vendredi 14 décembre 2012

Ce week-end : Journées Portes ouvertes au CCCSP

Nous achevons un rangement colossal au Centre Saint-Paul - Pas besoin, direz-vous, de hisser les drapeaux sur les terrasses pour si peu ! - Pas sûr. S'il est vrai que la paix est la splendeur de l'ordre, voilà un gage de paix pour longtemps. Au bilan : deux salles gagnées sur les meubles qui s'amoncelaient, l'une en haut pour des cours, l'autre (disons : le caveau Saint-Paul) pour des libations pieuses. Les encombrants ont été largement mis à contribution, puisque comme vous savez "ranger c'est jeter". Sélénia a dû la jouer "tornade blanche" pendant quelques semaines. Pas facile de faire comprendre à tous qu'au bout de sept ans, il fallait faire de la place et réagir à l'entropie. Mais devant la cohérence du résultat, je pense que tout le monde est content. Nous avons aussi remis en service le système informatique général, la sonorisation et l'enregistrement, toutes fonctions devenues un peu défaillantes, de notre impéritie générale... Merci à Étienne, notre "pro", notre peritus.

Tout cela vaut bien que l'on invite tous nos amis à se réjouir avec nous. Mais il y a mieux.

Cerise sur le gâteau si j'ose dire, et quelle cerise ! - l'abbé Laguérie nous offre, en renfort de l'abbé Baumann, un nouveau prêtre, qui sera, dimanche à la grand messe de 11 H, solennellement intronisé dans ses fonctions d'animateur du CCCSP. Il s'agit de l'abbé Jean-François Billot, jeune ancien lui aussi de notre chère Maison de Rome, qui vient mettre à notre service sa piété et sa culture (il est spécialiste en psychologie). Ces Journées seront une bonne occasion de le rencontrer. Exceptionnellement, la messe de 12 H 30 aura lieu au premier étage (merci Olivier!) pour permettre un apéritif au Sous-sol (ceux qui connaissent l'exiguïté de nos locaux comprennent cette précaution). Ouiski-coca et jus d'abricot au programme après la messe. En même temps, la Grande braderie de la semaine dernière est prolongée pour le week-end.

Mais revenons au samedi justement. Demain samedi, Frère Thierry organise, de 14 H à 19 H, l'une de ces Après-midi mensuelle de l'Aréopage, dont il a le secret. Au programme cette fois, la nouvelle évangélisation, rien moins ! Entre 15 H et 16 H, break. Le Père Viot et moi, nous signerons nos ouvrages, lui La Révolution chrétienne (aux éditions de l'Homme nouveau) et moi le tout neuf Parier avec Pascal, aux éditions du Cerf. Une occasion pour tous de descendre au Sous sol où, avec les petits fours de rigueur, se poursuit notre Grande Braderie. Vous y trouverez durant tout le week-end de beaux livres anciens, pour des cadeaux de Noël personnalisés à des prix vraiment raisonnables, et aussi notre Tout pour rien (oui vous avez bien lu et vous m'en direz des nouvelles). Reprise des hostilités à 16 H : le Père Michel Viot, ancien luthérien, tout jeune prêtre catholique (depuis 2002, je crois), Vicaire épiscopal du diocèse de Blois, nous donnera sa version de la Révolution chrétienne.

Deux jours dans la vie de notre CCCSP, deux jours sans prétention, mais dédiés à ce que notre pape appelle "la joie chrétienne", la joie dans la foi. Cela vaut bien que vous veniez y faire un tour. En amis.

jeudi 13 décembre 2012

[Monde&Vie] le «Testament spirituel» du cardinal Francis George

Texte publié dans Monde &Vie n° 868 de décembre 2012.
Le cardinal Francis George est un des évêques catholiques le plus en vue aux États-Unis. Ancien président de la Conférence épiscopale (2007-2010), l’archevêque de Chicago a fait des interventions courageuses sur les prêtres auteurs d’abus sexuels. Sa lutte personnelle contre le cancer – la rémission qu’il a obtenue et la rechute qu’il est en train de vivre – ont assez largement médiatisé son courage hors du commun…
 
En 2010 est paru un texte de lui, dont j’imaginais qu’il s’agissait d’une sorte de canular – comme il en circule souvent sur Internet. Et voilà qu’il persiste, signe et s’explique Je crois que les lecteurs de Monde et Vie doivent lire ce texte, il faut le faire circuler. Le voici, en date du 12 novembre dernier :
 
