jeudi 7 février 2013

Jean-Christian Petitfils : ce que l'historien peut dire de Jésus

Alors que nous avons le grand honneur au Centre Saint Paul de recevoir Jean-Christian Petitfils le 12 février prochain, mardi, à 20 H 15, pour une conférence sur son Jésus, je publie sur ce blog l'entretien qu'il avait donné à Monde et Vie au moment de la sortie de son livre, livre dont il dédicacera la grande édition ou l'édition de poche ce 12 février.
Jean-Christian Petitfils, vous êtes un spécialiste incontesté de l’histoire de l’Ancien Régime. Concernant cette période, vous avez écrit aussi bien sur le dessous des cartes - sur l’Affaire des poisons, sur le Masque de fer ou sur le véritable d’Artagnan - que sur les rois qui ont illustré la France de ce temps-là, Louis XIV et Louis XVI en particulier. Vous le faites dans un style fluide, facile, mais en même temps en marquant une extrême attention aux personnes. On a l’impression que votre travail d’historien consiste à faire revivre des physionomies que le temps avait englouties, sans rentrer dans les méandres du psychisme, dont il est presque impossible de faire l’histoire, mais avec un désir de clarté, une recherche de l’évidence. On a l’impression que c’est ce besoin de clarté, ce goût de l’évidence, s’appuyant sur les faits et les documents incontestables, qui vous anime lorsque vous tentez de brosser ce portrait du Jésus de l’histoire. Quelle a été votre intention profonde en choisissant de vous attaquer aujourd’hui à un tel sujet ?
L’idée de ce livre m’est venue vers 1983-1984 à la lecture de deux ouvrages qui faisaient grand bruit à ce moment-là dans les milieux exégétiques, Le Christ hébreu de Claude Tresmontant et La naissance des évangiles synoptiques de l’abbé Jean Carmignac. La question était de savoir en quelle langue avaient été écrits les quatre Evangiles et si ces textes, plus anciens qu’on ne le croyait, étaient fiables historiquement. Puis sont venus les travaux non moins riches d’un grand exégète français, le père Philippe Rolland (L’origine et la date des évangiles). Sa contestation de la priorité de l’évangile de Marc m’a paru lumineuse. Même si je ne partageais pas toutes les hypothèses de ces chercheurs, il y avait bien là matière à réflexion.

