mercredi 8 février 2012

Freud mode d'emploi

Magnifique conférence ce soir de François Brunatto au Centre Saint Paul sur le Padre Pio, dont on peut dire qu'il a incarné le surnaturel au XXème siècle, avec des miracles extraordinaires et... irréfutables. François Brunatto insiste sur le témoignage de son père Emmanuele, qui fut le servant de messe mais aussi le défenseur actif de Padre Pio. Contre la méchanceté des clercs, il écrira quatre livre, dont le dernier est un appel à l'ONU pour la liberté du Padre Pio... C'est vraiment une histoire qui confirme le fond d'anticléricalisme qui sommeille en moi !

Quel rapport avec Freud direz-vous ? Aucun... et c'est bien là le pb de Freud et surtout du freudisme : croire que l'on peut tout résoudre avec le psychisme... Croire qu'il n'y a pas d'autre dimension dans l'homme que le psychisme. Croire que le démontage est suffisant. Croire que la recherche (et l'éventuelle découverte) des causes du Mal suffiront à le faire disparaître. Tant que l'homme n'a pas en tête un chemin de vie, des objectifs, des valeurs, des perspectives existentielles... on pourra toujours démonter la mécanique psychique, ça ne servira à rien... qu'à faire des erreurs au remontage, comme les meubles d'Ikéa, pour lesquels, au montage, il manque toujours une rondelle ou une planche... L'analyse c'est bien comme démontage, mais gare à la remointre. Gare à l'analyse interminable (quand on a perdu les pièces). Il y en a qui restent... tordus à vie (pas tous, non ! je dis simplement : e pericoloso)

Il me semble qu'il est important de s'intéresser à Freud. Non pas pour y aller au caterpillar, non. Mais pour se demander en quoi ça peut servir et en quoi c'est dangereux. Freud mode d'emploi donc.

Samedi 18 février, de 14 H à 18 H nous organisons une session au Centre Saint Paul sur cette question avec un médecin psychiatre le docteur de Labriolle et un spécialiste de Roland Dalbiez et de sa lecture chrétienne de Freud, Antoine de La Garanderie. N'hésitez pas à venir nombreux.

La connaissance de soi est quelque chose de fondamental : que je me connaisse pour que je vous connaisse, c'était déjà toute la pratique spirituelle de saint Augustin. Celui qui ne cherche pas à se connaître lui-même (ou simplement qui a peur de descendre dans son gouffre intérieur), celui-là a d'emblée renoncé à tout progrès.

14 commentaires:

  1. Bonsoir Monsieur l'abbé, permettez-moi de vous cîter, ce passage me semble très important:"...et c'est bien là le pb de Freud et surtout du freudisme : croire que l'on peut tout résoudre avec le psychisme... Croire qu'il n'y a pas d'autre dimension dans l'homme que le psychisme. Croire que le démontage est suffisant. Croire que la recherche (et l'éventuelle découverte) des causes du Mal suffiront à le faire disparaître. Tant que l'homme n'a pas en tête un chemin de vie, des objectifs, des valeurs, des perspectives existentielles... on pourra toujours démonter la mécanique psychique, ça ne servira à rien..."

    Il me semble qu'il y a quelques mois, vous nous aviez conté, ici même sur le Métablog, une savoureuse anecdote de panne de voiture, lorsque vous résidiez en Afrique et aviez entrepris de réparer votre moteur! Mais je suis bien certain que vos connaissances en mécanique sont loin d'être nulles, vu votre curiosité intellectuelle!

    Pour le psychisme, n'avons nous pas besoin également, d'un précis de mécanique, le plus détaillé possible, pour nous repérer, dans cette organisation si complexe? Sans quoi "démontage" et "remontage" seraient voués à l'échec, et "descendre dans son gouffre intérieur", comme vous l'écrivez de cette formule percutante, ressemblerait à partir en expédition spéléologique, en tenue de jogging...

    Peut-être cette science n'est-elle encore qu'à ses balbutiements, et nous réservera-t-elle bien des surprises, non?

    Freud n'est peut-être que l'Archimède de cette science, qui attend son Newton. Tout cela donne le vertige, non?

