jeudi 7 janvier 2010

Thiberville, dans l’Eure : ce qu’en dit La Croix - mais pas Golias

[Ami lecteur, c'est dans la logique des blogs que de donner en haut de page les pages les plus récents. Celle-ci fait suite à une autre que tu trouveras avant, c'est à dire plus bas]

Ce qu’en dit Isabelle de Gaulmyn, dans La Croix


Elle a intitulé son article «L’évêque d’Évreux en conflit ouvert avec le curé d’une paroisse» mais c’est l’impression inverse qui en ressort: que le curé («récalcitrant») serait en conflit avec son évêque.

Dans un conflit, il y a deux parties. Voyons le Père Francis Michel («prêtre récalcitrant», donc), curé de Thiberville, qui est «devenu un symbole pour une certaine frange de l’Église». Extraordinaire emploi de ‘certaine’, qui permet de suggérer sans dire, et surtout sans dire quoi! Isabelle de Gaulmyn nous rappelle que tout prêtre, pourtant, «est lié par son ordination à un devoir d’obéissance à l’évêque». Lequel est «en droit de révoquer le prêtre» dans le cas d’une «désobéissance». Laquelle existe certainement (?), grave et avérée, puisque révoquer, c’est justement «ce que Mgr Nourrichard a fait». Aux côtés du Père Michel, «un comité» dont il a «obtenu» le soutien, et «des fidèles traditionalistes». Isabelle de Gaulmyn croit savoir que «voilà des semaines que les sites et journaux traditionalistes appelaient leurs lecteurs à être présents».
 
De l’autre côté: Mgr Nourrichard, évêque d’Evreux. L’article lui donne la parole: «Je suis tombé dans une embuscade». Et ce qu’il dit est la vérité, telle que livrée aux lecteurs de La Croix. Ce n’est pas «Mgr estime» ou «Mgr pense», c’est: «Mgr explique» ou «Mgr rappelle». Par exemple: «Il n’est plus concevable, explique Mgr Nourrichard, d’avoir un prêtre pour 5.000 habitants».
 
C’est sans doute la taille limitée de l’article, moins de 3.000 signes, qui a empêché Isabelle de Gaulmyn d’approfondir son sujet. Elle n'a pas eu la place pour dire que cette simple paroisse de Thiberville («cas classique d’un village qui perd ‘son’ curé») représente à elle seule presqu'un quart des 173 confirmands du diocèse. Pas la place, quand Monseigneur invoque «le manque de prêtres», pour demander en quoi se passer du ministère du Père Michel améliorera la situation. Et quand Monseigneur «rappelle» qu’il applique le Motu proprio «avec une célébration le dimanche», Isabelle de Gaulmyn n’a pas la place de préciser qu’il s’agit du 3ème dimanche de chaque mois.
 
Il y a tout de même encore un peu de place pour envisager l’avenir, et prévenir des sanctions encourues. Le Père Michel «n’est plus curé et ne peut plus célébrer mariages et baptêmes», et s’il passe outre, ces sacrements «seraient considérés comme illicites»  (à dire vrai, sans juridiction, un mariage n’est pas ‘illicite’, il est invalide ce qui est infiniment plus contrariant – soit La Croix n’a pas voulu en faire trop, soit nous sommes face au manque de culture religieuse que Bernard Lecomte déplore dans les médias français). Si cela ne suffit pas, «l’évêque pourrait demander à Rome la suspense». L’article se termine par une mise en garde: il ne faut pas oublier que «les évêques ont été nommés par le pape». Autrement dit, et quelle que soit la «légitimité romaine», rien ne se fera sur le terrain sans les évêques, et encore moins contre eux.
 
L’article de la revue Golias, maintenant.
 
Contrairement à La Croix, Golias n’a pas à ménager les évêques de France, qui ont pensé lui tordre le cou en se demandant officiellement, en 1998, «en quel sens cette revue peut prétendre au titre de catholique».
 