A cela se sont ajoutés des livres « grand public », cherchant souvent le scandale. Je pense à l’ouvrage de Jacques Duquesne qui, à mon avis, a répandu sur Jésus des idées contestables. Et je ne parle pas, bien entendu, des fantaisies d’un Gérald Messadié ou d’un Dan Brown ! Pour toutes ces raisons, j’ai voulu écrire une nouvelle biographie, la plus documentée, la plus précise possible, montrant que le « Jésus de l’histoire » ne s’opposait nullement au « Christ de la foi ».
Comment expliqueriez-vous la spécificité de votre tentative dans cette biographie monumentale ? Un Jean-Claude Barreau s’était essayé déjà à une biographie du Christ. En quoi votre travail est-il différent ?
L’historien doit, à mon avis, utiliser tous les outils de sa science – analyse et confrontation des documents, replacés dans leur contexte, croisement des sources, utilisation des données archéologiques, etc. – mais rien que les outils de sa science. Il n’a pas à prendre parti sur des mystères qui lui échappent : guérisons, exorcismes, miracles, et a fortiori la Résurrection. Sur ces sujets, il doit rester ouvert au surnaturel. Dans sa biographie de Jésus, Jean-Claude Barreau, au contraire, est parti de présupposés historiquement contestables (les frères de Jésus, présentés comme une certitude historique…). Il pense qu’une partie des paroles prêtées à Jésus sont « des élaborations théologiques » des communautés postérieures. Or, compte tenu de ce qu’on sait aujourd’hui de la genèse des évangiles, ceci est loin d’être prouvé.
Les historiens avant vous ont souvent regardé saint Jean et son Evangile avec suspicion. Le pape Benoît XVI, dans son récent Jésus de Nazareth, a exploité en priorité les synoptiques, Matthieu surtout, puis Marc et Luc. Quant à vous, vous faites du Quatrième Evangile le fondement de votre documentation historique et de saint Jean l’architecte de votre récit. Vous le suivez de près dans son récit de la Passion, par exemple en situant Gethsémani avant la Cène, contre la coutume qui valorise les récits des autres évangélistes. Pourquoi? Qui était saint Jean en réalité?
Que le Saint-Père se soit appuyé sur les évangiles synoptiques pour donner ses deux magnifiques commentaires sur Jésus de Nazareth ne me heurte évidemment pas, puisqu’il s’agissait pour lui de faire une exégèse théologique, débordant la vieille exégèse historico-critique. Mais quand on veut reconstituer la vie publique de Jésus, c’est vers l’évangile de Jean qu’il faut se tourner. A la différence des auteurs des synoptiques, qui ne sont pas des témoins directs (même si l’évangile de Matthieu comporte probablement un noyau primitif écrit en araméen par Lévi dit Matthieu, l’un des Douze), Jean est un disciple de la première heure, un témoin oculaire. « C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est conforme à la vérité » (Jean 21, 24). Si l’on se rapporte à un texte du milieu du IIe siècle, le canon de Muratori, ce « nous » renvoie à un groupe de disciples et d’apôtres (dont André, frère de Simon-Pierre) qui a encouragé le « disciple bien-aimé » à écrire son évangile. Ce Jean, mort à Ephèse en 101 de notre ère, n’était pas l’un des Douze, Jean, fils de Zébédée, le pêcheur du lac de Génésareth, mais très vraisemblablement un disciple de Jérusalem, faisant partie du haut sacerdoce. Il était « prêtre », disait Polycrate, évêque d’Ephèse au IIe siècle, et avait porté le petalon, la lame d’or, insigne réservé aux membres des grandes familles sacerdotales. Son évangile montre d’ailleurs qu’il connaît mieux Jérusalem que la Galilée et les bords du lac. La chronologie de ce témoin, très versé dans la connaissance du judaïsme et d’une éblouissante spiritualité, est à préférer à celle des synoptiques qui ont ramassé en une année le ministère public de Jésus, lequel s’est étalé sur trois ans et demi environ, de 30 à 33.
Ernest Renan, au XIXe siècle, avait essayé de donner au public une vie de Jésus dans laquelle il ne prenait pas en compte les miracles du Galiléen. Une telle méthode demeure-t-elle possible ou crédible selon vous ?
Renan était prisonnier des illusions scientistes et positivistes de son temps : croyance dans le progrès indéfini, négation du surnaturel… « Si le miracle a quelque réalité, avouait-il, mon livre n’est qu’un tissu d’erreurs. » L’historien d’aujourd’hui n’a pas à partir de tels présupposés philosophiques. Il doit être rationnel, mais non rationaliste.
Votre propre démarche historique est beaucoup plus précautionneuse. Vous vous refusez par exemple à faire de la multiplication des pains un pique-nique tiré du sac. Comment faites-vous rentrer les miracles du Christ dans le domaine d’investigation de l’historien ?
Il est impossible à l’historien de « prouver » un miracle. Cela relève de la foi. Cependant, il peut observer que les premières communautés chrétiennes ont attaché une telle importance à ce miracle qu’elles l’ont reproduit à six reprises dans les quatre évangiles. Ce serait beaucoup pour un banal partage de casse-croûte!
Sans avoir l’air d’y toucher, par les précisions historiques que vous apportez, vous renouvelez parfois la compréhension de tel ou tel épisode de l’Evangile. Pouvez-vous donner un ou deux exemples de ce qu’apporte à la compréhension du message du Christ une parfaite connaissance du cadre spatio-temporel dans lequel se déroule l’histoire de Jésus?
Quand Jésus dit à la foule : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! », on se situe au dernier jour de la fête des Tentes (Soukkot) de l’an 32. Or, c’est précisément le jour où une procession de prêtres va chercher l’eau à la piscine de Siloé, pour l’apporter au Temple dans une carafe d’or. Quand il dit quelques heures plus tard : « Moi, je suis la lumière du monde », la fête s’achève par le rite vespéral des lumières. Dans le Temple, le peuple chante et danse devant les quatre chandeliers qu’on vient d’allumer, un flambeau à la main… Preuve que les paroles de Jésus, situées dans un contexte historique bien défini, n’ont pas été inventées.
Dans votre recherche de documents historiques à partir desquels vous reconstituez la vie de Jésus, vous n’excluez pas le Suaire de Turin ni d’autres reliques de la Passion. Qu’apportent-elles à la compréhension des faits qui entourent la mort de Jésus?
Depuis la fameuse datation au carbone 14 du linceul de Turin en 1988, de nouvelles découvertes scientifiques ont été faites. Elles vont toutes dans le même sens, celui de l’authenticité. On a même établi que les taches de sang figurant sur les trois grandes reliques de la Passion pouvaient se superposer : le linceul de Turin, le suaire d’Oviedo (linge qui aurait été mis sur le visage de Jésus à sa mort) et la tunique d’Argenteuil qu’il aurait portée sur le chemin de croix. Le groupe sanguin est le même, un groupe rare : AB. Or, ces reliques, qu’on a tout lieu désormais de tenir pour authentiques, éclairent de façon fascinante le déroulement de la Passion : le chemin de croix, le crucifiement, la descente de croix et la mise au tombeau.
Vous traitez des Evangiles de l’Enfance du Christ dans l’épilogue de votre biographie. L’historien, selon vous, peut-il vérifier quelque chose de ces récits ou bien est-ce la foi pure qui les reçoit ?
L’historien ne peut naturellement se prononcer sur la naissance virginale de Jésus, mais il notera quelques faits, notamment celui-ci : on a longtemps considéré que le vœu de virginité prononcé par Marie, tel qu’il découle de l’évangile de Luc, était incompatible avec la mentalité juive, cantonnant la femme dans son rôle procréateur. Or, on a découvert dans les manuscrits de la mer Morte un texte mentionnant ces vœux de continence pour des raisons d’oblation religieuse, même à l’intérieur du mariage : « Si une femme mariée prononce un tel vœu sans que son mari le sache, il peut déclarer ce vœu nul. Si toutefois il est d’accord avec une telle mesure, les deux sont dans l’obligation de le garder. » Cela permet de comprendre la surprise de Marie, vierge consacrée, à l’annonce de l’ange Gabriel, et celle de Joseph, héritier du clan davidique, qui avait songé à la répudier en secret. C’est encore un exemple montrant que l’Histoire peut éclairer la Foi.

