lundi 3 décembre 2012

Une réponse sur la Chine chrétienne

Mon mystérieux correspondant m'a envoyé cette réponse aux posts de commentaires à propos du Colloque de la catho (association EECHO et AED en partenariat). Je le publie volontiers : la Chine est certainement un champ d'apostolat considérable où le christianisme est actuellement à la mode. La révolution personnaliste chrétienne est nécessaire là bas plus qu'ailleurs!
S'agissant du texte de mon courriel que l'Abbé de Tarnoüarn a eu l'amabilité et la grande gentillesse de mettre sur son blog, j’essayerai de répondre à tous ceux qui doutent des récentes découvertes archéologiques et donc purement scientifiques comme St Thomas a douté de la résurrection de Jésus. Constatons que le doute est humain et qu'il traverse l'histoire. Au-delà du doute il y a le soupçon. Et c'est ce que Satan a insinué dans l'âme d’Ève, puis d'Adam, puis...de Nietzsche, de Freud, de Darwin qui étaient il y a encore peu, les maitres du soupçon, et qui sont maintenant morts ! Je veux dire que leurs théories qui ont détourné de la foi des centaines de millions de personnes sont maintenant démontrées scientifiquement comme fausses !
Quand on compare le résultat de l’évangélisation de Paul à celui de Thomas, 2000 ans après, il n’y a pas photo ! 11 millions de Grecs plus 300 000 Turcs encore Chrétiens (toutes dénominations confondues), contre 40 millions en Inde et 12 millions en Chine des seuls Catholiques. Avec notre déformation cartésienne nous avons donné la priorité de la Vérité aux écrits de Paul, en oubliant que nous avons maintenant la preuve scientifique que l'oral a gardé intact, au mot près, la totalité des Évangiles sur 1200 en Orient !

L’annonce de la seule et unique Bonne Nouvelle de Jésus-Christ fut en fait beaucoup plus efficace pour convertir et maintenir la foi, que tous les commentaires philosophico-rabbiniques de Paul !

Ce colloque dans lequel se sont exprimées de grosses pointures scientifiques, théologiques et pastorale avec messe chaque jour intégrée a vu l'intervention du N° 2 de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Mgr Hon Taï Faï qui a célébré la messe soutenue par uniquement des chants en chinois d’une suprême beauté) venu spécialement du St Siège pour soutenir et encourager les recherches effectuées par les membres d'EECHO qui sont suivis de très près par Benoît XVI, qui y voit la nouvelle école de théologie française, ayant 20 à 30 ans d'avance !

Concernant le Confucianisme, interrogez des Chinois qui vivent en France : tous vous diront que cette philosophie est oppressive et que c'est pour cette raison que le pouvoir en place a toujours voulu l'imposer pour soumettre le peuple!

Concernant, le taoïsme et le Bouddhisme, "je ne suis pas chargé de vous faire, croire, mais de vous le dire" comme disait Bernadette à son Curé ! Si vous n’êtes pas convaincu, comme moi, il y a encore 2/3 ans, alors lisez la sutra (de souartha en araméen qui signifie : bonne nouvelle !) du Lotus et la sutra des 42 articles, et jugez par vous-même, si ce n'est pas l’Évangile enseigné par Thomas dont on a enlevé tous les noms propres pour faire face à des siècles de persécutions qui ont exterminé des centaines de millions de Chrétiens ! Il fallait bien qu’ils se protègent comme à Rome dans les catacombes !

Et si vous doutez encore, lisez tous les livres de Pierre Perrier, qui n'est pas un clerc mais un laïc qui travaille depuis 40 ans les origines orientales du Christianisme et l'oralité des Evangiles ! Pierre Perrier raisonne en pur scientifique qu'il est : ingénieur Sup Aéro, concepteur de l'aérodynamisme de tous les avions Marcel Dassault, membre de l'Académie des Sciences, membre de l'Association des Scientifiques Chrétiens. Mais il a la foi et commence chaque journée de travail en allant à la messe à 7 h 30 !