La fonction quasi revendiquée de Golias est de lutter, au sein de l’Eglise, contre le centralisme, le dogmatisme, et l’autoritarisme. D’être un «empêcheur de croire en rond» (la devise de Golias), et cela «pour l’honneur d’un Dieu défiguré et blasphémé par ceux qui, en son nom, se montrent intolérants, sectaires et inhumains» (cf : le manifeste de Golias). Bien sûr tout cela dans une vision ‘de gauche’, parfois déplorable, au résultat régulièrement outrancier. Tout de même: Golias sait épingler, et jusqu’à des évêques se pensant progressistes. Ce fut le cas pas plus tard qu’en novembre, avec deux articles : «Lourdes: quand l’évêque de Langres ‘taille’ ses confrères réacs» et quelques jours après : «L’évêque de Langres dément ses propos, sauf qu’il les a tenus!»
 
L’affaire de Thiberville devrait intéresser Golias. A Thiberville nous observons en effet:
- une décision imposée d’en haut, sans tenir compte de la réalité locale
- un évêque qui fédère contre lui toute une communauté
- un prêtre sanctionné pour insubordination à son supérieur
- et in fine, l’emploi par la hiérarchie de l’argument d’autorité
… la loi du plus fort étant comme chacun sait la plus faible des lois.
 
Il est donc étonnant (un peu décevant aussi) que l’article de Golias sur la crise de Thiberville… n’ait pas (pas encore?) été écrit.

mercredi 6 janvier 2010

Thiberville, dans l’Eure : ce qu’en disent La Vie, La Croix, et Golias

A Thiberville, le curé traditionalisant (Francis Michel) est viré par son évêque (Christian Nourrichard). Ca aurait pu se passer en catimini, mais non. «Ca» a commencé sur internet, puis France3 a fait un reportage pour son journal télévisé régional, puis la presse écrite est entrée dans le jeu. Paris-Normandie d’abord, avec un article forcément favorable aux paroissiens qui sont aussi ses lecteurs. Encore un articulet dans Le Parisien : le buzz était là. Et voici que La Vie, et voici que La Croix… nous vous en parlerons plus tard.

Thiberville, dans l’Eure : ce qu’en dit Jean Mercier dans La Vie

La Vie, magazine catholique indépendant, a dépêché à Thiberville Jean Mercier, son spécialiste ès-tradis. Son article au titre croquignole («Jacquerie catholique à Thiberville») commence très fort, en posant dès les premières lignes que le conflit passe entre d’une part «les autorités du diocèse d'Evreux», et d’autre part le Père Michel «soutenu par ses ouailles» (tout est là). Jean Mercier a assisté à la visite de l’évêque, venu « rendre compte de sa décision», à savoir : dissolution de la paroisse et révocation du curé. Ce qui n’a pas plus aux fidèles «entassés à plus de 400 dans l'église paroissiale», d’où «un violent affrontement», une «atmosphère d'émeute et des cris», «des huées et des insultes». Et quand «Mgr Nourrichard invite ceux qui le veulent à partir», et bien «l'église se vide dans la plus grande confusion». L’évêque tente de reprendre contact avec les fidèles en les suivant «dans le village voisin de Bournainville» où ils se sont repliés – en vain. Ses collaborateurs et lui «ne pourront pénétrer dans une église bondée par les fidèles de l'abbé Michel».

Et maintenant, l’analyse du conflit. Le diocèse reproche au Père Michel («et à ses fidèles») de fonctionner à l’ancienne : un village, une paroisse, un curé, alors que les « nouvelles règles de la réorganisation des paroisses » prévoient qu'«un clocher ne peut prétendre à disposer d'un prêtre en propre», et que les curés permutent. «Neuf ans au maximum » dans un paroisse – le Père Michel est en poste depuis 23 ans. Mais aussi le fait que «portant la soutane, le curé de Thiberville œuvre à un catholicisme traditionnel axé sur la piété fervente et la religion populaire». Cela, c’est La Vie qui l’écrit, en précisant (sans trop y croire?) que «Mgr Nourrichard, face aux paroissiens, a dûment expliqué que ce facteur était étranger à sa décision». A l’évidence, le Père Michel «répond à des besoins rituels traditionnels», il incarne «ce que les spécialistes en liturgie appellent la ‘Réforme de la Réforme’». Bref, il est peu en ligne avec son évêque. Autre constat : ça marche. «Ses messes attirent les foules, souvent venues de loin » ; il fait «quasiment l'unanimité chez ses ouailles, quelle que soit leur origine sociale, leur âge» ; il se montre «pragmatique face aux besoins spirituels des gens, doué d'un sens pastoral, bon prédicateur».

