vendredi 19 mars 2010

Abbé de Tanoüarn: "Pédophilie : le discernement des vocations en question"

Repris du site de site de l'IBP Roma - 19 mars 2010

« On observe que les cas de pédophilie n’éclatent de manière massive que dans le clergé catholique, qui est le seul astreint à la règle du célibat ». Ainsi parle Frédéric Lenoir dans Le Parisien du 13 mars dernier. Ce spécialiste des Plateaux télé, appelé dès qu’il s’agit de donner son avis sur des questions religieuses, n’hésite pas à reprendre, avec le chœur des bien-pensants, ce qui est en train de devenir la doxa commune : l’Eglise est la seule Institution dans laquelle la pédophilie représente une tendance régulièrement constatable. Sous entendu : et c’est pour cela que l’on ne parle que d’elle sur ces questions.

Un crime monstrueux condamné très sévèrement par le Christ

Il est évident que la pédophilie est une sorte de monstruosité morale, par l’abus de position dominante qu’elle permet de l’adulte sur l’enfant devenu comme une chose entre ses mains. Le Christ, dans l’Evangile, a des mots extrêmement durs contre les pédophiles : « Quiconque scandalisera un de ces petits qui croient en moi [Jésus parle des enfants : « quiconque accueille en mon nom un enfant, c’est moi-même qu’il accueille »], il vaudrait mieux pour lui qu’on lui suspende au cou l’une de ces meules tournées par un âne et qu’on le précipite au fond de la mer » (Matth. 18, 6). Ces mots contrastent avec la douceur dont le Seigneur fait preuve vis-à-vis des pécheurs. Tout indique que pour le Christ, celui qui « scandalise les enfants » a passé un cap et qu’il lui sera difficile de revenir en arrière. On donne parfois l’impression dans telle prédication que le pardon est la seule attitude du Christ envers le pécheur. Le moins que l’on puisse dire est qu’en ce cas, les mots choisis sont à la fois volontairement imagés et particulièrement durs. C’est encore à propos de la pédophilie que l’on trouve ces fameuses formules : « Si ta main ou ton pied t’incitent à pécher, coupe les et jette les loin de toi » (18, 8).

Comment se fait-il qu’en contraste avec de telles paroles, des ministres du Christ osent « scandaliser les enfants », en en faisant le défouloir de leur vice ? Il y a de véritables problèmes ici et là dans l’Eglise, il est inutile de le nier. Le pape Benoît XVI va d’ailleurs présenter solennellement ses excuses à l’Irlande dans quelques jours.

Pédophilie et éphébophilie

Frédéric Lenoir désigne le célibat comme étant à l’origine de ces déviances graves. Mais en même temps, à quelques lignes d’intervalle, il semble plus prudent : « On ne peut pas dire qu’en soi le célibat prédispose à la pédophilie ». Que veut dire « en soi » ? Pour les gens normaux, normalement constitués, il n’y a pas de rapport entre la pédophilie, qui est une perversion mentale plus encore qu’une déviation sexuelle et le célibat. Cela tout le monde le reconnaît aisément, au moins si l’on effectue correctement la distinction entre pédophilie et éphébophilie. L’éphébophilie (sexualité impliquant des jeunes sexuellement majeurs mais socialement et psychologiquement encore immatures) renvoie à une forme de domination sexuelle qui est évidemment déviante.
 
Quant à la pédophilie, elle dénote le besoin d’un partenaire sexuel… qui n’en est pas un. Elle manifeste un trouble psychique grave, qui trouve ses origines très tôt dans le développement du psychisme humain. On ne peut donc pas dire que la pédophilie s’explique par la pratique du célibat. Rappelons qu’elle touche beaucoup de personnes mariées, puisque 90 % des cas de pédophilie sont internes aux familles. Rappelons aussi qu’elle atteint évidemment toutes les professions qui sont en contact avec l’enfance. Ségolène Royal, il y a une paire d’années disait qu’il ne se passe pas de semaine sans que l’on puisse observer des cas de pédophilie au sein de l’Education nationale… Il est en tout cas vital que le discernement des vocations s’effectue dans la clarté et que les pédophiles qui deviennent prêtres pour se rapprocher des enfants soient  écartés du sacerdoce.