« La campagne politique actuelle a amené à la surface de notre vie publique le sentiment anti-religieux, en grande partie explicitement anti-catholique, qui grandit dans ce pays depuis plusieurs décennies. La laïcisation de notre culture est un enjeu beaucoup plus important que les causes politiques ou les résultats de la campagne électorale actuelle, aussi importants soient-ils. M’exprimant il y a quelques années devant un groupe de prêtres, entièrement en dehors du débat politique actuel, je tentais d’exprimer de manière dramatique ce que la laïcisation complète de notre société pourrait apporter. Je répondais à une question et je n’ai jamais mis par écrit ce que j’ai dit, mais les mots ont été capturés sur un smartphone et se sont désormais répandus comme un virus sur Wikipedia et ailleurs dans le monde des communications électroniques. On me cite (à juste titre) comme disant que je m’attendais à mourir dans mon lit, que mon successeur mourrait en prison et que son successeur allait mourir en martyr sur la place publique. Ce qui est en général omis dans les rapports, c’est la phrase finale que j’ai ajouté au sujet de l’évêque qui suivrait peut-être un évêque martyr : « Son successeur ramassera les débris d’une société en ruine et lentement aidera à reconstruire une civilisation, ce que l’Église a fait si souvent dans l’histoire humaine ». Ce que j’ai dit n’est pas “prophétique” mais un moyen de forcer les gens à penser en dehors des catégories habituelles qui limitent et parfois empoisonnent les discours public et privé »
 
Il faut bien mesurer la manière dont le cardinal revient aujourd’hui sur ce qu’il avait dit en 2010 devant un groupe de prêtres. Au lieu de démentir un propos tenu en privé et qu’on aurait pu penser hasardé : il assume. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il intervient sur ce sujet. En 2007, il publiait un texte court sur « les dix choses qu’il avait apprises en dix ans d’épiscopat à Chicago ». La dixième ? On retrouve la même idée sur l’aspect pervers de l’idéologie laïciste de gauche, l’idéologie « libérale » comme on dit Outre-Atlantique, qui est en train de triompher. Je cite : « Historiquement, l’effort pour créer des utopies purement séculières n’a produit que misère humaine et mort. On peut penser au communisme : aucun Dieu n’était permis. Je ne veux pas que notre propre histoire prenne ce chemin au nom des droits individuels ».
 
Le cardinal George est avant tout un pasteur. Certes il lui est arrivé de prendre des positions dites controversées. Ainsi, de la même façon qu’il avait été sans pitié pour les prêtres abuseurs d’enfants, il a récemment destitué le curé d’une communauté afro-américaine, le Père Pfleger, coupable entre autres d’avoir apporté inconsidérément un soutien sans faille au président Obama. En 2009 déjà, il avait trouvé « désagréable » l’invitation au candidat Obama offerte par l’Université catholique Notre-Dame, en encourageant les gens à manifester leur désaccord. Motif ? Le candidat Obama veut rembourser l’avortement…

Bref cet évêque ne s’en laisse pas compter. Il a même réussi à créer un petit scandale lors d’une parade homosexuelle à Chicago en 2011, lorsqu’il a affirmé : « On est en train de voir le mouvement pour la Libération des Gays se transformer en un Ku Klux Klan ». Tollé des associations LGBT évidemment… qui, par le terrorisme judiciaire qu’elles tentent d’exercer, confirment involontairement ce que George dit d’elles. Qui se sent morveux se mouche.

mercredi 12 décembre 2012

N’importe quoi!

Non pas que le sujet me passionne, mais tout de même il me démange de partager deux extravagances lues aujourd’hui, celle de monsieur Désir et celle de Monsieur Tourret.
Monsieur Desir d’abord :
Monsieur Désir dirige le «Parti Socialiste», un mouvement politique gestionnaire de gauche. Soucieux de soutenir le Gouvernement, les Chambres, et la Présidence dans leur volonté de mariage homosexuel, il lance une pétition et vient de déclarer: «Nous sommes dans un État laïque [...], chacun a le droit de croire, de penser librement, mais aucune de ces conceptions religieuses ou philosophiques ne peuvent s'imposer à tous».