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  2. Freud nous en a convaincus. Un rêve, à plus forte raison un songe, peut être lourd de signification. La nuit dernière, monsieur l’abbé, peut-être inspiré par l’homélie de mon curé sur l’évangile de Marc 7,14-23 (de ce mercredi), sur le pur et l’impur – où il faisait une parenthèse sur certaines exigences rituelles des tradis qui rendraient d’une certaine façon la liturgie et donc la célébration eucharistique impure si elles n’étaient pas observées –, bref, cette nuit, j’ai fait le rêve suivant.
    Un prêtre, l’un de mes confesseurs (le plus habituel), recevait dans une pauvre chapelle un groupe de fidèles traditionalistes, dont le célébrant, qui ressemblait à Mgr Fellay (en plus jeune), était revêtu d’une chasuble dorée et chamarrée, La célébration à peine commencée, un grand escogriffe qui chantait un assez beau cantique, s’est brusquement mis à cracher du feu, c’est-à-dire qu’il s’est véritablement mué en cracheur de feu. Cette bizarrerie a eu la conséquence suivante : j’ai plongé dans un profond sommeil qui m’a fait manquer la messe, sommeil ayant duré plusieurs heures. A mon réveil, j’ai trouvé quelques personnes inquiètes à mon chevet, du groupe de tradis en question. Quant à moi, j’étais dans la paix, quoiqu’un peu troublé par la vision persistante de l’escogriffe cracheur de feu.
    Je vous saurais gré, monsieur l’abbé, de m’aider à y voir clair dans l’interprétation de ce rêve. Bien cordialement, à vous.

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  3. A quoi sert de démonter le mécanisme ?
    A connaître le fonctionnement psychique humain, bien sûr.

    D'où vient cette agressivité anti-freudienne dans nos milieux cathos ? Freud dirait qu'elle est une défense née de l'angoisse de deviner en nous des chose qui nous échappent.

    Vous pensez ma réflexion un peu facile ? alors pourquoi donc cette agressivité ? il suffirait d'ignorer, de passer outre si tout cela ne tenait pas debout.

    Freud a étudié l'économie du psychisme, le fonctionnement de l'inconscient à travers l'organisation d'une part du refoulement, d'autre part de la sublimation des pulsions. Il n'a pas trifouillé dans des choses sales et honteuses...
    La psychanalyse s'adresse à des gens qui ont un mal-être. Il ne s'agit pas du Bien et du Mal. La psychanalyse n'est pas une philosophie mais une clinique. Ses patients ont pour la plupart une névrose. Ils se sentent mal, ils ont de mauvais rapports avec les autres. Ils vont de dépression en dépression.
    Et il se trouve, hélas, que, pour aller mieux, la confession ne suffit pas ni la présence d'un Père spirituel...
    Vous connaissez tous, chers confesseurs, de ces gens mal dans leur peau.

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    1. Réponse absolument parfaite à laquelle j'adhère totalement. Certains confesseurs se prendraient pour des psychanalystes en s'invitant dans l'intime de l'âme. J'ai vu des catastrophes affectives engendrées par de tels personnages, notamment sur la gent féminine sur laquelle ils exercent une fascination parfois. Les dégâts sont parfois terribles sur les familles et sur l'inconscient des enfants. Je crois qu'un confesseur se doit d'écouter et de transmette le pardon de Dieu, point final. Si le repenti n'est pas sincère, Dieu n'a pas besoin de lui pour s'en apercevoir!!

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  4. C'est vrai, à la fin de sa vie, comme beaucoup de "découvreurs", Freud s'est mêlé de philosophie, là effectivement se trouve la limite de sa science de médecin neurologue. Par ailleurs, en tant que Juif, n'oublions pas qu'il n'a pas accés à la notion de Rédemption. Cela dit il n'est pas inintéressant de lire "Moïse et le Monothéisme", par ex ; la horde des fils ayant tué le Père : est-ce si farfelu que ça, pour nous qui connaissons, en France, des psychodrames réguliers sur ce thème tragique qui ne cesse manifestement de nous hanter (les Révolutions) ?