Quant à l’éphébophilie, qui désigne l’attrait d’un homme pour une jeunesse sexuellement mature de l’un ou l’autre sexe, elle trahit de la part de celui qui s’y livre une immaturité affective, un « complexe de Pygmalion », qui, pour être relativement fréquent, n’en est pas moins inquiétant par ce qu’il révèle d’inabouti dans la psychologie de celui qui abuse (même si l’abus ne va pas toujours jusqu’au viol). Notons que, dans le mythe, Pygmalion n’aime pas les femmes (parce qu’il en a peur ?) et qu’il tombe amoureux de la statue qu’il est en train de sculpter, parce qu’en la sculptant, il maîtrise totalement ce qu’elle est. Ces « détails » mythologiques (que l’on ne trouve pas dans toutes les versions du mythe) sont intéressants et importants en ce qu’ils révèlent une incapacité à un véritable partenariat affectif. La misogynie compulsive de certains candidats doit retenir l’attention des formateurs car elle peut être le révélateur d’une telle carence.

Pour une véritable formation au célibat choisi

Il me semble qu’une véritable formation au célibat (formation qui relève d’abord bien sûr de la connaissance de soi, de la volonté personnelle et de l’habitude personnelle) écarte cette immaturité affective et favorise une distance, qui est à cent lieues du culte consumériste de l’immédiateté et de la concentration purement sexuelle que dénote l’éphébophilie. Cela ne signifie pas que le prêtre aura exorcisé le péché une fois pour toutes. Personne n’est jamais définitivement établi dans le camp du bien. Mais cela veut dire qu’il est armé pour l’affronter, autant et plus qu’un « homme marié » ordinaire, chez qui le démon de midi s’invitera parfois à l’heure où on l’attend le moins, et parfois – hélas – sous cette forme purement consumériste ou sexuelle.

Ce qui manque le plus aujourd’hui, c’est l’estime pour le célibat choisi. Non, cet état de vie n’est pas un pis aller ou une contrainte plus ou moins nécessaire, mais la préférence mûrement pesée pour une forme de liberté qui seule autorise vraiment l’aventure intérieure dans ses déploiements les plus imprévisibles et les plus sanctifiants. On ne peut se contenter de dire que le célibat signifie simplement l’abstention sexuelle. C’est une manière d’envisager la vie et d’y établir des priorités qui n’ont rien à voir avec celles des personnes vivant en couples.
 
Il y a un célibat médiocre : célibat subi ou célibat mal choisi, fait de frustrations, d’égocentrisme maladif et de déni de la réalité environnante. Le célibat consacré ne tolère pas la médiocrité. Il doit être vécu comme un luxe, par lequel nous sommes affranchis des devoirs qui constituent la vie ordinaire des êtres humains avec les impératifs chronophages que l’on peut imaginer et dans lequel nous obtenons le saint loisir de vivre avec Dieu, sans préoccupation de rentabilité, de salaire, de carrière etc. Si l’on abandonnait ce modèle, resterait-il autre chose dans le clergé que des fonctionnaires de Dieu ?
 
Quant à la chasteté qu’implique le vrai célibat, elle constitue une manière de prier avec sa vie, non pas en paroles seulement, mais par une offrande concrète et sans cesse renouvelée, offrande qui nous interdit de nous en tenir à l’abstention, et qui oblige à mettre dans tout ce que l’on fait cet élan particulier, cette authenticité, que Freud appela jadis sublimation. Dans cette perspective, il faut toujours penser que nous n’aurons pas d’autres enfants que… nos œuvres !

Abbé Guillaume de Tanoüarn
Assistant Général de l’IBP

16 commentaires:

  1. Je suis bien de votre avis, mais on recrute des prêtres à 25 ans sans pouvoir prévoir comment ils évolueront.

    Toutefois je ne suis pas persuadé que l'on devienne pédéraste (terme plus juste que pédophile ; voir la différence entre philein et erastein)) sur le tard. Je crois au contraire que c'est une disposition innée (voir les cas de Montherlant ou de Gide).

    RépondreSupprimer
  2. Il y a aussi une tentative dans ce triste scandale de salir le pape alors qu'il est celui là même qui a décidé d'affronter ce problème. Jean Paul II, le pape de la miséricorde divine, lui aussi avait indiqué qu'il n'y aurait sans doute pas de pardon pour ce type de péché.
    Que cette sexualité soit immature c'est clair mais l'homosexualité aussi.
    Enfin le célibat des prêtres les mettait un peu en dehors de la société à l'époque de la norme du mariage; aujourd'hui dans les grandes villes c'est le contraire qui est devenu la norme.