Cette opinion est extravagante. Dans chaque pays on prend des décisions qui s’imposent à tous, même à ceux qui ne sont pas d’accord. Ces décisions résultent nécessairement de ce qui est cru et pensé dans ce pays, par-delà le régime qu’il connaît. Et comment donc pourrait-il en être autrement? Comment gouverner sans penser (même mal)? Au nom de quoi les uns et les autres devraient-ils se séparer de leurs «conceptions», même philosophiques, c’est-à-dire penser sans leurs bases de pensée?
Ensuite, Monsieur Tourret.
Certaines religions, bien que présentes
en France, n'ont pas été invitées par

la Commission des Lois à exprimer leurs 
vues sur le mariage des couples de même
sexe. Question de prudence?
Monsieur Tourret est «député-maire radical de gauche de Moult» selon Wikipedia. C’est en tant que tel qu’il siège à la Commission des Lois qui a auditionné quelques responsables religieux le 29 novembre 2012. Dans son réquisitoire contre le Cardinal Vingt-Trois, Monsieur Tourret expose que depuis 1792 nous vivrions sur une ambiguïté : devenu civil, le mariage aurait gardé son nom de ‘mariage’ tout en perdant son côté sacramentel. Il y aurait pourtant deux réalités différentes, étant sous-entendu que seule l’union religieuse regarderait les religieux, et qu’elle ne regarderait qu’eux.

Là encore: extravagance! La réalité est que l’union religieuse est subordonnée, en France, à une union civile préalable, sous peine de six mois d'emprisonnement et de 7.500 euros d’amende pour le célébrant. Dans d’autres pays, des imams musulmans marient des polygames, des pasteurs protestants marient des homosexuels – mais en France, en 2012 encore, de fait, la loi le leur interdit.

Les Atticistes d'Eugène Green

"Pourquoi demander ce qu'en pensent les spécialistes français du baroque et les spécialistes du baroque français. Est-ce ce qu'attendent nos contemporains qui -faut-il le rappeler - se mettent en quatre dans nos paroisses pour aider les malheureux ?". Telle est la teneur "copiée-collée" ici, d'un message reçu à propos de mon post précédent "Catholiques et baroques".

Plein de bonnes intentions, on le voit. On a envie de répéter la phrase du Christ dans l’Évangile, quand Judas trouve que le parfum de grand prix, répandue par Marie de Béthanie sur la tête du Seigneur était superfétatoire en une telle occasion, et qu'on aurait pu  en donner l'argent aux pauvres : "Les pauvres vous les aurez toujours avec vous mais moi, vous ne m'aurez pas toujours" (Jean 12).

La question du style que soulève le post précédent (et qu'a soulevée avant moi Christoph Theobald) est aussi celle de la transmission du Christ aux générations futures : "Vous ne m'aurez pas toujours". Faut-il prendre cette formule au pied de la lettre ? Y aura-t-il un temps où notre monde n'aura plus le Christ ? "Lorsque le Fils de l'Homme reviendra sur la terre, retrouvera-t-il la foi ?" (Lc 18, 8).

L'idée baroque porte avec elle une manière particulièrement éclatante d'être chrétien, selon laquelle, au lieu d'anéantir les conflits qui sont en nous, on est capable de tenir ensemble les contraires, parce qu'ils sont subsumés par une transcendance qui les ordonne. Et cette transcendance est celle de l'amour qui nous "loge" en Dieu.

Voici le texte que mon alter ego Joël Prieur a consacré, dans Minute, au roman d'Eugène Green, Les Atticistes, roman que l'on pourrait appeler aussi Les Hégéliens, ou encore Les Obsédés de la synthèse. Contre l'obsession de la synthèse et contre la tiédeur obligatoire qui l'accompagne (et qui aujourd'hui nous tue), il n'y a véritablement qu'un remède : l'asianisme baroque qui est l'autre nom de l'amour...

Voici le texte.
Eugène Green : à lire sans modération
 Eugène Green est un personnage. Américain d’origine, Français de cœur, de culture et d’œuvre, il francise allègrement les anglicismes qu’il lui arrive d’employer et écrit « ouiski »… sans complexes !