    Non, m.l'abbé, la psychanalyse ni Freud ne croient pas "qu'il n'y a pas d'autre dimension dans l'homme que le psychisme", ne croient pas non plus "que le démontage est suffisant". Leur finalité est la guérison de ce psychisme en facilitant son accès à la personne souffrante elle-même par découverte de moments vécus traumatisants dans le passé, "oubliés" pour mieux survivre. Quand cet "oubli" est suivi de désordres et de mal-être, s'il est toxique, il vaut mieux le faire revivre afin de ne plus survivre mais de vivre.
    S'il est bénéfique, laissons-le là où il est. Les personnes qui se portent très bien avec leurs refoulements et leur conscientisation, n'ont que faire de la psychanalyse et c'est très bien ainsi. Sauf bien sûr s'ils font souffrir les autres...ah bon ? ça n'arrive pas ?

    Il a bien fallu que la Médecine étudie le corps humain, pourquoi nier qu'il y ait un psychisme et qu'il soit légitime d'étudier son fonctionnement ?
    Que l'une des sources de la morale et de la religion soit l'esprit magique, c'est-à-dire l'angoisse (de séparation) cela prouve-t-il l'inanité de la religion ? cela prouve-t-il l'inexistence de Dieu ?
    Mais au contraire ! Cela prouve qu'elle sont nécessaires à l'Homme.
    Il n'y a point d'Homme sans l'angoisse. C'est un point d'ancrage à la grâce, c'est une ouverture par laquelle l'Esprit va pouvoir s'engager afin d'opérer sa "réparation".

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  5. Comment pouvons-nous continuer à nier, dans nos bons milieux, l'angoisse et l'agressivité ? cette énergie bouillonnante qu'on DOIT apprendre à refouler pour une part, à canaliser et à sublimer pour l'autre part. Ne pas vouloir la voir, c'est "cacher ce sein".
    Ignorer cette houille blanche qu'est la libido, tout cela parce que les traducteurs de Freud, qui était allemand, n'ont su trouver que "sexualité", c'est demeurer dans une posture scandalisée qui ne fait rien avancer du tout. Il arrive que l'Homme soit un loup pour l'Homme, est-il faux qu'il existe des pervers ? Qu'en faire ?

    Prenons un exemple, toute mère de famille ayant allaité ses enfants, sait qu'un petit accroché au sein y trouve un plaisir démesuré, devenant tout rouge et le mordant (c'est vraiment désagréable). Il y met une énergie plus grande que lui, il y met TOUT son bonheur, c'est impressionnant, c'est vraiment édifiant pour qui s'intéresse à la nature humaine. Alors, je vous l'accorde, ne parlons pas de "sexualité", dans ce cas, mais de libido et d'agressivité, force de survie, force de Vie. Eh bien, il y a des mères qui supportent mal cela, ce plaisir les rend mal à l'aise, alors elles deviennent froides ou bien elles grondent l'enfant qui les regarde avec étonnement, parfois il n'ose plus boire. Il y en a même qui ont des gestes punitifs...

    Alors, oui, attention au re-montage, mais je dirais plutôt : attention au montage, et là il s'agit d'éducation. Comment pouvons nous intervenir dans la construction de cet ego infantile afin qu'il ne se croit pas Tout-Puissant ? ni par ailleurs qu'il soit systématiquement refoulé à cause de nos propres peurs et refus de voir ?
    C'est le devoir de parents chrétiens éclairés. Cela permettrait d'éviter des éducations soit laxistes pour invertébrés, soit outrageusement sévères, comme on peut en voir chez certains bons Tradis : gamins maintenus à genoux trop longtemps à la Messe ou marchant à toute vitesse de force au pélé de Chartres maintenus par la main de fer de pères déguisés en soldats, et pleurant (j'en ai vus qui suppliaient!); filles de 15 ans obligées de porter jupes longues à la Mormon et foulards 19è s. sur la tête, dès qu'on passe à l'église ; sermons de certains prêtres toujours axés sur le diable alors évidemment on finit par en voir la queue tout-le-temps et partout).

