jeudi 24 mai 2012

Et pan!

Je trouve dans «Lettre à Nos Frères Prêtres» (mars 2012) cette citation extensive de trois monstres sacrés de la variété française, tirée de «Le Forestier, Souchon, Clerc : la rencontre» (propos recueillis par Sophie Delassein, Le Nouvel Observateur, 27 octobre 2011) – Et c'est... comment dire? Jugez vous-même.
Alain Souchon : J’ai été élevé dans la religion catholique, avec communion, confirmation et tout le bazar. J’y prenais du plaisir, j’aimais bien rencontrer le prêtre qui s’occupait de nous au collège Claude-Bernard. Après, j’ai abandonné tout cela doucement. Ce qui ne m’empêche pas d’aller de temps en temps à la messe. Mais comme ça m’ennuie, j’y vais rarement. Je ne suis pas anticlérical comme Maxime.
Maxime Le Forestier : La musique dans les églises a mal évolué.
Alain Souchon : Je suis d’accord. Les cantiques ne sont pas bien…
Maxime Le Forestier : …Et ce depuis Vatican II.
Julien Clerc : Disons-le carrément, quitte à passer pour des réactionnaires : Brassens avait raison, c’était mieux avant quand la messe était en latin.
Maxime Le Forestier : Bien sûr. Ils avaient dix siècles de culture musicale, du grégorien, et ils ont effacé ça d’un trait de plume pour le remplacer par Les Prêtres, les trois oiseaux qu’on entend chanter sur les ondes.
Julien Clerc : Même à l’église, ce n’est pas terrible, les cantiques en français ne sont pas bons.
Alain Souchon : Mais même des trucs simples comme Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, j’aimais bien. Maintenant, tout est gnangnan, moche.
Maxime Le Forestier : Ça ne peut plus durer : écrivons de la musique sacrée!
Alain Souchon : C’est pas idiot, on va se remplir les poches avec ça, mon gars!

14 commentaires:

  1. Ouaaaaahhh, ça décoiffe !
    Cela dit, ce genre de personnages qui se trouvent si "confortables" dans les hauteurs de leur admirable recul critique mais qui bien sûr n'auront jamais trempé leur chemise pour faire changer les choses avec foi et charité peuvent rester là où ils sont : ils sont tellement malins !
    De toute façon, ils ont tort ; on voit qu'ils n'y connaissent rien, il y a de magnifiques chants dans l'Eglise actuellement.
    En voici quelques exemples tirés de l'immense trésor de chants actuels, souvent créations de l'Emmanuel mais pas seulement, de bien d'autres aussi comme frère Jean-Baptiste de la Sainte Famille, carme, créateur de "Jubilez, criez de joie" .
    En voici plus d'un titre :
    1) sur les paroles du curé d'Ars "Je vous aime O mon Dieu et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au dernier soupir de ma vie" www.youtube.com/watch?v=jhhz3T4Pnno
    2) psaume 97 : www.youtube.com/watch?v=X5VATXPcsV419
    3) Céleste Jérusalem : http://www.chantez-online.org/chant.php?ID=2330
    4) sur des paroles de Mère Térésa :"Choisis la Vie"http://richelieu.blogspace.fr/1535660/Chant-Choisis-la-vie/
    5) "Je veux chanter mes hymnes": http://www.abiif.com/pages/chants/chantsmp3/je_veux_chanter.html
    6) "Il est temps de quitter vos tombeaux" : http://www.youtube.com/watch?v=1oQan5KAImk
    7) bien sûr "Marie couronnée d'étoiles" : http://choralegrenoble.free.fr/chants/2005/couronnee_d_etoiles.mp3
    8) "Plonge-moi dans ta rivière d'Amour" : http://www.youtube.com/watch?v=19CbPSE_0yU
    9) "Tu es là présent livré pour nous ": http://www.youtube.com/watch?v=o93YbZfEw6A

    Et tant et tant d'autres...

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  2. Et dire qu'on chante parfois du Maxime Leforestier (ou du gérare Lenormand) dans les églises.

    Mais si, Souchon a fait un cantique:
    "Abdelgaman, ..., david,
    Et si le ciel était vide..."

    J'avoue... que, composant parfois à la va-vite des cantiques pour le dimanche matin du temps que j'officiais comme pianiste accompagnateur à Lariboisière (l'orgue était en restauration), il m'arrivait de le faire en cinq minutes.

    J'avais repéré le procédé dont usaient ceux qui écrivaient des "chansons d'Eglise" plus que des cantiques: raymond foe (excusez l'orthographe), Jean-claude Gianada (qui a fait de belles choses) et tout le toutim: un refrain bien amené, quelques couplets où vous placez quelques mots à faire rimer comme "frontière" (pour dire qu'il n'y en veut plus), et "guerre" (pour dire qu'on est contre). Sahme on me qui ai fait ça !