Propos recueillis par Joël Prieur

Un travail sans équivalent
Tout le monde connaît la Vie de Jésus publiée par Ernest Renan en 1863 et qui fut un des best-sellers du XIXème siècle. Nous n’avions rien d’équivalent et de plus récent à nous mettre sous la dent, parce que les Evangiles, malgré leur simplicité, sont devenus une sorte de champ clos pour lequel s’affrontent des spécialistes pointilleux et pointillistes, qui savent tout sur une phrase (on dit : une péricope) du Christ, mais qui sont incapables d’un travail d’ensemble. Du coup, ces Augures allaient répétant qu’il est aujourd’hui impossible d’écrire une Vie de Jésus. Impossible ? Jean-Christian Petitfils n’a pas cherché à faire un long et fastidieux discours de la méthode biblique pour savoir si c’était possible ou impossible. Il a voulu prouver le mouvement en marchant. Cette Vie de Jésus, alimentée aux meilleurs travaux des spécialistes contemporains, il la propose aujourd’hui. Elle est en librairie. Il ne s’agit pas d’un essai personnel, comme avait pu l’être la Biographie de Jésus, réalisée il y a dix ans par Jean-Claude Barreau. Jean-Christian Petitfils affronte tous les problèmes, depuis l’historicité des Evangiles de l’Enfance du Christ jusqu’à la chronologie de la Passion. Il a tout lu. Il n’avance rien qui ne soit soigneusement référencé. Le résultat est étonnant. On le lit en se demandant : et si le Jésus de l’histoire ne menait pas tout simplement au Christ de la foi ? Une pareille synthèse est aujourd’hui sans équivalent. Et le style extrêmement fluide de Jean-Christian Petitfils rend cet ouvrage abordable par tous. Si Jésus n’est pour vous qu’un nom, associé à de vagues citations, le livre de Petitfils lui donne un visage dont il n’est pas facile de détourner les yeux.

