dimanche 25 septembre 2016

La vérité du djihadisme

« Je fais des films de mon temps » déclare tout de go Cheyenne Carron, la quarantaine à peine sonnée et déjà six longs-métrages à son actif. Elle veut montrer ce que l’on ne veut pas voir de ce temps si terriblement riche en contrastes. La réalisatrice sait où elle va. Elle montre, elle dévoile, elle déchire les voiles, mais elle le fait sans provocation, en artiste. On sent que l’image produit en elle une sorte de jubilation baroque : elle aime la lumière, elle aime la nature, elle s’attarde sur tel détail, mais surtout elle aime les gens, elle sait montrer leur lumière intérieure, parce qu’avant même de la filmer, elle l’a perçue. Elle prête ses yeux à la caméra. Quant à elle, elle est prête à tout voir, non pas pour collectionner je ne sais quelle galerie des horreurs, mais parce que tout voir signifie voir les sujets dans leur intégrité, non pas faire des clichés à deux dimensions, des instantanés qui manquent l’essentiel, mais inscrire les êtres dans la profondeur de champ que donne la caméra. 

C’est cette profondeur qui lui permet de passer outre les interdits, parce que c’est une artiste et que seul l’art peut tout dire. Ainsi, son dernier film Patries, traitait du racisme anti-blanc et de la remigration. Il a obtenu le Grand prix Kilimandjaro du meilleur long-métrage au festival Africlap 2016 ; on en a lu des critiques dans les plus grands médias français. D’autres cinéastes reculent devant la difficulté et se contentent, par exemple, du Paris rêvé d’Amélie Poulain, sans se donner la peine de pénétrer dans les banlieues. D’autres, pour ces mêmes banlieues, se contente des images et des thèmes d’il y a vingt ans, mythifiés. Cheyenne Carron donne à voir, elle ne recule pas devant la difficulté. On a l’impression qu’elle la recherche, qu’elle veut se mesurer avec elle. Quand je réfléchis à sa démarche, je pense à cet immense écrivain que fut Imre Kertesz : ce juif hongrois expliquait à la fin de sa vie que seul l’art pouvait montrer la réalité monstrueuse de la Shoah. Sans en rester à ce degré d’horreur, seul l’art peut évoquer avec pertinence, d’une manière qui convienne a priori à tout spectateur, les problèmes actuels, ceux avec lesquels on triche, ceux que l’on ne veut pas voir. Dans Patries, c’est l’immigration ; dans La chute des hommes, le nouveau film qui vient de sortir, c’est le djihadisme. 

Sur le djihadisme, il serait facile de faire un film qui accable les terroristes, en montrant seulement l’horreur de leurs gestes. On ne les verrait pas ces monstres, on les devinerait à leurs œuvres. On en ferait, de loin, des archanges du mal – nos ennemis : c’est un peu ce que font Laurent Gaudé ou Karine Tuil cette année, ils évoquent le mal mais refusent la confrontation avec lui. La rentrée littéraire s’est saisie du djihadisme, mais de manière unilatérale : diaboliser le diable est un jeu d’enfant. 

Ce n’est pas le sens du film de Cheyenne Carron, La chute des hommes. Evoquant la chute, de manière crypto-chrétienne, elle sous-entend que ces hommes qui s’entraînent à tuer à rançonner ou à couper des mains pour appliquer la charia, ne se réduisent pas à leur chute, qu’ils ont été des hommes, des vrais, que le mal qu’ils font pourrait peut-être réveiller en eux l’humanité. Attention : si Cheyenne Carron ne diabolise pas le diable, elle ne le dédiabolise pas non plus. Elle le prend simplement comme un être réel, un sujet encore libre, une personne qui peut toujours changer d’avis. C’est ce qui fait la force unique de ce film. 