    Le maître de la connaissance du psychisme de l'Homme, c'est le Christ, Lui qui lie ou délie ; Lui qui décharge le psychotique de ses démons qui se projettent dans les porcs, porcs qui vont se noyer (quel passage !). Il met de sa salive sur la bouche du muet ; il donne à manger à la jeune fille endormie ; il permet aux malades de DIRE ce qu'ils veulent.
    Et quand ils n'arrivent pas à dire, Il leur permet de toucher (hémoroïsse), de crier (possédé), il dessine lui-même sur le sable ou écrit le processus de sa pensée sur la souffrance qu'il a devant lui ou la traduit ainsi.
    Il n'interdit pas aux médecins de soigner le psychisme, Il leur montre l'exemple.

    Car il sait bien que "Dieu a créé l'homme psychique et l'a sauvé homme spirituel" st Paul

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  6. Et bien, cher Monsieur l'abbé2T, vous avez ouvert la boîte de Pandore, à vos fidèles lecteurs, on dirait! Il va falloir se mettre - aussi- à l'interprêtation des rêves, en plus de vos programmes de lectures hyper-chargés...

    P.S. Merci à Denis, de nous avoir décrit son très intéressant - et beau - rêve. Je ne me risquerais à aucune explication mais il me semble fort riche, et passionnants les commentaires des métablogueurs.

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  7. Le topo du curé de Denis lui a permis de s'avouer à lui-même à travers son rêve qu'il n'avait pas grande estime pour le grand escogriffe !
    Il soupçonne même le pire chez cet homme.
    Ou bien Denis est-il en danger à cause du grand escogriffe ? Denis est-il petit ? (pardon Denis, "tout ce qui est petit est gentil" !)
    Ou bien connaissons-nous tous ce grand escogriffe et le propos de Denis n'est pas aussi innocent qu'il en a l'air.
    "Le grand escogriffe" est un propos qui isole , qui stigmatise, qui marginalise. Façon de montrer du doigt et de souligner la bizarrerie. Les gens "space" ont pour l'homme du commun un aspect lunaire, unique. Est-ce pour autant que leur point de vue n'est pas fondé ? pour moi, je trouve qu'il est bon et salutaire d'être autre dans ce Monde et de penser autrement que le Monde.

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  8. A tous les commentaires for riches qui ont déjà été postés sur cet article, je ne voudrais ajouter que ces trois observations:

    -la première humoristique: comment votre enfant fait-il pour mordre le sein de sa mère alors qu'il n'a pas de dents?

    -L'obsession sexuelle de Freud ne relevait quand même pas que d'une mauvaise traduction du mot latin "libido". Que n'allait-il pas chercher dans la constipation des enfants dans ses "trois essais sur la théorie de la sexualité!" Et encore, sa description des perversion ssexuelles est-elle vraiment purement clinique?

    -Ce qui me semble beaucoup plus important à souligner est que Freud croyait en une "dette collective". Il ne concevait pas que le meurtre de la "horde primitive" restât impuni. Freud a cet immense avantage sur nos théologiens contemporains qu'il n'isole pas le sentiment de culpabilité ni la religion sacrificielle de l'instinct religieux primitif. Tout vient pour lui de "la peur du contact". Lui-même éprouve cette peur jusqu'à vouloir rester sourd à l'inconnu de la musique, trop profondément ancrée dans "le sentiment océanique". L'une de ses premières patientes lui dira:

    "Noli me tangere", "ne me touchez pas". Ni son, ni tact, ni vision que de biais. Oui, freud croyait à "la dette collective". Il n'était donc pas du tout anodin que la transmissibilité du péché originel fût ce qui resta finalement le plus opératoire dans l'héritage freudien: la déserrance, l'accusation des parents pour se justifier à bon compte. Car dès qu'une psychologie cherche à faire son apologie, elle manifeste son besoin de justification. Et l'on ne peut se justifier que sur le dos d'un autre, à moins que l'on ne prenne le joug et la Justification de Celui qui a tout pris sur son dos, Jésus-christ, notre Seigneur!

    -L'ennui est pourtant que freud ait retourné cette "dette primitive" de fratricide en parricide. C'est sans doute un des effets de l'égocentrisme de sa clinique très subjective. Freud a-t-il seulement envisagé la fratrie comme lieu de rivalité? A-t-il pensé la famille en dehors d'une logique très nucléaire? Et ceux qui sont "sans famille" ne sont-ils pas les ignorés du freudisme?