    RépondreSupprimer
  3. Pas d'accord avec Laurent et avec JP2 : si l'on est chrétien, il y a un pardon pour toutes les fautes et tout le monde a la pmossibilité de se racheter quelle que soit l'horreur de son crime. Le Seigneur a dit q'il fallait pardonner septante fois sept fois, c'est à dire indéfiniment. Ce serait trop facile de ne pardonner que certains crimes et pas d'autres. sous l'ancien régime c'était le régicide qui était condamné comme un crime impardonnable, ce qui aujourd'hui nous semble incompréhensible (Louis 15 aurait bien laissé la vie sauve à Damien mais c'est le parlement de Paris qui a exigé le châtiment suprème).
    Cecit dit la grande majorité des cas ded pédophiliesont le fait de gens mariés menant appremment une vie de bon pèred famille qui s'attaquen aux enfants parce que ceux-ci ne peuvent se défendre.

    RépondreSupprimer
  4. Code de droit canonique de 1917 :

    Canon 2359 § 2 [Si des clercs dans les ordres sacrés] ont commis un délit contre le sixième commandement avec des mineurs de moins de seize ans, ou pratiqué adultère, viol, ‘bestialité’, sodomie, excitation à la prostitution ou inceste avec ses consanguins ou alliés au premier degré, ils doivent être suspendus, déclarés infâmes, privés de tous offices, bénéfice, dignité ou charge qu’ils pourraient avoir, et dans les cas les plus graves ils doivent être déposés.

    http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-03/20-6/CIC17l5.html#_Toc509674891

    Code droit canonique de 1983 :

    Canon 1395 – § 2. Le clerc qui a commis d’une autre façon un délit contre le sixième commandement du Décalogue, si vraiment le délit a été commis par violence ou avec menaces ou publiquement, ou bien avec un mineur de moins de seize ans, sera puni de justes peines, y compris, si le cas l’exige, le renvoi de l’état clérical.

    http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P53.HTM

    En comparant ces deux versions, j'ai deux questions qui viennent à l'esprit. Et je trouve que la communication de l'Eglise gagnerait à y répondre, plutôt que de renvoyer aux statistiques chez les autres. Pourquoi n'appliquait-on pas le code, dont la lettre était très stricte, avant 1983 ? Et pourquoi en 1983 s'est-on permis d'assouplir le texte ?

    Gérald

    RépondreSupprimer
  5. Le texte de 1917 était anachronique : que veut dire "déclarés infâmes" celà sent un peu son moyen-âge. Par ailleurs il n'y a plus dans l'Eglise de dgnités, de charges ni d'offices ; il n'y a plus que des services qui ne donnent plus droit à des privilèges.
    Le nouveau texte aboutit au même résultat, c'est à dire au envoi de l'état clérical, ce que l'on désignait alors sous l'expression de "déposition". C'est un peu l'équivalent de la révocation pour un fonctionnaire ou la destitution et la perte d'un grade militaire en cas de condamnation pénale.
    Cecit dit le texte de 1917 me semble bizarre. Comment un clerc dans les ordres sacrés, qui est nécessairement célibataire, pourrait-il comettre l'adultère qui, par définition, ne se conçoit qu'entre deux personnes mariées.

    De même l'expression "inceste avec ses consanguins" me semble pléonasmique car il ne saurait y avoir inceste qu'entre consanguins, sinon ce n'est plus de l'inceste.

    Ceci dit le code de 1983 est aussi mal écrit : qu'est-ce que le législateur ecclésiastique entend par "délit contre le sixième commandement du Décalogue" ? Pourquoi tourner autour du pot. Ne peut-on appeler un chat, un chat. Ces périphrases dignes des précieuses ridicules sont le triomphe de la langue de bois.
    Enfin l'Eglise n'a pas à jeter en pature les noms de ses ministres qui ont failli. Il faut les exclure de lers fonctions et les contraindre à réparer leurs fautes et notamment dédommager les victimes. Mais les ecclésiastiques indélicats auront à faire à un Juge à qui l'on ne peut raconter des histoires et qui juge avec justice et équité.

    Sur le problème du pardon il y a eu une excellente série de films dans le "Jour du Seigneur" sur France 2 qui nous ont montré le cheminement d'un couple dont l'enfant était mort après une fin atroce, victime d'erreurs médicales. Ce couple d'une grande élévaton morale était extrèmement digne dans sa douleur et j'ai eu l'impression que c'était en pardonnant et en acceptant le pardon que les victimes et le "coupable" ont commencé à trouver la paix. Il est vrai que des deux côtés l'on avait à faire à des personnes exceptionnelles.