Certes, on n’assiste pas en direct à je ne sais quelle conversion à l’eau de rose. On constate d’abord le cynisme du chef, qui joue avec la vie et la mort, celle des femmes prisonnières, qu’il fait semblant de prendre pour de vraies personnes, discutant avec elles, celle de ses hommes, impitoyablement tués au moindre état d’âme, ou bien la sienne d’ailleurs, la sienne de vie, parce que, manifestement, pour lui, rien n’a d’importance, et surtout pas sa propre existence. Mais même au sein de la petite troupe djihadiste, tout n'est pas négatif : on observe aussi le détachement des hommes face à l’argent. Ils ont fait don de leur vie. Tous ? Non. L’Occidental qui les a rejoints est épouvanté. Il cache sa peur parce qu’il sait qu’elle mérite la mort, il multiplie les professions de foi, mais à l’instant décisif, il refuse de mourir. Il se convertit ? Récite le Je vous salue Marie, qui remonte dans sa mémoire ? Sans doute, mais on devine que s’il s’en sort, c’est seulement parce que sa vie ou sa mort ne lui sont pas devenus totalement indifférentes, qu'elles ne sont pas interchangeables.

Face aux bourreaux plus ou moins enfoncés dans leur logique mortelle, il y a les victimes, deux femmes, ce n’est pas un hasard. L’héroïne, Lucile, est venue dans ce pays en guerre pour améliorer sa connaissance déjà grande des parfums. Toute à sa passion, elle ne sait parler que de cela, analyse les senteurs mais ne devine pas le risque mortel qu’elle a pris avec le plus grand naturel du monde. Elle représente à la fois la liberté passionnée mais aussi ce surdéveloppement de l’ego, caractéristique de la société de consommation, qui empêche la vigilance. Ce qui fait la richesse de Lucile, c’est son éducation pagano-chrétienne – on pourrait dire tranquillement son identité. Au dernier moment de cette histoire, quand les guerriers d’Allah la somment de se convertir à l’islam, elle pourra dire : « Ma mère est chrétienne et mon père est païen », opposant à la terreur du djihad non pas une foi chrétienne qu’elle n’a pas, mais cette richesse libre que ses parents lui ont transmise. Lucile s’interdit de renoncer aux sources de sa joie, elle vit de cette estime de soi, qui l’empêche de déchoir en quelque sorte, qui l’oblige au vieux sens intransitif de ce mot, elle professe un intrépide respect de soi.

Enfin, entre bourreaux et victimes, Cheyenne Carron a représenté le Judas, celui qui a livré la victime au bourreau, un chauffeur de taxi, Yunès, qui ne parvient pas à faire vivre sa famille et qui, par amour pour sa femme, va piétiner la morale la plus élémentaire en livrant une victime à l’hydre islamiste. Son geste pense-t-il a été simplement utilitaire. Le moyen de faire autrement, quand il faut vivre des quelques sous que rapporte son taxi ? Pour ce remarquable Yunès (l'acteur est parfait), le salut vient par sa femme, qui finit par découvrir la vérité et qui le chasse de la maison sordide où la petite famille avait trouvé refuge.

Il y a dans la Chute des hommes un culte baroque de l’image, que l’on revoit sous un autre angle et qui qui prend peu à peu toute sa signification terrible. Il faut VOIR ce film et se laisser envahir par ces images, qui vous accompagneront plusieurs jours après que vous ayez accepté de leur ouvrir votre propre monde. Loin d’être un film de détestation de l’autre, loin d’enseigner la haine de l’ennemi djihadiste ou terroriste, la Chute des hommes offre une méditation sur les possibilités de relèvement, qui sont à la mesure de chacun et donc toujours à sa portée. Ce film qui aborde de front le mal moderne, cette confusion monstrueuse entre sainteté et terrorisme ne marque aucune complaisance pour la terrible banalisation du mal que représente le Djihad, mais offre une formidable leçon d’espérance, tant il est vrai, comme le dit Hölderlin que « c’est quand le péril grandit que grandit aussi ce qui sauve ».