Achetez aussi les Evangiles de Matthieu et de Marc traduit directement de l'araméen par le Père Frédéric Guigain et là vous comprendrez toutes les phrases qui jusqu'alors vous paraissaient obscures car mal traduites d'araméen en grec !

Fichtre ! Confrontez-vous à la pierre gravée de l’Evangile enseigné par Thomas dès 65 sur la falaise de Koung Wan Shan, ainsi qu’au texte gravé sur ce miroir du IIème siècle avant de critiquer avec des arguments qui ne tiennent pas une seconde la route ! Faites comme St Thomas, vérifiez par vous-même, en allant toucher les pieds du Christ ressuscité : Thomas a eu du mal à se remettre en cause, alors pourquoi pas vous ? Il faut aussi savoir que Thomas était surnommé ainsi car il ressemblait tellement physiquement à Jésus que les apôtres l’ont surnommé le « Jumeau »….sous-entendu de Jésus ! Alors Voyez, touchez, et croyez en la bonne nouvelle de Thomas en Perse, en Inde et en Chine !

dimanche 2 décembre 2012

"Le scepticisme ouvre le vaste champ de la foi"

Voici le premier papier sur mon dernier livre Parier avec Pascal, paru le 23 novembre. Il a été publié par François Bousquet dans le numéros de novembre de Spectacle du monde. Je signale que mardi prochain à 20 H 15 aura lieu au Centre Saint Paul une conférence débat sur ce livre...

Mon but ? Faire comprendre que le pari n'est pas un calcul de probabilité mais une quête de l'évidence de Dieu...
Prêtre traditionaliste, philosophe et homme de foi, directeur du Centre Saint-Paul, l’abbé Guillaume de Tanoüarn publie aux éditions du Cerf, courant novembre, un Parier avec Pascal. (propos recueillis par François Bousquet)
 
Pourquoi Pascal est-il si crucial ?

Il l’est parce qu’il a en quelque sorte ressenti à l’avance, comme aucun autre, la montée en puissance du rationalisme moderne. Son but dans les Pensées ? Trouver une parade à ce rationalisme, au nom de la plus grande intelligence. Du fond de son scepticisme naturel, c’est la raison elle-même qu’il va scruter - les pouvoirs de la raison - en distinguant d’un côté l’esprit de géométrie, fondée sur le principe d’identité, et de l’autre l’esprit de finesse, fondée sur « la grande pensée de la ressemblance ». Que peut dire Pascal à Monsieur Homais, le pharmacien ratiocineur de Flaubert ? La raison ne fonctionne pas uniquement à travers le principe d’identité, il ne suffit pas d’écrire : A = B, B = C, donc A= C ; la raison n’est pas seulement mesurante, elle s’exerce aussi à travers des intuitions et des ressemblances ; nous dirions : des analogies. Pour Pascal, Dieu – l’Infini - est la plus évidente de ces intuitions. Le problème qui se pose à lui, c’est que cette évidence de Dieu n’est pas assez forte dans nos vies. D’où le pari par lequel il veut donner force à l’évidence de Dieu.

Mais réduit à sa plus simple expression, en quoi consiste le pari ?

Ce que l’on appelle pari est en réalité un fragment – un manuscrit de quatre page, raturé et annoté - que Pascal a intitulé : « Infini-rien ». Pascal est hanté par cette idée de l’infini, cette idée des deux infinis, le grand et le petit, si disproportionnés au regard de l’homme. Le pari, stricto sensu, c’est qu’il vaut toujours mieux vivre pour l’infini que de vivre sans l’infini. Pascal le présente comme un calcul, mais on est au-delà du calcul. Il dit d’ailleurs - comme Platon au fond - que si Dieu n’existait pas, il vaudrait mieux être un homme de bien de toutes les façons que de s’être laissé porter par nos désirs.

Peut-on dire de l’œuvre de Pascal qu’elle est un dialogue entre la foi et scepticisme, entre lui et Montaigne ?