    RépondreSupprimer
  6. Pour l'anonyme du 22 mars, l'adultère se pratique à deux... Quand on prêtre a une relation avec une femme mariée, il y a péché d'adultère...
    "Inceste avec des consanguins" renvoie à la question de la parenté spirituelle, je pense...
    Sur les questions de sexualité, l'Eglise ne tourne pas autour du pot : elle a toujours utilisé des périphrases (y compris dans le code de 1917) car selon St Paul "ces choses ne doivent pas être nommées entre vous".

    RépondreSupprimer
  7. Pour anonyme 22 mars, "infâme" a un sens précis : "L'infamie de droit est encourue uniquement par quelques délits auxquels le Code l'attache, par exemple la profanation des espèces consacrées (c. 2320). Elle rend irrégulier et inhabile à tout office ecclésiastique." Memento de droit canon, Emile Jombart, Beauchesne 1958, page 182, sur google books.

    Avec le texte de 1917, même s'il n'y a pas automatiquement déposition, il y a a minima privation de tout office, charge et dignité.

    Ceci dit, ce canon rigoureux ne semble pas avoir été appliqué durant les années 60/70/80, donc avant la réforme de 1983.

    Dans le code de 1983, même s'il est vrai qu'il peut y avoir déposition, le "sera puni de justes peines" est très imprécis et fait rentrer en ligne de compte la subjectivité et d'éventuelles circonstances atténuantes : la sanction peut être minime.

    C'est la voie ouverte à cette mentalité thérapeutique qu'un livre dû au Linacre Institute, structure de la Catholic Medical Association, rendrait, si l'on en croit la recension et l'extrait qui suivent, en grande partie responsable du développement des abus et de la réponse inadaptée qui leur a été apportée : After Asceticism: Sex, Prayer and Deviant Priests (2006).

    La présentation du père Finigan :
    http://www.faith.org.uk/Publications/Magazines/Jan08/Jan08BookReviews.html

    L'introduction du livre : http://www.catholicculture.org/news/features/index.cfm?recnum=50434

    Gerald

    RépondreSupprimer
  8. L'anonyme du 22 mars (celà me rappelle quelque chose) persiste et signe : tout celà est anachronique.

    En ce qui concerne l'adultère j'ai toujours compris que celui qui commettait l'adultère était le partenaire engagé dans les liens d'un mariage : l'amant d'une femme mariée n'est pas adultère où alors les mots n'ont plus de sens.

    La parenté spirituelle n'a, bien enendu, rien à voir avec l'inceste consaguin. Consanguin veut dire de mëme sang biologique et l'inceste ne peut être pratiqué qu'entre personnes de même sang (ascendants et descendants en ligne directe, collatéraux privilégiés).

    Contrairement à ce que vous dites, St Paul (je ne sais d'où vous tirez cette citation) mentionnait expressément l'ivrognerie, la débauche, la gloutonerie, la fornication etc.
    (e.g. 1 Corinthians 6: "9, Know ye not that the unrighteous shall not inherit the kingdom of God? Be not deceived: neither fornicators, nor idolaters, nor adulterers, nor effeminate, nor abusers of themselves with mankind, 10 Nor thieves, nor covetous, nor drunkards, nor revilers, nor extortioners, shall inherit the kingdom of God").
    Je vous renvoie également au 1er Testament qui précise les choses clairement (Lévitique et Deutéronome).
    Les manuels des inquisiteurs et des confesseurs étaient d'ailleurs fort explicites sur toutes les questions d'ordre sexuel et décrivaient avec beaucoup de réalisme ce qui était permis et pas permis ; j'y ai appris beaucoup de choses. Comme ce site n'est fréqenté que par des personnes extrèmement distinguées et,je le suppose, fort prudes que je ne voudrais pas choquer, je me garderai bien de citer des exemples réels.

    RépondreSupprimer
  9. Pour l'inceste, c'est une question de définition. L'inceste peut être pratiqué avec les alliés puisque le canon cité l'applique justement aux alliés au 1er degré. La parenté naturelle jusqu'au 4e degré est un empêchement dirimant au mariage selon le catéchisme de saint Pie X. Le canon vise donc l'inceste avec la belle mère, seconde épouse du père veuf, me semble-t-il.