Une espérance qui n'est pas je ne sais quel bon sentiment notoirement impuissant, mais qui consiste à trouver dans chaque situation, même la plus terrifiante, la puissance de faire le bien. 

Pour vous procurer ce film en ligne : cheyennecarron.com/dvds.php

mercredi 21 septembre 2016

[Monde & Vie] Pourquoi et pour qui faut-il voter?

Repris de monde-vie.com
Aujourd’hui le vote de conviction est le premier vote utile. C’est dans cette perspective que nous disons : il faut voter à la Primaire de droite.
          
La Primaire de droite est une première. Elle donne occasion à de nombreux candidats de se manifester tels qu’en eux-mêmes, avant que les sacro-saints parrainages politiques ne soient comptabilisés et les candidats qui ne font pas le poids, impitoyablement rejetés dans les ténèbres extérieures. Ainsi Jacques Myard – député de Maisons Laffitte se déclare-t-il fort heureux de sa campagne inutile, mais qui aura contribué à droitiser toujours plus le débat politique actuel. Car c’est de cela d’abord qu’il s’agit : il faut une parole libre. On en a assez des candidats du système, ces candidats dont Jacques Chirac, en 2002, fut l’archétype, élu à 82 % des suffrages sur un programme vide. Pour son discours d’intronisation, le grand Jacques évoqua (ce n’est pas une blague) la lutte contre le cancer et le code de la route. Temps perdu ! À l’époque, les idées ne pouvaient plus circuler, absorbées dès leur naissance par la correctness, sorte de glue universelle, qui exige l’universelle confusion des idées… En 2007, il y eut la présidence Sarkozy. Sur le personnage et son mandat d’hyperprésident, je serais un peu de l’avis de Fillon : ce Président-là aussi a eu peur de FAIRE, mais… et ce n’est pas rien dans notre théâtrocratie au suffrage universel, il n’a pas eu peur de DIRE certaines vérités emprisonnées depuis longtemps sous la glue universelle. Il a libéré la parole en parlant d’identité nationale, il a permis à des gens comme Zemmour ou Finkielkraut de sortir du bois. Je pense que c’est le premier rôle de la Primaire de droite d’agiter des idées nouvelles, de dire ce qui ne va pas, de proposer des remèdes auxquels apparemment personne n’avait pensé auparavant. La Primaire de droite est un merveilleux banc d’essais des idées de droite. À ce propos je donnerais volontiers la palme à un perdant : Frédéric Lefebvre, le premier dans la classe politique à défendre l’idée d’un salaire universel. Je vois deux avantages à cette mesure : elle permet de responsabiliser ceux auxquels, en lieu et place d’allocations diverses on donne un véritable petit salaire, hommes et femmes, employés ou chômeurs. Ce salaire universel serait aussi l’occasion d’une révision générale du sacro-saint système social français, qui remonte substantiellement à la Deuxième Guerre mondiale. Il serait peut-être temps de proposer VRAIMENT autre chose. Eh bien ! La Primaire aura été l’occasion d’introduire le salaire universel comme un thème social de droite !
Sans hésiter 
Je parle d’idées, je ne parle pas de valeurs : hélas, les catholiques n’ont pas utilisé cette occasion pour réaffirmer le caractère fondamental des valeurs chrétiennes dans l’identité française. Les uns veulent jouer les arbitres, les autres votent pour François Fillon, l’homme qui dit que l’avortement est un droit des femmes… Mais où est le porte-drapeau ?La vérité oblige à dire que, malgré les hésitations coupables des états-majors cathos, de porte-drapeau il y en a un. Il n’est pas là seulement pour faire de la figuration. Il n’est pas non plus mono-discours, obsédé par les valeurs morales et ne sachant parler que de cela… Il a acquis une expérience politique à la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Il a voyagé et sait d’instinct que la France ne se réduit pas à un hexagone. Il a la culture chrétienne de la concertation, sans le goût du martyre, qui est toujours malsain, mais alors surtout malsain en politique. Il croit dans le rôle stabilisateur d’un État régalien et ne donne pas dans le culte des Institutions européennes et internationales. Il ne voit pas l’islam en rose mais réclame un véritable contractualisme entre l’islam et la République. Il est un adversaire décidé du laïcisme et un adepte de la pure laïcité, qui suppose de reconnaître le christianisme au centre de la culture française. Bref, c’est un vrai candidat. Il n’est pas membre des Républicains mais président du Parti Chrétien Démocrate. Il s’agit, vous l’aurez deviné, de Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines, valeureux combattant contre le mariage pour tous, mais aussi contre la très inefficace loi Macron et contre la non moins dangereuse Loi El Khomry.Il est clair que voter Poisson au premier Tour de la Primaire (il vous en coûtera deux euros) c’est faire avancer le vote catholique en France, le vote de civilisation en Europe et tout ce que nous défendons à Monde&Vie.
          