La Vie prévoit que le conflit « sera dur et probablement long ». D’un côté Mgr Nourrichard. Il a pour lui son épiscopat, et donc le droit de révoquer le curé et de dissoudre la paroisse.  Face à lui « la position du prêtre rebelle et de ses ouailles reste forte ». On note le «et de ses ouailles»: les paroissiens dissous vivent la révocation de leur curé «comme une humiliation collective», «comme une punition d'autant plus injuste que la paroisse est très vivante». Les élus le soutiennent, avec en premier lieu de maire de Thiberville «qui souhaite continuer à mettre le presbytère» à sa disposition, en même temps que les fidèles peuvent «décider de reporter leurs dons sur la personne de l'abbé Michel et de cesser de verser le denier du culte» - concrètement: que cette communauté vivante cesse de faire caisse commune avec le diocèse qui connaît un certain marasme financier. Enfin, et surtout : le Père Michel incarne «l'esprit voulu par Benoît XVI dans son Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007». Le diocèse assure que le ‘débat’ (?) n’est pas «sur le terrain idéologique». Mais qu’en pensera Rome?

Thiberville, dans l’Eure : ce qu’en disent La Vie, La Croix, et Golias (à suivre)

mardi 5 janvier 2010

A propos de Patrick Besson

Je viens de terminer le gros roman de Patrick Besson Mais le fleuve tuera l'homme blanc (éd. Fayard), qui m'a passionné... Mes deux ans d'Afrique comme prêtre remontaient à la surface, en lisant cette prose si apparemment désinvolte et si redoutablement cruelle.

A travers divers personnages, des hommes, des femmes, des blancs, des noirs, un métis, Patrick Besson essaie de comprendre l'étrange, le merveilleux, le dangereux sortilège de l'Afrique. Il y réussit assez bien d'autant plus que l'histoire qu'il raconte se déroule entre Brazza et Kin (Brazzaville et Kinshasa), avec le voisinage obsèdent du Rwanda et des Tutsis puis des Hutus qui ont trouvé refuge dans ces pays.

En y réfléchissant je me suis dit : c'est justement parce qu'en Afrique (je veux dire dans cette Afrique-là, sur l'Equateur, dans la torpeur équatoriale, rien n'est grave... que tout devient toujours dramatique.

Prenons la morale sexuelle : rien n'est grave ? eh bien le tourisme devient le mode général sous lequel se vit la sexualité, il n'y a plus de famille et l'amour n'existe que comme un partenariat non exclusif. Quant à la prostitution, elle devient un mode de vie "normal" pour les femmes, une source ordinaire de revenus et un fantasme d'ascension sociale.

Prenons la violence : rien n'est grave ? Les Hutus partent "au boulot" comme ils disent pour "écraser les cafards" (les Tutsis). Et les Tutsis considèrent comme "normal" le service que leur "doivent" les Hutus depuis des générations. Résultat ? Lorsque le chaudron explose... le drame est absolu.

Cette philosophie bon enfant du "rien n'est grave" débouche trop souvent en réalité sur les pires formes de nihilisme. Sur ce plan du nihilisme, si l'on détruit l'homme religieux qui sommeille en chaque Africain, on risque de découvrir que non seulement l'Afrique n'est pas en retard, du point de vue éthique, sur l'Occident, mais qu'elle nous montre le chemin et qu'elle n'a aucune leçon d'individualisme à recevoir de nous...