    Pour ce qui est de l'adultère, je crois me rappeler qu'il était possible, même avant le dernier concile, d'ordonner des clercs mariés, sachant qu'il demeuraient alors toujours dans les ordres mineurs.

    Gerald

    RépondreSupprimer
  10. évidemment, ces sujets intéressent beaucoup plus que le débat sur vatican II...

    RépondreSupprimer
  11. A l'anonyme du 25 mars :

    s'ils étaient dans les ordes mineurs, ils n'étaient pas dans les ordres sacrés et toute votre argumentation s'effondre car le texte de 1917 ne visait que les seuls clercs dans les ordres sacrés (cad à l'époque à partir du grade de sous-diacre).
    A Antoine : détrompez-vous le débat sur Vatican 2 est capital. Ceci dit on a mis 2 siècles à "digérer" le Concile de Trente, alors il faudra encore un peu de temps pour que tout le monde assimile Vatican 2.

    Ceci dit l'Eglise romaine n'est pas au bout de ses peines en matière de morale sexuellle. Il faudrait peut-être accepter de vivre avec son temps.

    A long terme le célibat sacerdotal me semble condamné, du moins en ce qui concerne le clergé paroissial. Pour l'élite bien sur (Jésuites, dominicains, oratoriens etc ..) le célibat sacerdotal me semble plus acceptable et peut être nécessaire.

    RépondreSupprimer
  12. Vous avez raison dans votre dernier message. Mais c'est l'argument d'Antoine qui est le bon.

    "ADULTERE, péché qui se commet par des personnes mariées contre la foi qu'ils se sont promise dan le mariage en s'abandonnant à quelque autre, ou même par une personne non mariée, quand elle a commerce avec une personne qui l'est. (...)"

    (Bibliothèque sacrée, par les Révérends Pères Richard et Giraud, sur google books, Tome I, p. 250)

    Gerald, (pas si) anonyme du 25 mars.

    RépondreSupprimer
  13. A Gérald :

    Je suis peut-être borné et têtu, comme seul un breton peut l'être, mais je ne vois pas pourquoi il serait plus grave, pour un prêtre, d'avoir une "affaire" avec une femme mariée plutôt qu'avec une célibataire.

    L'ouvrage des Pères Richard et Giraud, date je crois des années 1950. Depuis il y a eu le code de 1983.

    Pour ma part je préfère qu'un prêtre ait des relations avec des adultes plutôt qu'avec des mineurs.

    Si l'Eglise avait admis le mariage des prêtres nous n'en serions pas là, car nous n'avons pas encore tout vu (nous n'en sommes qu'à la partie émérgée de l'iceberg) : Benoît 16 est dans la seringue.

    A l'heure actuelle nous ne sommes plus dans la problématique stérile "progressistes-traditionnalistes" mais dans un problème de lisibilité de l'Eglise romaine dans la société moderne. Comment relever le défi ? Certainement pas en proposant de vieilles recettes mais des objectifs ambitieux et hardis à la hauteur des problèmes que nous traversons.

    Personnellement je trouve que l'exorde de Gaudium et spes "a de la gueule" et définit bien ce que nos contemporains attendent de nos jours de l'Eglise :

    "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur. Leur communauté, en effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit-Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain (humani generis) et de son histoire."

    En ce qui concerne les soufrances nous n'en manquons hélas pas (Haîti etc...)

    RépondreSupprimer
  14. Avec une femme mariée, il y a quand même le mari dans le paysage et, le cas échéant, les enfants. Donc ça semble a priori plus grave. Je pense que même un laïc athée pourrait tomber d'accord sur ce point. Par ailleurs, si le mariage est religieux, il y a atteinte à un sacrement, ce qui est problématique pour un clerc.

    Comme vous, le code de 1917 condamnait davantage les relations avec une femme célibataire (c. 2359 § 1), c'est-à-dire le cas des clercs concubinaires, que les relations avec des mineurs.

    Je ne vois pas en quoi le fait de refuser le mariage des prêtres explique le plus fort taux de pédophilie. Les pédophiles flamboyants qui bénéficiaient de l'indulgence de Libération dans les années 70/80 (faire recherche google) n'étaient pas tombés dans la pédophilie parce que le pape leur aurait interdit le mariage.

    Peut être que le fait que les prêtres ait une position de pouvoir et un contact facile avec des enfants peut attirer des pédophiles dans les séminaires, comme chez les moniteurs de colonies de vacances ou les éducateurs spécialisés. Mais en quoi la possibilité du mariage, qui ne doit pas intéresser plus que ça les pédophiles, réglerait-il ce problème (le pape n'interdit pas aux moniteurs de colonies et aux éducateurs de se marier) ?