Cela n’empêche pas de voter autrement à l’élection présidentielle. Mais il faut utiliser la Primaire, qui est une fantastique caisse médiatique de résonnance. Et pour une fois, nous pouvons faire un vote de conviction. C’est tellement rare qu’il me semble que quand cela devient possible (même s’il ne s’agit que de Primaires) c’est un devoir. Il n’y a aucun devoir à voter lorsque le choix qui nous est donné est celui de la peste ou du choléra. Mais lorsque les règles de la santé politique sont senties avec tant de mesure, lorsque la société chrétienne est défendue avec tant de talent… Alors oui : voter, voter Poisson est un devoir ! 

Abbé G. de Tanoüarn

dimanche 4 septembre 2016

Magnifique messe devant Sainte-Rita

En ce jour où Teresa de Calcutta est canonisée, nous avons eu une magnifique messe devant Sainte-Rita murée. Si je peux essayer de caractériser cet instant, je dirais que malgré la beauté des chants, dont je remercie Kerim, Sophia et Morgane, ainsi que leurs amis, ce qui a caractérisé cette messe c'est le silence, un silence qui n'est pas vide, un silence qui est un appel, un appel au bien, un appel à l'élévation spirituelle dans un monde consacré au calcul et à la rentabilité. Sainte Rita continue. La communauté de Sainte-Rita recueillie et plus nombreuse que jamais devant l'édifice est un signe, le signe de la puissance de l'Esprit, qui, comme dit saint Paul dans l'extraordinaire épître d'aujourd'hui, "agit en nous infiniment au-delà de ce que nous demandons et de ce que nous pouvons concevoir". Nous voulons faire ? Nous voulons agir ? Agissons en lui. Laissons le faire en nous, il nous mènera, tous, plus loin, bien plus loin que nous ne l'imaginons. C'est le mystère de la fécondité de l'Esprit, expérimenté par sainte Thérèse de Calcutta, dont la charité est encore agissante vingt ans après sa mort.

samedi 3 septembre 2016

[Philippe Vilgier - Présent] Sainte-Rita : une messe, un enjeu - Entretien avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn

SOURCE - Philippe Vilgier - Présent - 2 septembre 2016
— Monsieur l’abbé, vous avez annoncé (voir Présent du 17 août) que vous alliez célébrer le dimanche 4 septembre une messe à 11 heures devant l’église Sainte-Rita du XVe menacée de destruction…
— J’invite le plus grand nombre de personnes à nous rejoindre pour cette messe très importante, qui d’ailleurs constitue un enjeu en elle-même dans l’atmosphère politique actuelle. Elle a d’abord été interdite sans explication par la préfecture, puis autorisée le lendemain au vu des deux messes que nous avions organisées sans anicroche, devant Sainte-Rita, le 7 et le 15 août.