On peut évidemment penser que c’est un dialogue entre la foi et le scepticisme, Montaigne n’étant pas uniquement du côté du scepticisme, mais aussi du côté de la foi, puisqu’il meurt au cours d’une messe célébrée dans sa chambre, dans une sorte d’étonnante extase au moment de la consécration. Montaigne et Pascal ont en commun d’avoir posé la relation du scepticisme et de la foi. C’est parce que la raison humaine est impuissante que la foi est nécessaire. Dit autrement : le scepticisme ouvre le vaste champ de la foi.

Quel est le génie de Pascal ?

On pourrait dire du génie de Pascal que c’est celui de la vérité contraire. Vous savez qu’il dit à propos de l’hérésie qu’elle n’est pas le contraire de la vérité, mais l’oubli de la vérité contraire. Il donne ainsi une image de la foi catholique faite de deux vérités contraires. Par exemple, la grâce et la liberté humaine sont les deux vérités contraires autour desquelles, en tant que janséniste, Pascal a tourné, sans jamais sacrifier l’une à l’autre.

Une sorte de dialectique pré-hégélienne ?

Non, parce que la dialectique hégélienne produit une synthèse qui n’est, Dieu me pardonne, qu’une foutaise, alors que Pascal laisse ouverte la dualité de toute approche. Avec lui, le choix n’est jamais fermé. Ainsi cela reste-t-il un pari.

samedi 1 décembre 2012

Du nouveau sur la Chine et l'Evangile

Nous avons fêté le 30 novembre la Saint André. Le frère de Simon Pierre. Un apôtre. Et l'épître de Paul, qu'on lit dans l'extraordinaire rite que j'ai la chance de célébrer, m'est apparue, ce matin, dans les brumes d'un sommeil encore mal dissipé, très affirmative. Trop ? Elle contient, pour finir, comme pour prouver ce qu'elle avance par une autorité surhumaine, une citation de l'Ecriture : "La foi naît de la prédication et la prédication a lieu sur l'ordre du Christ. Mais, je le demande [les hommes] ne l'ont-ils pas tous entendue ? Allons donc ! "Leur voix [ celle des messagers de l'Evangile] s'est répandue par toute la terre et leur Parole jusqu'aux extrémités du monde"" (Rom. 10, 18).