Autre exemple : l'attitude par rapport au sida, la désinvolture dont on fait preuve, la facilité avec laquelle on contamine son voisin... en préférant ne rien lui dire, simplement histoire de tirer tranquillement... son coup, voilà me semble-t-il un bon exemple de ce que donne EN PRATIQUE la grande théorie du nihilisme. On trouve quelques allusions sur le sujet dans la fresque de Patrick Besson. J'avoue aussi que j'ai souvenir de confessions (en France) à la fois désespérées, cyniques et en quête d'une vengeance sur l'existence par la contamination délibérée du prochain, qui faisaient plutôt froid dans le dos. C'est pas grave, ça non plus ? Ce sont ceux qui disent que de telles attitudes sont excusables qui les font passer pour "normales", en contribuant volens nolens à les banaliser, à les diffuser...

Ce sont ceux qui disent que rien n'est grave qui préparent le drame et qui accoutument au pire. C'est sans doute en ce sens que l'on peut comprendre la dernière ligne de Achever Clausewitz, le dernier grand livre de René Girard, qui laisse froidement son lecteur sur cette formule qui m'a laissé sans voix : "Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire".

[conf'] Mardi 5 Janvier 2010 à 20 heures - « Les catholiques ont-ils leur place dans le débat sur l’identité » par l’Abbé Guillaume DE TANOÜARN

Conférence au Centre Saint Paul (IBP à Paris) -  Mardi 5 Janvier 2010 à 20 heures - « Les catholiques ont-ils leur place dans le débat sur l’identité » par l’Abbé Guillaume DE TANOÜARN - Participation aux frais: 5 euros, 2 euros pour les étudiants - La conférence est suivie d’un verre de l’amitié.

[Dessin repris de La Vie]

lundi 4 janvier 2010

Très belle année à tous...

Avec toutes mes excuses pour ces quelques jours de retard, je voudrais souhaiter à tous les liseurs et à tous les bloggueurs (c'est-à-dire à tous les liseurs qui participent par leurs commentaires à l'intérêt de Metablog) une très belle année 2010. J'ai beaucoup hésité sur le qualificatif : bonne ? C'est trop banal.

Le "bon" ne dit que ce que chacun veut bien y mettre. le bon, d'une manière ou d'une autre, c'est "bon pour moi", rien qui nous sorte du mécanisme de la consommation. Le "bon" ? Pas assez bon, pas suffisant. Comme dit saint Thomas en son latin, ne me demandez pas de traduire : qualis unusquisque est, talis finis videtur ei. En français : "Chacun voit toujours midi à sa porte". Je crois que l'on mérite tous mieux que le pas de sa propre porte... On aspire à ce bien qui nous dépasse et qui nous comble en même temps, pour lequel Platon n'hésitait pas à employer la métaphore de la lumière.

D'autres souhaitent une "sainte" année... ce souhait est chrétien et très louable dans l'intention. Mais enfin, qu'est-ce que la sainteté ? Un accomplissement personnel ? Non. Plutôt un don de Dieu, qui nous surprend toujours là où nous ne sommes pas. Peut-on souhaiter une sainteté à autrui ? Nous ne savons pas en quoi elle consiste. Notre souhait, si chrétien soit-il, apparaît alors comme un souhait vide. Laissons à Dieu la sainteté, c'est Lui et lui seul qui nous la donne. Comme il veut, quand il veut. N'en faisons pas l'objet vide (ou désespérément convenu) de nos souhaits.

Cette année, je me suis arrêté à l'adjectif "belle". Oui, très belle année à vous tous. La vie chrétienne, pour ce qui dépend de nous, est-ce autre chose que de souhaiter vivre en beauté ?

Mais en quoi le beau est-il différent du bien me direz-vous ? Et les plus thomistes parmi vous ajouteront sans doute : le beau et le bien sont des transcendantaux, qui sont dans une relation de totale réciprocité...

Mais ce qui m'intéresse justement, ce n'est pas la réciprocité, c'est la différence d'aspect, justement, que les philosophes à grosses machines spéculatives ne savent pas forcément peser, tant la légèreté de l'être leur échappe.

J'ouvre une parenthèse : cette légèreté de l'être, pour quelqu'un qui croit en Dieu, ne peut pas être "insoutenable", malgré le mot de Kundera qui est un mot en trop, elle est aérienne, elle nous soulève elle nous transporte, elle est le signe de la bonté d'un Dieu qui n'est ni le grand prédestinateur ni le grand damnateur, mais le grand facilitateur et comme dit Julien Green, le grand pardonneur.