L’enjeu est capital pour la bonne santé de notre laïcité. Il est essentiel que nous puissions manifester le désaccord d’une large partie de la population du XVe et, plus largement, de tous les Parisiens qui veulent être entendus sur ce sujet sensible : détruire une église en plein Paris aujourd’hui, c’est attenter gravement à l’ordre public et laisser le champ libre aux catholiques radicalisés : bref c’est impossible !

La liberté d’expression, surtout en matière religieuse, – je préciserais : la liberté d’expression des catholiques en France dans l’espace public – est un domaine particulièrement sensible en ce moment, rien ne doit la restreindre, dans l’état actuel de notre droit, comme l’a rappelé récemment le Conseil d’Etat… à propos des musulmanes et du burkini. Il ne faudrait pas qu’il y ait deux poids et deux mesures, d’un côté la liberté de porter le burkini et, de l’autre, l’interdiction de défendre une église. Voulons-nous d’une liberté religieuse à deux vitesses ?

Nous ferons tout ce que la loi républicaine autorise, mais aussi tout ce que la liberté chrétienne nous commande. A l’heure où l’on construit partout des mosquées, éventuellement avec des subventions publiques, les Parisiens sont particulièrement sensibles à la question de la survie de Sainte-Rita, question qui a d’ailleurs suscité des échos dans le monde entier début août. La perspective d’une destruction, en ce moment, est particulièrement mal venue et inquiétante pour nous tous ! L’église, c’est ce lieu où souffle l’Esprit, et il ne faut pas oublier que l’Esprit souffle sur tout le monde, que, dans la perspective chrétienne, personne n’est excepté de la fête spirituelle qui est la réalisation normale de notre destinée. On voit d’ailleurs des athées venir défendre l’église Sainte-Rita, et ils sont parfaitement cohérents, ce faisant. Ils reconnaissent d’instinct la supériorité du spirituel sur tous les profits temporels et sur toutes les spéculations immobilières.
— Vous aviez posé des conditions à cette célébration, pour quelles raisons ?
— L’affaire Sainte-Rita a été l’objet d’une tentative de récupération par des gens que j’appellerais volontiers des « catholiques radicalisés ». Une vidéo a fait le tour du net. Tournée en plein jour (pas du tout lors de nos manifestations), elle montre une dizaine de personnes à genoux et priant le chapelet devant Sainte-Rita et, au milieu de la prière, l’un des orants assénant un coup de poing mémorable à une personne de couleur qui passait par là. Ce groupe de catholiques radicalisés a un aumônier qui, sur le net, se fait appeler Mgr Mayol de Lupé (on voit où vont leurs amours). Ce sont eux-mêmes qui ont organisé la diffusion de la vidéo, narrant ce coup de poing en pleine prière, comme si c’était un exploit. Je veux bien que les policiers à Sainte-Rita aient eu l’initiative d’une violence maladroite (la photo de l’abbé Billot traîné par terre a fait le tour du monde), mais cela n’excuse pas le grand n’importe quoi de la violence gratuite, ni cette vidéo montrant un gros costaud abusant de sa force. Quant à nous, notre combat est légal, culturel et même politique s’il le faut, puisque la laïcité est en cause, mais nous ne voulons pas de cette violence gratuite et de ces vanteries déplorables.
— Quelle décision avez-vous prise ?
— Nous avons décidé de donner rendez-vous chaque premier dimanche du mois à tous ceux qui ne se résignent pas à la destruction. Nous entreprenons aussi de rassembler l’argent nécessaire pour racheter l’église et, pour cela, faisons appel à des mécènes. L’affaire Sainte-Rita dépasse largement les limites de cette église néogothique en béton. Elle pose au grand jour le malaise qui pointe dans notre laïcité. Nous luttons, à travers cette église, pour un véritable « vivre ensemble » où les uns et les autres sont respectés dans leurs convictions, nous voulons une société où l’on sait mettre l’argent en deuxième position quand les valeurs fondamentales sont en jeu, nous demandons que l’on écoute la population du XVe très largement favorable, avec son maire Philippe Goujon, au maintien de cette église, comme nous avons pu le constater en faisant les marchés ou en tractant devant les stations de métro.
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Propos recueillis par Philippe Vilgier
Rendez-vous : Sainte-Rita du XVe, dimanche 4 septembre à 11 heures. 27 rue François Bonvin, Paris 15e, Métros : Volontaires, Ségur, Cambronne. Bus : 80.