Trop affirmative cette citation prophétique du Psaume 18 ? J'ai eu une réponse aujourd'hui même dans ma boîte mails. L'association Eecho tient ce vendredi et ce samedi, un colloque à l'Institut catholique et je reçois d'un correspondant habituel ce résumé des travaux d'aujourd'hui, qu'il a adressé à plusieurs correspondants et que je souhaite vous faire découvrir (c'est à lire pour ceux qui veulent assister à la suite Rue d'Assas demain) :
Revenant de la première journée du colloque AED-EECHO qui se tenait aujourd’hui à l’Institut Catholique de Paris, je ne peux m’empêcher de vous faire part de l’excellent nouvelle qui suit. En 2009, un Chinois a acquis un miroir antique. Après étude, il s’avère être de la fin du IIème siècle après Jésus-Christ. Il est en parfait état et sa facture est d’une très grande beauté. Il est décoré de 5 frises concentriques avec au centre 4 animaux sculptés. Il est en bronze et mesure 13,4 cm de diamètre. Sa photo se trouve en page 85 du livre pleins de photos : « L’Apôtre Thomas et le Prince Ying » par Pierre Perrier aux éditions du Jubilé. L’une des dernières frises est un texte en vieux chinois très bien conservé et donc très lisible. Après plus de deux ans de travail, les archéologues Chinois viennent en 2012 de le traduire. Le Professeur en sinologie Jacques Grange, l’a ensuite traduit en français et l’on découvre alors ce texte gravé il y a plus de 1800 ans à la gloire de Marie, mère du Dieu unique :
« Les prophéties sont accomplies,
Béni soit le Dieu unique,
La Mère vertueuse témoigne du Fils de l’Homme,
Elle a reçu le Roi de Lumière,
L’incarner fut sa lourde mission,
Les prophéties sont accomplies,
Béni soit le Dieu unique »
Ce texte confirme pleinement ce que la falaise de Koung Wan Shan avait révélé à Monsieur Pierre Perrier en 2008 : Thomas l’Apôtre a fondé l’Eglise en Chine entre 65 et 68 ap. J-C! Venant de l’Inde par bateau, il est arrivé sur la côte Nord-Est et y a fondé une dizaine d’Eglises locales le long du fleuve jaune. 
Il est maintenant démontré que le Bouddhisme du grand véhicule, ainsi que le Taoïsme ne sont que l’enseignement de l’Evangile par Thomas, qui a été laïcisé pour s’incorporer et embellir le Bouddhisme du petit véhicule, qui était né en Inde en tant que pure philosophie d’un sage oriental. L’Empereur, puis le parti communisme ont essayé d’imposer le confucianisme qui n’a jamais « pris » car il prône trop la notion d’obéissance à l’Etat.
Cette embellissement du Bouddhisme du petit véhicule par la sainteté de l’Evangile de Thomas a permis aux millions de Chrétiens Chinois de perdurer, cahin caha, au travers de plus de 19 siècles de terribles persécutions qui ont fait des dizaines de millions de martyrs Chrétiens Chinois pour que vive encore en Chine la foi Catholique jusqu’à ce jour. La Chine est donc un pays Chrétien depuis 1944 ans ! Les quatre principaux Empereurs furent Chrétiens. On mesure mal, à ce jour, les conséquences que ces récentes découvertes vont produire sur la politique chinoise à l’égard de l’Eglise Catholique et des autres églises Chrétiennes en Chine!
Quand on pense que Thomas est l'apôtre qui a douté et qu'il est celui qui est allé - seul - le plus loin, "jusqu'aux extrémités de la terre" (comme Paul est allé très certainement jusqu'aux Colonnes d'Hercule, comme le pense sa dernière biographe Marie-Françoise Baslez. C'est pour cela qu'il est si affirmatif : c'est que lui aussi, des extrémités de la terre, il en revient ou il va y aller.

Je ne peux pas m'empêcher de voir dans la puissance de Thomas une sorte de validation a priori de la grande intuition de Pascal : la foi naît du doute. Son terreau d'origine n'est pas la crédulité mais le scepticisme.

mercredi 28 novembre 2012

Benoît XVI devant la crèche

Voici la critique à paraître dans l'excellent journal Monde et Vie, signée par mon alter ego Joël Prieur et publiée ici avec l'accord du directeur.
C’est le livre que l’on peut offrir sans risque comme cadeau de Noël. L’enfance de Jésus de Benoît XVI vient de paraître aux éditions Flammarion. Après deux volumes publiés sur Jésus de Nazareth, voici comme un portique d’entrée pour la grande œuvre. Nous l’avons emprunté, ce portique. C’est une bonne occasion de méditer avec le pape.

On commence à connaître le style de Benoît XVI… Des phrases simples, précises. Aucune volonté de sensationnel, pas de captatio benevolentiae, pas d’effets de manche, mais une volonté inexorable de s’inscrire au cœur du problème considéré et d’y atteindre par les mots les plus simples, tout en s’y installant de la manière la plus claire. Du côté du lecteur, une seule condition est requise : l’attention. Ce livre est fait de multiples coups de projecteurs sur chaque détail des Evangiles de l’Enfance du Christ. Il faut accepter de le lire lentement. De déguster !

Laissons donc le pape braquer son projecteur et profitons de la leçon de cet auguste professeur….

Voici le chant des anges: «Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la terre aux hommes de sa bienveillance».