38 commentaires:

  1. Labbé Denis Puga fait les remarques suivantes, quel est votre avis ?

    Mais tout en proclamant vouloir ne faire qu’œuvre d’historien, l’auteur s’engage dans une toute autre voie non scientifique. Cherchant son inspiration auprès de quelques exégètes modernes du XXe siècle comme Xavier Léon Dufour, le P. Benoit, le P. Grelot et surtout en se mettant aveuglément à la remorque des thèses de l’Ecole Biblique de Jérusalem, Jean-Christian Petitfils part d’un a priori : le genre littéraire des évangiles, et tout spécialement des évangiles que l’on nomme synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), serait un genre tout à fait à part. En effet l’intention des auteurs ne serait pas de nous rapporter les événements tels qu’ils se sont déroulés en réalité mais tels que les auteurs les ont perçus et entendent les transmettre aux fidèles. Bien entendu, en aucun endroit de son ouvrage Jean-Christian Petitfils ne nous explique, et encore moins ne nous démontre, pourquoi il en aurait été ainsi et pourquoi, surtout, il a choisi, lui historien, de suivre cette thèse qui a toujours été rejetée dans l’Eglise catholique jusqu’au milieu du XXe siècle. Mais, comme le déclare notre auteur sans nostalgie aucune, c’était une « époque pas si lointaine où l’on tenait les écrits évangéliques pour vérité historique irréfragable » (p. 469). Saint Pie X stigmatisait déjà il y a un siècle les exégètes modernistes : « Il semblerait vraiment que nul homme avant eux n’a feuilleté les livres saints, qu’il n’y a pas eu à les fouiller en tous sens une multitude de docteurs infiniment supérieurs à eux en génie, en érudition » (encyclique Pascendi). Les vingt pages de bibliographie à la fin de cet ouvrage sur Jésus sont éloquentes : 98 % des études citées sont postérieures aux années soixante. En un mot avant le concile Vatican II, il semblerait que la véritable exégèse n’ait pas existé. Des grands noms qui ont illustré, tant dans les universités romaines que dans les instituts catholiques, la défense de l’historicité des évangiles, pas un seul n’est cité, comme par exemple les pères Tromp, de Grandmaison, Renié, l’abbé Fillion etc…