jeudi 1 septembre 2016

4 septembre : La messe interdite… et autorisée

A Sainte-Rita, alors que certains signes montrent que nous nous dirigeons enfin vers la concertation, que nous sortons de la confrontation stupide entre des croyants et un Promoteur mal informé, nous organisons une messe dimanche prochain 4 septembre à 11 heures. Cette messe avait d’abord été interdite par la Préfecture de police de façon laconique en ces termes : 
« La direction de l'ordre public et de la circulation accuse bonne réception de votre déclaration de manifestation. Nous vous invitons à ne pas utiliser l'espace public pour l'organisation d'une prière de rue. Nous restons à votre disposition pour plus de renseignements ».
Cette réponse à notre demande était inacceptable. C’est une question de liberté religieuse ! Dans l’état actuel de notre droit, cette liberté individuelle est imprescriptible. Puisque le Conseil d’Etat a considéré récemment que le port du burkini était un acte religieux et puisque c’est en tant que tel qu’il l’a autorisé, au nom, dit Bernard Stirn, de "la liberté de conscience", Eh bien ! De la même façon, la défense d’une église, de manière publique est un enjeu incontournable de la liberté religieuse des catholiques aujourd’hui. Il ne faudrait pas (notre avocat a expliqué cela très clairement aux autorités compétentes) que la liberté religieuse des musulmanes soit protégée de manière sourcilleuse, malgré le trouble de l’ordre public que l’on a pu constater tout récemment de ce fait à Sisco en Corse, et que d’un autre côté, alors que les manifestations pour défendre Sainte Rita organisées par notre Collectif les 7 et 15 août, ont été absolument paisibles, nous soyons interdits. Interdits parce que catholiques ? Impossible. On a failli se trouver avec cette tentative d’interdiction, devant une pratique monstrueuse du « deux poids, deux mesures ». 
On nous objectera peut-être une vidéo stupide qui a circulé sur Internet : une dizaine de chrétiens radicalisés avait organisé une prière de rue sans la moindre déclaration et, au milieu de la prière, un coup de poing que j’aurais voulu appeler magistral en d’autres circonstances, a été donné à une personne qui passait par là. Ces catholiques radicalisés, fiers de ce qu’un gros costaud ait impunément frappé un homme éméché, ont fait circuler la vidéo de leurs exploits. Interdire l’action de notre Collectif, c’est effectivement faire le lit d’une telle radicalisation, qui risquerait de se généraliser, si aucune liberté ne nous était laissée. Nous nous engageons d’ailleurs, comme je l’ai déjà écrit, avec un service d’ordre adéquat, à ce qu’il n’y ait aucune provocation de la part d’agitateurs malvenus.
Il faut, chers amis, tant que nous en avons la capacité légale, défendre notre liberté de citoyens et affirmer notre liberté chrétienne. Que vous soyez d’ailleurs catholiques ou athées, peu importe ! Cette messe est une question de liberté spirituelle et de laïcité équilibrée. Contre la violence symbolique que représente, pour Paris, la destruction de cette église, nous avons décidé d’organiser une messe devant Sainte-Rita murée, chaque premier dimanche du mois, messe qui manifeste qu’aujourd’hui dans notre Capitale, on n’a pas le droit de mettre dehors sans un véritable effort de concertation, une communauté chrétienne vivante.