Dans la lumière de ce Dieu de Noël, de ce Dieu qui sauve, Jésus Christ, on voit bien que seule compte la beauté. Non pas une bonté pour soi, une bonté que l'on trouverait à sa porte, mais une beauté qui s'impose à nous, qui nous captive, qui nous passionne, qui nous fait donner le meilleur de nous même. En un mot : qui nous aide à nous dépasser.

Pas toujours facile de savoir comment se dépasser. L'idéaliste, par exemple, est souvent habité par cette idée noble du dépassement de soi. je pense à Joseph Lagneau, ce philosophe français parfaitement agnostique, qui est mort en voulant sauver son prochain. Magnifique exemple ! Mais si Dieu n'est pas au bout de son acte, tragique issue.

Pour que notre année soit belle, il ne faut pas se contenter de suivre notre idée. Si belle puisse-t-elle nous apparaître, elle peut aussi être menteuse. Si nous voulons vivre en beauté, ce qu'il nous faut saisir ce n'est pas je ne sais quelle quintessence de l'idéal, mais plutôt ce que l'apôtre saint Paul appelle en grec le kairos, l'occasion favorable, celle que nous n'avons pas forcément créée nous mêmes, mais qui vient à nous de la part du Maître du temps. Comme disait Péguy, "les événements dit Dieu, c'est moi, c'est moi qui vous aime".

Il n'y aura pour nous de belle année que si nous saisissons au vol une circonstance, une opportunité, l'une de ces interstices dans l'opacité du temps qui provoque en nous, qui crée dans la meilleure partie de notre coeur, une raie de lumière parce qu'elle vient de Dieu, "le Père des lumières".

Combien d'entre nous, nous ne faisons rien parce que nous nous laissons bercer par la douce et vertueuse routine de notre existence... Il faut demander la grâce d'apercevoir les interstices et de savoir les faire rayonner en nous. Il faut demander la grâce de l'insatisfaction.

dimanche 3 janvier 2010

Croyez moi, ça ne vaut pas le coup.

Regardez le traitement qu’en font les medias, en premier lieu desquels la télé et le ciné: on nous présente les malfrats comme des experts. Le type se penche sous le tableau de bord, et hop! même en hiver la bagnole démarre au quart de tour. Le cambrioleur trouve exactement ce qu’il cherche, il ouvre emballe et emporte proprement. Le braqueur fait immanquablement le casse du siècle. En réalité,… la vie en cavale coûte cher, après quelques mois de piaules miteuses, il doit recommencer. Il arrive tôt ou tard à la case prison. Votre cambrioleur n’y connaît rien. De vos bijoux (leur valeur sentimentale était bien plus grande encore) il ne retire que des cacahouètes. Et le méchant qui a forcé la porte de ma voiture dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier est reparti avec le sac (vide) qui me sert à faire mes courses. Montant du butin : 80 centimes. Montant des réparations: 200 fois ça si je m’en tire bien.

Quel rapport avec le MetaBlog? Je me fais la réflexion que c’est général, que toutes les mauvaises actions apportent un résultat tellement moindre, tellement décevant. Tellement… minable. La gloutonnerie, par exemple. Vous passez votre soirée à boire et à manger, la nuit est moins brillante, et le lendemain vaseux. Vous aurez beau mettre en cause la semoule de manioc, devant votre petite famille vous vous sentirez peu glorieux. L’avarice: vous vivez au plus juste, par rapport à vos moyens, vous thésaurisez. Votre capital grandit (encore que: petit poisson deviendra juste un peu moins petit), mais vous, vous rapetissez. La fornication (je ne parle que par ouï-dire): les plaisirs qu’on en retire sont de brève durée, et suivis d’une somme d’emm… incroyable.

Je sais bien que la morale («tu ne tueras point… tu ne voleras point… tu ne casseras point la bagnole du webmestre») ne saurait être un raisonnement comptable («… parce que ça ne vaut pas le coup»). Certes. Mais puisque le mal fascine, il est bon de se rappeler que son rendement est faible.