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    1. C’est toujours l’éternel problème de l’affrontement entre la science et la foi.
      Les hommes d’église n’ont aucune idée de ce qu’est la démarche scientifique : réunir des faits, en tirer une théorie, continuer à réunir des faits sans avoir peur de contredire la théorie qui a été élaborée, puis, in fine, en tirer une nouvelle théorie, etc.
      On veut également toujours conserver comme des vérités éternelles les faits qui ont servi à construire les théories dans le passé.
      C’est ainsi que, par exemple, est souvent mise en avant l’histoire du « disciple bien-aimé ». On veut à tout prix, comme ce fut le cas à une époque, lui attribuer la rédaction du 4e Évangile, même si les faits accumulés depuis montrent qu’il n’a pu être rédigé avant la toute fin du premier siècle, sinon le début du IIe siècle.
      De plus, quel étalage d’orgueil ce serait si l’auteur se désignait sous l’appellation de « disciple bien-aimé », sans jamais justifier cette appellation par une identification nominale. N’est-il pas plus simple de dire que l’auteur, quel qu’il soit, de ce 4e Évangile, a voulu définir, en réalité, ce qu’est un disciple bien-aimé de Jésus, un disciple idéal, en décrivant le comportement que devrait avoir ce disciple.
      Autre tentation récurrente, vouloir à tout prix faire des évangélistes des reporters écrivant à la volée les actes et les paroles du Christ.
      Autres divagations, celle de Claude Tresmontant, entre autres, qui voulait faire du Christ quelqu’un qui parlait hébreu, à l’encontre de tout ce que l’on sait des mœurs de son temps : la langue des juifs galiléens était l’araméen, le grec était une langue vernaculaire de la Palestine, indispensable pour tous ceux qui avaient à voyager à travers le pays et qui devait affronter le monde « romain » qui, Pilate en particulier, parlait le grec de la koïnè. L’hébreu, lui, était depuis longtemps une langue liturgique, utilisée par les responsables religieux, langue officielle du culte, comme l’est, d’ailleurs, de nos jours, le latin dans l’église catholique. C’est à tel point que les participants du culte de la synagogue, qui ne comprenaient plus l’hébreu, avaient besoin du «meturgeman » pour traduire l’hébreu en araméen, donnant ainsi naissance au texte araméen de la Bible hébraïque, appelé « targum ».
      Alors, soyons sérieux, et surtout, soyons humbles et reconnaissons que nos connaissances de Jésus, de son milieu, de son histoire, de son parcours sur terre, et en général de tout ce qui le concerne, ne sont que parcellaires, ce qui doit nous inciter à toujours travailler et méditer pour l’approcher toujours davantage.

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    2. "Autre tentation récurrente, vouloir à tout prix faire des évangélistes des reporters écrivant à la volée les actes et les paroles du Christ".

      Vous avez parfaitement raison. Les évangélistes ont écrit longtemps après les faits et leurs souveirs ont pu se mélanger quoi de plus normal. Mais grosso modo les synoptiques, qui n'avaient pas de contacts entre eux, disent a peu près tous la mêmeme chose en suivant le même plan tout en gardant chacun sa propre sensiblité. Ce qui prouve bien la vérité de leurs démarche.

      L'Evangile de Jean au contraire me parait-être une sorte de méditation théologico métaphysique pour les intellectuels de son temps qui s'intéresse moins à la personne de Jésus qu'à sa doctrine. Il a été composé très tard par des gens n'ayant pas connu le Maître. Celà fait une sorte de contrepoint avec les synoptiques.

      Il est toujours intéressant de comparer les récits de la passions de Jean et de Matthieu comme le fait BACH dans ses passions*. L'analyse musicale permet de mieux comprendre ce drame ; je vous conseille à ce sujet de lire un excellent livre de J. CHAILLEY consacré aux passions du Cantor (peut-ête épuisé). De même que le Magnificat de BACH est le plus magnifique (c'est le cas de le dire) des commentaires consacrés au cantique de Marie (il est vrai que JSB devait connaître par coeur le commentaire admirable de Martin Luther). C'est du catéchisme musical.

      Bien entendu, je laisse ces farceurs de Tresmontant, Carmignac et autre Rolland qui n'ont jamais été pris au sérieux par aucun vrai théologien. Le Christ hébreux c'est vraiment à se tordre. Jésus parlait un dialecte araméen et baragouinait plus ou moins le grec, langue véhiculaire de l'époque (voir infra). Lorsque la Sainte Famille est partie en exil en Egypte elle a bien été obligée de s'exprimer en grec (langue usuelle de ce pays à cette époque), un peu comme aujourd'hui un réfugié sri-lankais ou pakistanais est bien contrait de parler la langue de son pays d'accueil sinon toute vie sociale est impossible ; le petit Jésus a donc du apprendre ne serait-ce que des lambeaux de grec).

      * Un seul exemple topique le démontrera. Il s'agit du passage 21 f de la passion selon Jean : "Wir haben ein Gesetz" traité en strict canon pour faire ressortir l'importance du concept de Loi pour la turba.