Les Français auront du mal à lui pardonner ce mauvais goût, qui l’a conduit à choisir la France alors qu’il est issu de la plus belle civilisation du monde, l’américaine. Et son passif s’alourdit chaque année. Il a d’abord réfléchi sur la manière dont on prononçait notre langue sous Louis XIV et cela a donné un livre sur La parole baroque, qui est en même temps un magnifique éloge du baroque. Il  a commis quelques films sans concession, comme Le Pont des arts (sur le baroque justement) ou La Religieuse portugaise (sur… la vie, la mort et la consécration de soi). Il a publié des romans, comme La bataille de Roncevaux, très bel hymne aux petites patries (en l’occurrence au Pays basque) dont j’ai entretenu les lecteurs de Minute il y a une paire d’années. Et voici Les atticistes : une véritable charge contre les tics en toc de notre société déliquescente et fière de l’être.

Il y a presque cinquante ans, on a fait croire aux Français qu’ils étaient tous des juifs allemands. Ayant lu le dernier roman de Green, je dirai volontiers plutôt que nous sommes tous des atticiste. Le terme d’atticistes, difficile à utiliser, fait le titre de cette pochade pleine d’une féroce allégresse contre ses contemporains. Que signifie-t-il exactement ?

Dès l’antiquité, on trouve deux écoles d’éloquence, les asianistes et les atticistes. Comment définir les uns et les autres ? Autant recourir à Wikipedia. Article « asianisme » : « Peu à peu, le terme d'asianisme finit par désigner  un style bien reconnaissable, fondé sur un discours plein d’artifices, d’expédients techniques et jouant sur les sonorités. L’asianisme, né en réaction à la rhétorique de l'Attique, s’impose ainsi comme une forme de discours brillante et efficace, mais il tombe graduellement dans l’enflure et le pathos, l’exagération, les effets faciles, les tournures maniérées et recherchées ».

On aura reconnu dans cette description, le baroque, ce monde merveilleux dans lequel Eugène Green se meut comme un poisson dans l’eau, et dont on sait, depuis son film "Le Pont des arts", qu’il est, pour notre auteur, l’art des contrastes. Ce sont les ennemis des asianistes (les atticistes donc) qui mettent en cause « l’enflure », « les tournures maniérées », le goût du bizarre, qui risque de résulter de cet amour des contrastes. Pour Eugène Green, ces expressions en forme de condamnation constituent un épouvantable  procès en sorcellerie. A l’entendre dans son dernier livre : « l’asianisme, qui fait exister  dans un seul tout harmonieux la violence de deux vérités contradictoires, en leur gardant leur forme propre, cette idée, il faut l’appeler [tout simplement] l’amour ». Ne dit-on pas qu’un couple heureux est un couple au sein duquel chacun des partenaires a pu garder sa vérité propre ?

Quant à l’atticisme, la maladie dont nous souffrons tous, c’est le contraire de l’asianisme, le contraire des contrastes, le contraire de l’amour. On peut définir par atticisme, « cette qualité qui consiste, en restant à distance égale entre Scylla et Charybde, à garder toujours le juste milieu. Ainsi grâce à une subtile médiation, le chaud et le froid, l’Est et l’Ouest, la philosophie chinoise et celle de l’Occident se trouvent pacifiquement réunis sans aucun fanatisme ». Le goût des atticistes pour la synthèse tourne forcément à la foutaise ! Ainsi finissent par se réunir dans la même académie atticiste les deux personnages extrêmes sortis du cerveau embrumé d’Eugène Green, j’ai nommé d’un côté Amédée Lucien Astrafolli, somptueuse pédale parisienne, arbitre des élégances linguistiques, disciple de Voltaire et des Lumières, dont le vice caché est de détester la femme alors qu’il est entouré d’une cohorte d’admiratrices. De l’autre côté, voici Marie-Albane de La Gonnerie, qui a passé sa jeunesse à déclarer, contre Astrafolli, que le langage était fasciste et qu’il fallait que les mots aient un sexe ; elle ne supporte pas la virilité au point de faire changer de sexe à son chien, prénommé Louise Michel : elle est incontestablement la championne d’un féminisme médiatique. Ces deux personnages tomberont dans les bras l’un de l’autre (métaphysiquement ou médiatiquement s’entend)… Au nom de l’atticisme, cette idolâtrie du Juste milieu, que l’on peut appeler en grammaire le genre neutre, et en politique l’impératif catégorique de la neutralité obligatoire. Avec ce roman pamphlet contre les atticistes de tous pelage, Eugène Green sonne une charge endiablée – jubilatoire – contre Mai 68 et ses métastases, contre la transformation de Mai 68 en son contraire (le bourgeoisisme « atticiste »), contre le féminisme, contre l’académisme contemporain. A lire sans modération !
Joël Prieur