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  9. @ Thierry
    Merci pour votre regard bienveillant.
    Au frère internaute anonyme :
    Quoi qu’il arrive, « le Monde », comme vous l’appelez, a besoin que l’on vienne à lui. Que l’on descende ou condescende pour se mettre à sa hauteur. Je me souviens d’une vidéo où l’abbé 2T débattait du mariage homosexuel, il m’a semblé qu’il cherchait à se mettre, par charité, à hauteur de son contradicteur, sans pour cela marchander ses convictions.
    « Tout ce qui est petit est gentil » ; tout dépend ce que vous entendez par "petit" ! (soit dit en passant, du haut de mon mètre quatre-vingt-douze, taille escogriffe).

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  10. A Julien,
    - Freud a largement pensé la famille autrement que nucléaire à cause de ses origines juives.
    Néanmoins, sa clinique s'adresse à des individus (ou des personnes), voilà pourquoi elle n'échappe pas à ce que Julien nomme l'égocentrisme. L'étude de cas n'est pas une étude des masses (laborieuses ou pas), Freud n'est pas un sociologue. Néanmoins on repère des bases solides pour l'ethnopsychanalyse).
    - L'accusation d'auto-justification d'une "psychologue" (ce que je ne suis pas) me paraît un peu rapide et générale. Non, ce qui me poussait à répondre est l'attitude fermée, la censure et l'auto-censure, au sujet psychanalytique de beaucoup de chrétiens bien-pensants, souvent cathos tradis.
    - On ne peut envisager l'élaboration de l'oeuvre Freudienne en dehors de son siècle, ce 19è marqué par l'hystérie, c'est-à-dire la mise en scène de conflits psychiques largement marqués par une obsession sexuelle due au puritanisme ambiant (mauvaise image de la chair opposée à l'esprit, ce qui rapproche d'ailleurs Protestantisme et Judaïsme).
    Son "obsession sexuelle" n'est donc que le reflet des névroses de ses clients, en particulier les jeunes femmes dont la bienséance voulait qu'elles soient comme des anges.
    - Les travaux de la psychanalyse sur le symptôme de la constipation par ex. (c'est vous qui avez amené le sujet) ont permis de sauver les enfants des épouvantables lavements dont se souviennent encore certaines personnes très âgées ayant connu ces actes barbares qui les ont rendus constipés à vie. Vous ne rencontrez plus jamais ces choses-là, heureusement.
    - La per-versité polymorphe infantile n'est pas un jugement moral mais une observation tirée de la réalité. Les adultes sains s'en défendent car ils l'ont oubliée (c'est normal et bien plus agréable) mais les adultes pervers s'y sont fixés pathologiquement.
    - Pour terminer, toute mère vous dira qu'il n'est pas besoin de dents au nourrisson pour mordre. La douleur ressentie lorsqu'il ferme ses gencives (pas molles du tout les gencives ! et pas rondes !) sur le sein, est assez atroce. Surtout lorsqu'il fait des mouvements de cisaille, peut-être justement pour "se faire les dents", c'est d'ailleurs le signal d'un éventuel et souhaitable sevrage (à effectuer en douceur et de façon progressive).
    -"Et ceux qui sont "sans famille" ne sont-ils pas les ignorés du freudisme?..
    N'est-ce pas là une revendication récurente Julianesque ? Je la prends au sérieux. J'entends votre plainte.

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  11. - Denis, oui mais il y a un Monde pour lequel Jésus n'a pas voulu prier...
    - Oui, moi aussi j'aime bien chez l'ab2t cette façon qu'il a de bien vouloir dialoguer avec tous, de ne pas craindre le débat, d'être ouvert, d'être simple, de refuser les conventions faciles et stériles : voilà un bien sympathique grand escogriffe (oh! qu'ai-je dit là ?) mais c'est aussi un grand esprit. Je trouve pour ma part que c'est à la fraternité Saint-Pierre qu'on trouve le plus de ces sympathiques atypiques plus intelligents que les autres et aussi très gentils. Masi ceci est une réflexion toute perso et n'entre pas dans le débat.
    A propos d'escogriffe : donc c'était vous le cracheur de feu ? je comprends que cette révélation de votre inconscient vous ait mis KO.
    (Je plaisante) Bien cordialement.