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  2. suite

    Influencé par les études de Xavier Léon-Dufour, Jean-Christian Petitfils manifeste une préférence indéniable pour l’Evangile de Jean (qui, pour notre auteur, n’est pas de saint Jean l’apôtre…) au point d’entreprendre de nous libérer en matière historique de la « Tyrannie du Jésus des Synoptiques » (p. 544). C’est pourquoi, tout au long de son ouvrage, il n’a de cesse de mettre en doute la réalité des événements que les évangiles de Matthieu, Marc et Luc nous rapportent. Un épisode rapporté par ceux-ci viendrait à être absent de l’évangile de Jean, aussitôt la suspicion apparaît quant à sa vérité. Cela n’empêche pas l’auteur de prétendre que Jean lui-même n’est pas forcément toujours fidèle à l’histoire réelle, la part de symbolique ayant son rôle !



    Une vision partiale et fausse

    Quelles vont être les conséquences de l’application par l’auteur d’un tel filtre d’a priori sur l’historicité de nos évangiles ? Donnons quelques exemples tirés de l’ouvrage lui-même. Il ne sera pas alors difficile au lecteur de comprendre que, pour Jean-Christian Petitfils, il y a un fossé entre le Christ de la Foi et le Christ de l’Histoire.

    Le récit de la tentation du Christ au désert est un « récit fictif illustrant une idée théologique ». (p. 96). Le voir autrement serait faire preuve d’une « lecture fondamentaliste.» (Idem).

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  3. suite à la suite

    La prière et l’agonie de Jésus à Gethsemani : « Le récit des synoptiques est une construction élaborée à partir de diverses traditions et phrases hors de leur contexte » (p. 290). « Historiquement il n’est pas simple de dire ce qu’il s’est passé » et l’auteur de renvoyer l’épisode au dimanche de l’entrée triomphale dans Jérusalem en l’assimilant à un tout autre épisode rapporté par l’évangile de Jean.

    Le baiser de Judas ? « Peut-être une figure littéraire et symbolique soulignant la perfidie extême » (p. 309).

    La comparution de Jésus devant le Sanhédrin dans la nuit du jeudi au vendredi durant laquelle le Christ se déclarant Fils de Dieu ce qui lui vaut d’être déclaré digne de mort ? Lisez bien : « Jésus n’a jamais comparu devant le Sanhédrin ». « Les évangélistes ont agrégé dans un procès fictif l’ensemble des éléments qui l’opposaient aux autorités juives ». (p. 320).

    Le procès devant Ponce-Pilate ? Sur le plan historique affirme l’auteur, « il n ‘y a aucune certitude que les événements se sont passés comme Matthieu les rapporte » ; (p. 350). Et bien sûr Jean-Christian Petitfils, pour ne pas aller à l’encontre de la pensée dominante contemporaine, n’hésite pas à déclarer que les paroles des Juifs réclamant sur eux la responsabilité du sang qui va être versé (paroles qui selon lui n’ont probablement pas été prononcées !) « vont nourrir chez les chrétiens un antijudaïsme, une haine des Juifs comme peuple déicide, que rien, absolument rien ne justifie. Elles vont servir de prétexte à des siècles de meurtres, de pogroms et d’incompréhension » (p. 350). Trois fois l’auteur réaffirme cela dans son ouvrage.

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    1. Sur le fond Petifils n'a peut être pas tort en soulignant l'origine de l'antisémitismme chrétien. Mais il aurait du se relire plus atentivement et écrire : "il n ‘y a aucune certitude que les événements se SOIENT passés comme Matthieu les rapporte". J'ajouterai qu'il n‘y a aucune raison de croire que les événements ne se soient pas passés comme Matthieu les rapporte". En conclusion inutile de dépenser 30 ou 40 € pur faire l'acquisition de ce livre.

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  4. suite ter

    « Mon Père pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Que penser de cette parole de Jésus sur la Croix ? « Ce cri de détresse a-t-il réellement jailli de la bouche de Jésus » se demande l’auteur ? « Certains en ont douté. » Mais on peut « supposer un arrière fond historique ». D’où la question qu’il se pose, sans y répondre : « A partir de quel élément réel les synoptiques ont-ils élaboré leur version ? » Il avance cependant une hypothèse « Jésus aurait simplement soupiré : Mon Dieu, c’est toi » ! (p. 393). Comme on le voit en quelques lignes il ne reste quasiment rien de l’historicité de l’une des paroles les plus sublimes et bouleversantes du Christ méditée par les générations de chrétiens depuis les origines de l’Eglise.