Sainte Rita, 27 rue François Bonvin, 75015. Métros : Volontaires, Ségur ou Cambronne, selon les lignes.

dimanche 21 août 2016

Sainte Rita : que fait la police ?

Après le coup de poing prémédité à une personne de couleur qui soi disant troublait leur "prière", voilà que tout est bon pour associer Sainte-Rita à une catégorie extrême de "radicalisés". Ce sont toujours les mêmes éléments de quelques groupuscules bien connus des forces de police qui, aujourd'hui posent en "défenseurs de Sainte Rita" devant un bidon de zyklon B et font circuler leur photo sur twitter. Il n'ont évidemment rien à voir avec la communauté de Sainte Rita mais comme je l'écrivais dans ma communication précédente, ce sont des "catholiques" radicalisés. Celui qui a frappé pendant la prière sort de prison. On voit bien d'ailleurs qu'il n'en est pas à son coup d'essai. Ces gens ne sont catholiques que de nom. Il faut qu'ils se convertissent. Ils ont pour l'instant à peu près la même théologie que les djihadistes : pour eux c'est la violence qui manifeste le sacré. Leurs "pulsions religieuses" sont archaïques et inquiétantes.

Ce qui est troublant c'est l'impunité dont ils jouissent, ils ne se cachent pas, ils ne cachent pas leur apologie du zyklon B et donc de l'antisémitisme le plus rabique. C'est étrange. Il y a des lois en France qui interdisent ce genre de gesticulation. Mais eux font cela sans se cacher, sans un masque ou une écharpe. Comme si ces provocateurs servaient à quelque chose. Comme si on leur donnait carte blanche. A quoi servent de telles photos associées à Sainte-Rita ? Elles servent le promoteur et son dessein de destruction bien sûr. Pourquoi circulent-elles librement ? Parce que la provocation qu'elles représentent permet d'en finir définitivement avec les défenseurs de Sainte-Rita.

Seulement voilà, le golem échappe toujours à son créateur. L'intervention hasardée de la police en pleines vacances d'été, malgré les engagements contraires des responsables politiques, qui se trouvaient eux-mêmes en vacances, a été sentie comme une violence, une violence légale certes, mais une violence quand même. On a mal mesuré le trouble de l'ordre public (et le trouble de faibles cervelles) que causait une telle irruption policière dans un lieu sacré. Et maintenant on fait feu de tous bois pour faire croire que la violence a changé de camp. Aujourd'hui on déterre des promoteurs du zyklon B : demain où ira-t-on ?

Nous avons toujours prié à Sainte Rita dans le plus grand calme jusqu'à l'intervention policière. Mais le sujet était trop passionnel. L'intervention mal préparée. Les risques de troubles mal évalués. Encore une fois, ces gens sont peu nombreux et bien connus, ils ne se cachent pas. Qu'attend-on pour les empêcher de continuer ? Un drame ? Un mort ?

J'annonce ici que malgré les deux cérémonies en plein air qui se sont parfaitement bien passées, devant 300 puis 500 personnes en plein mois d'août, je ne récidiverai pas dans l'état actuel de désordre créé par des gens qui, policiers ou justiciables, sont étrangers à Sainte Rita. Je ne veux pas faire prendre de risque aux gens de la communauté, dont je suis responsable de la sécurité et de la dignité. La messe annoncée le 4 septembre ne pourra avoir lieu que si la Préfecture de police ramène le calme et empêche ces éléments étrangers à notre communauté de créer le scandale aujourd'hui et peut-être plus demain. Pour l'instant la précipitation du promoteur Lamotte crée un trouble que je n'alimenterai en aucune manière, par exemple - et ce serait le pire des scénarios - en en fournissant les victimes.

J'attends donc de pouvoir vous donner toutes les garanties nécessaires quant au bon ordre de manifestations ultérieures, qui devront être protégées par l'état de droit et non à la merci d'agitateurs, utilisés contre nous.

Abbé de Tanoüarn