    Depuis une quinzaine d'années, l'esprit de sérieux a repris les compositeurs de cantique. On se croit recueilli parce qu'on chante en mineur. En fait, on ne fait que de la louange triste. Essayez de faire chanter le "gloria" d'etienne daniel ou quelques pièces de Marcel godard. Ca n'a pas de mélodie, impossible de faire chanter une assemblée, comme c'est l'objectif dans le nouvel ordo. C'est pire que feu Joseph Gélineau ou ou feu Lucien deiss, qui, à mon avis, détient la palme du cantique inchantable et pas populaire. Car la difficulté est là: composer, avec les ressorts de l'art, une mélodie populaire sans faire de la chanson, mais assez simple pour trotter dans les têtes et trotter dans les coeurs.

    Quand vous entendez un cantique comme:
    "Nouris du même pain, joyeux du même vin, nous sommes le corps du christ",
    vous avez envie de danser la valse. C'est populaire, et un peu ridicule. Quant au vieil air de:
    "Agneau de Dieu Qui prend nos péchés", après lequel on a envie de s'écrier:
    "Ho hé !",
    autre 6/8, cette mélodie pastorale a fait les beaux jours des JMJ de Paris sous le titre:
    "Maître et seigneur". comme quoi, on peut recycler de vieilles mélodies populaires, ce n'est pas ce qu'on fait de pire, ça n'empêche pas que ces vieux cantiques ont eux aussi mal vieilli!

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    1. Dommage, Julien, vous n'avez pas l'air de connaître tous les magnifiques chants de l'Emmanuel ? c'est pourtant de la louange et loin d'être triste ! au contraire, très gai et en même temps digne de Dieu. Tout ce que vous citez est effectivement dépassé. C'est fini, on ne chante plus cela dans les paroisses qui ont pris conscience du renouveau spirituel et bien voulu accueillir les jeunes générations. Pas toutes, évidemment, pas toutes...
      Par contre, vous, soyez heureux et écoutez ces beaux chants sur Youtube ( ça aussi c'est une chance : internet ) ou par ex : http://choralegrenoble.free.fr/chants/2006/extrait%2003%20-%20Chorale%20Totus%20Tuus%20-%20Il%20s%27est%20manifeste.mp3
      Ou encore sur notre-Dame des Neiges.

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    2. Je viens d'écouter ce "magnifique" chant sur Youtube : c'est gentillet et ça aurait peut-être sa place dans une veillée de louvettes...
      J'ai la faiblesse de lui préférer celui-là : http://www.dailymotion.com/video/x10xyd_gregorio-allegri-miserere-mei-deus_music.
      Ou bien, si l'on veut du "très gai et en même temps digne de Dieu" : http://www.youtube.com/watch?v=F9OR2CqJ0rs&feature=related

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    3. RRRhhôôô ! mais Michel, comparez ce qui est comparable !
      On parle cantiques d'assemblée, polyphonie ordinaire et vous rétorquez concerto liturgique pour vendredi saint ou opéra pour une voix, certes admirable et angélique !
      Evidemment qu'on aime mais faites chanter l'assemblée avec ça !
      C'est bien beau de faire le connaisseur superbe et dégoûté mais ça ne tient pas. Quant aux louvettes, gardez-vous de mépriser leur façon de jouer, chanter, louer. Ce sont elles l'Eglise de demain, monsieur le vieux monsieur grognon et ce n'est pas avec vos mélodies classiques pour spécialistes que vous les attirerez à la Messe.

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    4. Haa, je comprends mieux comment sont faits les fameux et fumeux chants du missel rouge (et d'autres), qui ne signifient pas toujours grand chose, et qui sont souvent idiots, chantés sur des airs niais, à vous dégouter de la messe qui devient vite une punition, puis un supplice chinois de chaque dimanche, puis plus rien (c'est vrai quoi, on n'est pas masos)
      Bon, poursuivez, je ne faisais que passer.

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  3. Et que dire de l'horrible "Alleluia de Taizé" (Allelou, alle lou-lou...!) qu'on nous ressert à toutes occasions, comme si le répertoire d'église n'en avait pas d'autres ? Jusqu'à une date récente, je ne connaissais par l'origine de la "mélodie" et des "paroles", ou plutôt les onomatopées : cu-cu, gnan-gnan, guimauve jusqu'à la nausée, et aussi informe et dégoulinante de bons sentiments que la théologie de cette communauté. Ah! Haendel, Mozart ...