A propos de la deuxième partie de ce texte, le pape relève deux choses : l’inexactitude de la plupart des traductions à propos des « hommes de bonne volonté ». Le grec porte « anthropois eudokias »… Eudokia signifie le choix, la bienveillance, ou d’après la traduction liturgique allemande la grâce. Pas du tout l’idée de « bonne volonté », même si elle a aussi du sens. Par ailleurs Benoît XVI s’insurge contre ceux qui veulent souhaiter à Dieu la gloire : « La gloire de Dieu n’est pas une chose que les hommes peuvent produire (que soit à Dieu la gloire). La gloire de Dieu existe. Dieu est glorieux, et c’est vraiment un motif de joie : la vérité existe, le bien existe, la beauté existe. Ces réalités sont en Dieu de façon indestructible ». Et ainsi, on retrouve, jusque dans la nuit de Bethléem la lutte contre le relativisme qui est la grande caractéristique de la pensée du pape et de son pontificat. Est-ce parce que c’est un philosophe impénitent ? Cette référence à l’objectivité divine de la vérité n’empêche pas le pape d’écrire sur la même page, dans un autre registre, celui de la poésie théologique que « le chant de louange des anges n’a jamais cessé. Il continue à travers les siècles sous des formes toujours nouvelles et dans la célébration de la naissance de Jésus il résonne toujours sur un mode nouveau. Jusqu’à aujourd’hui le simple peuple des croyants s’unit à leur mélodie, exprimant par le chant la grande joie que Jésus donne depuis lors à tous jusqu’à la fin des temps ».

J’ai pris cet exemple pour vous faire sentir le cocktail d’érudition, de réflexion personnelle et de poésie mystique qui constitue ce petit livre. On peut dire à la fois que le pape ne refuse a priori aucune des objections de l’exégèse critique. Il pèse chacune à l’aune de sa vraisemblance et à l’aune de la foi qui l’anime. Mais, tout en s’appuyant sur cette science, ce livre est plus qu’un livre de science. S’e n dégage une sagesse qui donne envie d’être chrétien, à ceux qui veulent bien prendre le temps de lire pour apprendre à connaître… Quelle meilleure préparation spirituelle aux fêtes de Noël ?

Joël Prieur

Prix : 15 euros

lundi 26 novembre 2012

Une école catho à la campagne

Choses entendues par une amie dans une école catho du Grand Ouest: - Madame, pour la fête de Noël, il faudra que vous veniez me voir - Ah? - Oui, cette année, on prépare des danses orientales, et je ne crois pas que vous ayez ce genre de déguisements chez vous - Et pourquoi des danses orientales - Oh! C'est pour aller avec le méchoui... Quelques semaines plus tôt, la directrice avait déjà prévenue cette amie : "Cette année, pas de crèches ou de choses comme ça. C'est par respect pour les musulmans - Mais il y en a beaucoup? - Oui deux familles... Et des familles nombreuses. Et puis vous savez, de toute façon, on fait plus trop Jésus..."

Je ne vous garantis pas toutes les circonstances en détail, ayant dû reconstituer le puzzle. Mais je vous garantis sur facture ce mot désolé : "On fait plus trop Jésus".

Les cathos ont magnifiquement intégré la laïcité antichrétienne. En bons élèves qu'ils sont en général, ils ont parfaitement compris ce que l'on attendait d'eux : ne la ramenez pas avec votre foi chrétienne. Résultat, dans cette petite école primaire, ce sera danse du ventre pour Noël et crèche au grenier des vieilles lunes. Quand je pense que ces gens - très gentils, très ouverts très serviables, des voisins de rêves - sont les mêmes qui vous parlent gravement de "nouvelle évangélisation"... Les mêmes qui, dans un examen de conscience vraiment masochiste, imaginent que si la nouvelle évangélisation ne marche pas, c'est parce qu'ils n'en font pas encore assez au service de l'homme, qu'ils ne sont pas assez fervents (défenseur de l'Autre dans tous ses états), pas assez effacés (ou enfouis), pas assez dans l'abandon, pas assez dans la tolérance unilatérale, pas assez dans la discrimination positive...

Le problème du catho moyen, Alain Finkielkraut l'avait bien diagnostiqué, faisant faire un progrès sensible à la nosographie, c'est "l'autrisme".

