la mesure où nous participons de cette civilisation et de ses fausses valeurs, nous sommes nous mêmes blessés, soit que nous ayons été blessé dans notre histoire personnelle soit que nous hésitions devant l'engagement que représente la transmission de la vie, soit que nous restions fermés aux difficultés de nos prochains et de nos prochaines.

Au Centre Saint Paul Odile et Virginie cherchent à protéger la vie naissante, en essayant d'aider les mamans en difficulté. D'autres peuvent les rejoindre. Je pense aussi à mon ami Winnie Wuermeling et son organisation à SOS Mamans, qui tous les ans sauve une quinzaine d'enfants, en proposant une aide concrète. Je pense de conscientisation que l'on peut faire, ne serait-ce qu'en intervenant sur certains Forums où des femmes disent leur angoisse et leur solitude. La prière, cela sert à cela aussi : libérer notre imagination, mettre de côté nos peurs, apprendre à agir, même si au début cela paraît ardu.

Il y a plusieurs églises à Paris où l'on prie pour la vie. N'oubliez pas cette soirée du 27 novembre, au cours de laquelle on entrera dans le temps de l'Avent, en passant d'une année liturgique à une autre. Venez prier avec nous car la prière "couvre une multitude de péchés". Pour beaucoup de gens qui ont commis ou encouragé des avortements, j'en ai eu l'expérience maintes fois au Confessionnal, cet acte peut constituer une sorte d'électro-choc, qui les réveille de leur tiédeur. Il ne sert à rien de se désoler. L'expérience du mal porte en elle, si elle produit le repentir, une promesse de salut. Voilà encore une intention de prière !