samedi 11 juillet 2015

Santo subito

Le 6 juillet 2015 mourait le Père Louis Pelletier. Prêtre de l’Emmanuel. Il était très critiqué par ses confrères, qui, des Bernardins à Montmartre, de Montmartre à Bois-Colombes, de Bois-Colombes à Combs la Ville, n’ont eu de cesse de le placardiser… Il était très aimé par les fidèles de toutes obédiences et de tout niveau social. A cause de son succès ? Des risques qu’il prenait avec les âmes (à Montmartre les Africains l’appelaient l’exorciste) ? De sa voie du « cœur profond » ? Il tenait cette voie du Père Thomas Philippe, frère du célèbre Père Marie-Dominique Philippe, qu’il rencontra à l’Arche de Jean Vannier et qui, étant son directeur spirituel, ne perdait pas une occasion de dire : « J’ai mis dix ans à passer de la tête au cœur profond. ».

Les prêtres ne connaissent pas leur force. Ils imaginent peut-être qu’ils brillent par l’intellect ou par l’éloquence du verbe ou par le prestige attaché à telle fonction. Quand on est prêtre, nous a montré le Père Louis, on ne peut briller qu’avec le cœur. Attention : il ne s’agit pas de je ne sais quel sentimentalisme de pacotille. Ce qui impressionnait les gens lorsqu’ils s’approchaient du Père Louis, c’était, outre sa bonté évidente, sa connaissance des âmes. Combien se souviendront d’une confession avec lui ? Du sérieux indescriptible et de la lenteur de l’Absolution ? Combien ont dû dire comme la Samaritaine de Jésus : « Voilà un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait » ! Dans ses cours à l’Ecole cathédrale (où il était interdit de s’inscrire deux années de suite car il y avait trop de monde), dans sa prédication, on retrouvait la même transparence : des paroles simples, des idées simples, mais jamais un mot banal : la subversion chrétienne dans toute sa force, les paroles du cœur, celles qui réveillent et qui mettent en mouvement, en nous rappelant ce que nous avions oublié : la force de l’évidence chrétienne.

A l’âge de 54 ans, il a succombé à une terrible fatigue, devant l’Océan, alors qu’il récitait son chapelet. Signe qu’il a rejoint sans heurt l’Océan divin, où ceux qui veulent peuvent certainement le retrouver par l’Esprit.

Ses obsèques vont avoir lieu dans quelques minutes à Saint-François Xavier dans le Septième.

5 commentaires:

  1. Merci, M. l'abbé, de prouver une fois de plus que vous n'êtes pas aux marges de l'Eglise: vous connaissez vos confrères et parlez bien du Père Louis Pelletier, qui condensait, je crois (et je ne le dis pas en mauvaise part) une sainte féminité sacerdotale -c'était un cœur très marial et très thérésien- et une piété exigente, moins pour les autres à qui il la proposait, que pour lui-même à qui il l'imposait. RIP!

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  2. Merci de dire tout haut ce que je pensais tout au fond de mon coeur depuis fort longtemps.
    Une paroissienne de Bois-Colombes qui aime le Père Louis. Paix à son Âme qui est grande.
    PS : pourquoi n'y a-t-il pas un registre des condoléances à Notre-Dame du Bon Secours à Bois-Colombe ?

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  3. Nous prions déjà ce beau modèle du coeur sacerdotal, attiré par la misère des êtres (riches ou pauvres) et "passant en faisant le bien" comme Jésus qui "allait son chemin"...

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  4. Merci mon père pour ce beau billet sur le père Louis Pelletier. Pour ceux qui ne le connaissaient pas ou voudraient le retrouver, on peut mentionner son site internet sur lequel il mettait beaucoup de conférences, retraites, catéchèses, etc. en format texte et audio:
    http://www.sagesse-evangelique.com/

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  5. Santo Subito !! Est-ce que la cause pour le procès de béatification va être ouvert prochainement ? Comme il me tarde que ça le soit !!

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