Eugène Green, Les atticistes, éd. Gallimard 2012, 208 pp. 17, 90 euros

mardi 11 décembre 2012

Baroques et catholiques

Au début des années 90, pour donner une ligne à la revue Certitudes, j'avais écrit un manifeste baroque. C'est à ces quelques lignes que me renvoie impérativement le dernier livre d'Eugène Green, Les Atticistes. Avant de vous parler de ce livre, qui me semble important, je me permets de mettre sous vos yeux ce manifeste intitulé Pourquoi nous sommes des catholiques baroques, que j'ai publié dans chaque numéro de Certitudes de 1993 à 2005.
"Baroque ? Catholique ? Les deux mots jurent. Ils semblent incompatibles, comme l'enfant sage ne sera jamais l'ami du turbulent. Il ne s'agit pas là seulement de mémoire et d'histoire. Ce qui est en jeu, c'est une manière d'être, un style, une forme. Si l'on met dans le baroque toute la fantaisie et toute la rigueur, si l'on voit dans l'Age baroque l'alliance réussie de la liberté et de la fidélité, il faut affirmer que cet âge est plus qu'une époque, parce qu'aujourd'hui il doit être nôtre. Comme catholiques, nous refusons l'opposition stérile entre le dogme et la vie, entre l'élan et l'attachement. Ressuscités en espérance, nous prenons tout : c'est baroque"
Dans les années 90, il était impossible d'être catholique sans épithète complémentaire. J'avais voulu choisir le mien, pour que l'on ne m'en colle aucun autre : catholique baroque, alors que j'écoutais Lully et Charpentier toute la sainte journée, cela m'allait. Aujourd'hui le culte des épithètes supplémentaires tend heureusement à diminuer. Se dire "catholique baroque" (comme Jacques Perret se disait volontiers catholique mérovingien) cela est devenu moins urgent. Mais non moins important.

Plus que jamais, la question du style est fondamentale. Rien à voir avec un accessoire. A l'heure de la nouvelle évangélisation, le style fait le prêtre, son efficacité, sa marque. Christoph Theobald, jésuite éminent, envisage, à la fin des fins, le Concile comme un style. Ce qu'il défend ce n'est pas le Concile mais le style du Concile (chacun ses goûts !). Eh bien : style pour style, je préfère le baroque : style tout à la fois merveilleusement libre et éminemment formel, voyez les sculptures du Bernin, ces dentelles de pierre, si délicates et si fortes, le rapt de Proserpine ou l'extase de sainte Thérèse.

La puissance du baroque c'est de garder les contraires ensemble, de manifester combien la finesse va à la force, combien l'attachement produit la liberté... Dans Parier avec Pascal, j'ai essayé de montrer que c'est le baroque de la "vérité contraire" qui sauve Pascal du jansénisme, où tombe le très scolastique et doctrinaire Arnauld, mal gré qu'il en ait.

En lisant Les Atticistes, le dernier roman, qu'Eugène Green vient de publier chez Gallimard, j'ai été saisi par l'extraordinaire défense du baroque qu'il propose. Je vous en reparlerai. Mais n'hésitez pas à vous procurer ce livre, bien plus sérieux qu'il ne s'en donne l'air, bref baroque!

lundi 3 décembre 2012

@pontifex

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est Twitter… disons que c’est comme un forum mondial où n’importe qui peut participer, mais sur lequel il ne voit (ouf!) que les messages des personnes qui l’intéressent. Le compte Twitter du Pape a été lancé aujourd’hui, il compte déjà 180.000 inscrits, ce qui en fait le lancement le plus rapide (si ça se trouve) de l’histoire d’internet. Vous n’en êtes pas encore? allez-y. Très sérieusement, je n’ai compris que récemment l’intérêt de Twitter – mais je crois que pour qui a un contenu (le pape, par exemple : il a des trucs à dire au monde) Twitter est un outil d'amorce terriblement efficace… à condition que le public l’utilise, ce qui n'était pas le cas en France il y a encore un an, mais ça commence à arriver.

PS – ceux qui s’intéressent au présent blog peuvent le suivre sur Twitter via @leTradi.