    Il y a un point qui pourrait expliquer que la prêtrise attire certains pédophiles et aussi certains homosexuels, c'est qu'elle constitue une couverture pour cacher à sa famille les vraies raisons d'un désintérêt pour le mariage. cela doit quand même rester marginal et, par ailleurs, ce n'est pas un problème de célibat des prêtes à proprement parler, mais plutôt de discernement des vocations et de vigilance à l'entrée du séminaire.

    L'exorde de Gaudium et Spes ne va pas contre le célibat des prêtres. Après tout, si l'on veut partager "les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent" et, pour reprendre Francis Jammes, celles du "malheureux dont les bras ne purent s'appuyer sur une amour humaine", on est, me semble-t-il plus crédible en restant célibataire qu'en jouissant de sa cure anglicane, en prenant une charmante épouse et en partant en vacances avec ses deux ou trois enfants comme tout brave citoyen britannique qui atteint l'honnête bonheur de la classe moyenne. On est plus disponible aussi. Vous ne voudriez quand même pas que la femme du curé demande le divorce parce que son mari s'occupe trop de ses paroissiens et pas assez de sa famille ?

    Gérald

    RépondreSupprimer
  15. Réponse à Gérald,

    Je connais très bien l'Eglise d'Angleterre et je puis vous assurer que les prêtres, qui sont en général marié-e-s sont parfaitemnt équilibré-e-s, et sont beaucoup plus proches des fidèles que les prêtres catholiques romains. en tout cas il n'y a pas de scanndales pédophiles dans la communauté anglicane alors qu'en Irlande dans l'Eglise catholiques. Il faudra qu'om m'explique purquoi le problème se pose uniquement dans la partie occidentale de la seule Eglise catholique (il n'y a pas non plus de problèmes dans les eglises orientales qui comportent un clergé marié.)

    Je plains Benoît 16, qui semble mouilé jusqu'au cou dans des affaires peu reluisantes, a un sacré (c'est le cas de le dire) problème à réosudre sur les bras.

    En tout cas chaque jour amène son nouveau scandale (aujourd'hui dans l'Aube, cela ne s'invente pas).

    RépondreSupprimer
  16. Un internaute a écrit :
    "Il y a un point qui pourrait expliquer que la prêtrise attire certains pédophiles et aussi certains homosexuels, c'est qu'elle constitue une couverture pour cacher à sa famille les vraies raisons d'un désintérêt pour le mariage. cela doit quand même rester marginal et, par ailleurs, ce n'est pas un problème de célibat des prêtes à proprement parler, mais plutôt de discernement des vocations et de vigilance à l'entrée du séminaire".
    Vous avez exactement posé le problème ; beaucoup de jeunes qui veulent entrer au séminaire semblent plus immatures que leurs ainés il y a quarante ans. C'est corroboré par le fait qu'on voit un cerain nombre de jeunes prêtres abandonner leur ministère au bout de trois ou quatre ans.
    Jadis les prêtres étaient recrutés dans de vieilles familles catholiques le plus souvent nombreuses et l'entrée dan sles ordes se faisait naturellement.
    Aujourd'hui on recrute souvent les séminaristes parmi des néophytes, certes enthousiastes (et parfois exaltés), mais sans "background" ni véritable culture ni tradition catholique. (récemment j'ai demandé à de jeunes séminaristes quelle était la différence entre l'art roman et l'art gothique : j'attends toujours la réponse, d'ailleurs celà ne semblait pas les intéresser).
    L'échec est donc inévitable.
    Mais cette immaturité des jeunes se constate aussi dans le mariage : selon les statistiques officielles, un mariage sur deux à Paris se termine par un divorce dans les dix ans.
    On dirait que les jeunes ont du mal à concevoir un enagement sur le long terme et reculent devant les inévitables premières difficultés du mariage ou du sacerdoce, voire même du travail, car il est devenu banal pour de jeunes cadres brillants de changer d'entreprise au moindre problème avec un supérieur ou des collègues. On voir même de jeunes officiers quitter l'armée pour entreprendre une carrière de fonctionnaire civil ou de cadres dans le privé. Même à St Cyr le concept de vocation se perd.
    A mon avis, c'est fort préoccupant pour l'avenir de notre société.

    RépondreSupprimer