Mais je crois qu'il faudrait préciser : on fait de l'autrisme, parce que ça marche, c'est vendeur. Tandis que Jésus... Jésus... "On fait plus trop Jésus"... C'est ringard... Ca reste en magasin...

vendredi 23 novembre 2012

La fin du monde et le cardinal George

La prédication de Jésus sur la fin du monde ferme l’année liturgique, comme il est normal.Nous la lirons dimanche prochain. Soyons attentifs !

Il ne faut jamais oublier que notre foi dans le Christ est une foi qui s’alimente de tout ce que le Christ réalise dans l’histoire et de tous les signes des temps correctement observés, ceux qui nous font voir la présence du Christ dans ses saints de tous les âges, y compris de notre époque ; et ceux qui nous montre combien redoutable est son absence et comment le cœur de l’homme, « creux et plein d’ordure », n’attend que cette absence pour se surpasser en horreurs. Georges Bernanos, qui n’y allait pas par quatre chemins, n’hésitait pas à dire : «Sans le dogme du péché originel, je ne croirais pas. Il est beaucoup plus grave – ou du moins plus dangereux – pour l’homme de nier le péché originel que de nier Dieu». La présence de Dieu, nous la constatons jusque dans son absence. L’homme, malgré toute sa bonne volonté native, est marqué jusqu’au fond de lui-même par le péché originel. Il est «cassé» comme disait Gabriel Marcel. Et on peut le vérifier à chaque moment de l’histoire. Les gâchis ne se comptent plus ! Voyez, en ce moment même, ce qui se passe à l’UMP… ou à l’IBP… Des histoires d’hommes.

Ces considérations nous permettent de comprendre l’étrange parole du Christ, annonçant la fin du monde : « Cette génération ne passera pas que tout ne soit accompli ». Qu’est-ce que cela signifie ? Que des apocalypses, nous en verrons, oh ! non pas à chaque génération peut-être, mais toutes les deux ou trois. Il y en a une dans chaque vie d’homme. Il ne faut pas avoir peur de cela. Sans doute nous préparons nous, dans notre softitude ambiante, la plus terrible des apocalypses, qui serait la mise hors la loi du christianisme au nom de la laïcité. Le cardinal George, archevêque de Chicago, a récemment insisté sur ce danger de l’idéologie laïque pour le christianisme. Je ne saurais mieux faire que de le citer :
« La campagne politique actuelle a amené à la surface de notre vie publique le sentiment anti-religieux, en grande partie explicitement anti-catholique, qui grandit dans ce pays depuis plusieurs décennies. La laïcisation de notre culture est un enjeu beaucoup plus important que les causes politiques ou les résultats de la campagne électorale actuelle, aussi importants soient-ils. M'exprimant il y a quelques années devant un groupe de prêtres, entièrement en dehors du débat politique actuel, je tentais d'exprimer de manière dramatique ce que la laïcisation complète de notre société pourrait apporter. Je répondais à une question et je n'ai jamais mis par écrit ce que j'ai dit, mais les mots ont été capturés sur un smartphone et se sont désormais répandus comme un virus sur Wikipedia et ailleurs dans le monde des communications électroniques. On me cite (à juste titre) comme disant que je m'attendais à mourir dans mon lit, que mon successeur mourrait en prison et que son successeur allait mourir en martyr sur la place publique. Ce qui est en général omis dans les rapports, c'est la phrase finale que j'ai ajouté au sujet de l'évêque qui suivrait peut-être un évêque martyr: «Son successeur ramassera les débris d'une société en ruine et lentement aidera à reconstruire une civilisation, ce que l'Église a fait si souvent dans l'histoire humaine». Ce que j'ai dit n'est pas «prophétique» mais un moyen de forcer les gens à penser en dehors des catégories habituelles qui limitent et parfois empoisonnent les discours public et privé ».
Il est rare d’entendre un évêque parler si clairement. Mais – voilà un signe des temps – il me semble que les temps changent et que la parole vient aux évêques. Ils sont en route vers le martyre nous dit le cardinal George… En tout cas, ouvrant la bouche, ils marchent vers la sainteté, tant il est vrai que, comme disait Pascal, « jamais les saints ne se sont tus ».