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  4. Non au secours, pas les chants de l’Emmanuel ! Musique trop facile, toujours un peu identique et toujours sentimentale.
    Faut-il donc enterrer nos beaux cantiques catholiques ?
    Et le Grégorien ? Jamais sentimental, jamais mièvre ! Il « colle » à la Liturgie. Il n’a pour but que d’amplifier la prière.
    Il y a vraiment toute une éducation à refaire : Ecouter le Grégorien, l’apprécier et l’apprendre avec toutes ses nuances. C’est du travail. Pour notre Dieu, ne faut-il pas le meilleur ?
    Benoîte
    ,

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    1. tout a fait d'accord avec vous

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  5. Franchement, tous les cantiques de St Louis Marie Grignon de Montfort étaient harmonisés sur les ritournelles de son époque et certaines étaient assez pitoyables !
    On a vraiment l'impression, en lisant certains, que l'Eglise doit se figer sur la fin du XIXème siècle et n'en plus bouger, que ce soit en théologie ou en liturgie...
    Certes il y a le grégorien !
    Mais heureusement qu'on a, à côté, des chants en phase avec notre époque et qu'on n'impose pas aux catholiques d'Afrique "Catholiques et Français toujours" !
    Oui, il y a une bonne production actuelle : certains chants de l'Emmanuel sont absolument superbes (Nous te rendons grâce...) ou encore le Anima Christi de Frisina...

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  6. Chère anonyme,

    J'ai écouté ce que j'ai pu des liens que vous nous avez aimablement proposés et vous livre ce que j'en ai pensé à travers mes notes prises au fil de l'écoute :

    1. Louange contemplative, mais rythme sans syncope ni respiration, pas davantage de modulation, on reste, d'oreille, en mi mineur tout le chant dont la mélodie n'est pas facile à s'approprier ; belle polyphonie simple à deux voix au couplet, voix bien teimbrées pour les deux hommes et pour les deux femmes, mais on est gêné par le mélange de l'orchestre symphonique et des guitares, qui ont une fonction de batterie (ou de boîte à rythmequ'ellesremplissent sans l'assumer ;

    2. Psaume 97 : plus syncopé, psalmodie simple, dont l'originalité est d'être accompagnée à la guitare et de faire l'objet d'une vraie surprise et suspension harmonique à la fin de chaque refrain et strophe ; bonne idée de l'avoir fait exécuter par des voix d'hommes, mais on reste en mineur et on ne module pas ;

    3. Les quelques secondes de "Céleste Jérusalem" que j'ai pu entendre me
    préviennent favorablement, parce qu'en général, les chants de la communauté du Verbe de vie sont mieux inspirés musicalement que ceux de l'emmanuel, trop fourre-tout ; que c'est un chant choral et liturgique non élitiste ; et surtout, qu'on chante en majeur, ce qui n'est pas anodin pour une liturgie des funérailles qui recentre l'espérance sur la Cité céleste ;

    votre quatrième et cinquième lien se refusent à ma navigation, impossible d'activer un lecteur qui me permette de les entendre : les liens youtube sont ceux que je peux consulter le plus facilement, désolé !

    6. Il est temps de quitter nos tombeaux : du rythme pour le rythme, toujours en mineur sans modulation et, le pire, des syncopes à la fin des phrases, au moment où l'on pose sa voix pour respirer et où, comme me le disait l'une des sœurs qui fut parmi mes premières institutrices, "il faut poser la dernière note comme sur un tapis" ; faire une syncope sur une dernière note, c'est comme se provoquer des crises de tachycardie ;

    7. On peut faire à "Marie, couronnée d'étoiles" les mêmes reproches qu'aux chants précédents, si ce n'est que sa réussite a consacré ce chant, parce qu'il est composé avec une réelle ingéniosité mélodique et théologique : mélodique, il revient à la fin du couplet sur ses pas comme un "ave", on dirait un peu le "je vous salue Marie" de chartres, il a l'air de tourner en rond, comme se répète un chapelet, comme se couronne la forme de la rose ; mais ingéniosité théologique aussi parce que cet "ave" reprend la théologie de l'Assomption et nous fait saluer humblement Notre-dame en sa gloire ;

    8. "Plonge-moi dans ta rivière d'amour" me laisse sceptique. Je reconnais à la mélodie d'être simple et facile à s'approprier, mais pourquoi toujours en mineur et immodulée ? Mais je crois surtout que c'est l'interprétation qui me gêne : avoir une "âme rafraîchie" sous des roulements de caisse claire illustrant un rythme tropuniforme, je n'en vois pas réellement l'intérêt.

    9. Quand je recopie votre neuvième lien, mon navigateur me répond : "Youtube Broadcastyourself".

    J'écouterai ce que vous m'avez conseillé dans votre second commentaire, mais la journée s'avance.

    Belle fête de Pentecôte


    J. weinzaepflen

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  7. Les cantiques sur air de valse et autres niaiseries persistent dans les messes traditionnelles et c'est catastrophique. Cela continue de discréditer la liturgie. Sachons balayer devant nos portes!

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  8. "Jubilez, criez de joie" il paraît qu'il y a eu ça au pelé de Chartres et ceux qui l'ont raconté ont trouvé cela tout à fait horrifique, je suis bien de leur avis !

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