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  12. Je vois que la discussion se prolonge, du coup j'ai envie de mettre mon grain de sel, à propos du rêve de Denis! Attention, je ne connais pas la science des rêves, c'est donc une simple petite piste, à peine esquissée...

    Le passage qui m'a le plus frappé, dès la première lecture, est le suivant: je cîte Denis:

    "Un prêtre, l’un de mes confesseurs (le plus habituel), recevait dans une pauvre chapelle un groupe de fidèles traditionalistes, dont le célébrant, qui ressemblait à Mgr Fellay (en plus jeune), était revêtu d’une chasuble dorée et chamarrée..."

    Il y a un rapport inversement proportionnel, si je puis dire, entre le saisissant effet du célébrant, "revêtu d'une chasuble dorée et chamarrée", et la "pauvre chapelle", comme si cette dernière était magnifiée par son extrême sobriété (ce qui est d'ailleurs conforme aux valeurs chrétiennes) tandis que le personnage richement vêtu, est un peu dévalorisé par une apparence un peu...comment dire?...un peu "bling-bling", doré sur tranche et recouvert de médailles, comme le sont ces maréchaux d'opérette, du haut du buste jusqu'en bas de la veste d'uniforme.

    Un peu comme si Denis souffrait d'une contradiction, entre l'admiration convenue et de bon aloi, qu'il portait à tel ou tel, tandis que son émotion la plus sincère, vîbrait à la présence de son confesseur, un intîme donc, de sa piété réelle, dans cette humble chapelle, un cadre parfaitement approprié à l'expression de sa foi profonde.

    Le grand escogriffe, tout en chantant un assez (notons le relatif ASSEZ) beau cantique, se mit tout à coup, à cracher le feu (qui embrase les ténèbres) de sa perplexité spirituelle, ce qui a pour effet de le plonger dans les bras de Morphée, peut-être pour éviter la confrontation, qui se perpétue d'ailleurs, après son réveil, ce qui inquiète à juste tître, les témoins de la scène.

    Bon j'dis ça, j'ai rien dit, comme on dit en banlieue, paraît-il!

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  13. @ Anonyme et Thierry.
    Merci pour vos commentaires. De fait, depuis jeudi matin, je me demande si l'escogriffe en question, ça n'est pas moi. Et j'accepte volontiers votre vision des choses.
    Et j'ai bien conscience que le patient allongé sur le divan est le dernier à pouvoir dire son mot.
    Mais n'étant pas traditionaliste, et souffrant du manque d'unité dans l'Eglise suscité par le mouvement lefebvriste, j'aurais plutôt tendance – désolé – à voir en l'escogriffe cracheur de feu le célébrant et prédicateur traditionaliste. Et à voir, par exemple, dans ce long sommeil qui étreint le fidèle ordinaire que je suis, les 50 années qui se sont écoulées, marquées par cette désunion, depuis le concile – le "confesseur habituel" étant simplement, dans cette interprétation, l'Eglise "conciliaire" ou plus simplement fidèle au magistère du Pape.
    Et le réveil étant, dans cette vision des choses, le moment où le Successeur de Pierre prend sa décision finale touchant la FSSPX ? Inquiétude chez les tradis si l'excommunication est prononcée. Et trouble pour votre serviteur de voir une Eglise schismatique de plus partir à la dérive…
    Un détail : je suis né en 1956, j'ai été catéchisé pendant le concile, c'est à cette époque que j'ai appris, en confession, à distinguer le pur et l'impur. L'impur : "ce qui sort de l'homme". Les condamnations incessantes de l'Eglise par certains traditionalistes ? Les commentaires de l'escogriffe que je suis ?
    On pourrait longtemps tourner en rond comme ça.
    Ce qui est sans doute le propre du registre "psy".
    Oublions tout ça. Et laissons le seul "spi" gouverner notre barque, derrière celle de Pierre.

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