    Pour les récits de la Résurrection du Christ, il en est de même : « On n’est pas obligé de croire littéralement Matthieu lorsqu’il nous dit que l’Ange s’adresse aux femmes pour leur dire que le Christ est ressuscité » p. 434. Et l’auteur de conclure : « C’est ici au tombeau vide que s’arrête l’Histoire et que commence la Foi. L’historien sans s’engager sur la résurrection de Jésus ne peut à partir de ce moment qu’enregistrer les témoignages, les confronter » (p. 432). Mais permettons-nous d’objecter gravement à l’auteur : si l’historien ne peut me dire si les témoignages sur la résurrection de Jésus sont crédibles, qui pourra m’en donner la certitude pour me permettre de poser mon acte de Foi ?



    Les récits de l’enfance

    Jean-Christian Petitfils n’examine les récits évangéliques de l’enfance de Jésus qu’à partir de la page p. 451 dans son épilogue. Cela en dit déjà long sur l’estime que l’historien qu’il se veut d’être leur porte ! Que dit-il ? « Ces récits n’entretiennent pas le même rapport avec l’Histoire que les récits de la vie publique de Jésus. » (Et nous avons vu auparavant que l’historicité de ces derniers avait déjà beaucoup de lacunes !) « Ils sont le fruit d’une activité rédactionnelle élaborée… dans le dessein spécifique d’exalter l’origine divine de Jésus dans sa conception (p. 454)… Leur théologie prend volontairement la forme du merveilleux.

    Leur écriture colorée, enjolivée d’anecdotes, fait la joie de la piété populaire. » (p. 455). Et l’auteur de citer le cardinal Ratzinger : « Ces récits débordent radicalement le cadre de la vraisemblance historique ordinaire et nous confrontent avec l’action immédiate de Dieu ». Tout est là, pour Jean-Christian Petitfils et ses inspirateurs : sans la foi, il est impossible de dire ce que fut historiquement l’enfance de Jésus.

    Concluons. Tout l’ouvrage est sous-tendu par une vision moderniste de l’inspiration des écritures, que le pape saint Pie X a parfaitement stigmatisée et condamnée dans son encyclique Pascendi : « Ils distinguent, dit le Pape, soigneusement l’Histoire de la foi et l’histoire réelle ; à l’histoire de la foi, ils opposent l’histoire réelle, précisément en tant que réelle ; d’où il suit que des deux Christ l’un est réel ; celui de la foi n’a jamais existé dans la réalité ; l’un est venu en un point du temps et de l’espace, l’autre n’a jamais vécu ailleurs que dans les pieuses méditations du croyant ».

    Jean-Christian Petitfils, en écrivant son « Jésus » ne s’est sans doute pas rendu compte qu’en se mettant à l’école d’exégètes modernistes plutôt que d’agir en véritable historien, il perd toute vision objective de la véritable histoire de Jésus. Pour le non chrétien, cet ouvrage ne pourra l’amener qu’à la conclusion que l’on ne possède guère de sources crédibles sur l’histoire du Christ. La foi du lecteur chrétien, quant à elle, sera ébranlée au point qu’il finira par se demander si le Christ auquel il croit est bien le même que celui qui a vécu parmi nous. Echappé de sa période historique habituelle où il excelle, Jean-Christian Petitfils a fait une téméraire incursion dans l’Antiquité Chrétienne.

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    1. « Mon Père pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Que penser de cette parole de Jésus sur la Croix ? « Ce cri de détresse a-t-il réellement jailli de la bouche de Jésus » se demande l’auteur ? « Certains en ont douté. » Mais on peut « supposer un arrière fond historique"


      réponse :


      Qu'est-ce qu'il en sait ce Monsieur Petifils ? Est-ce qu'il était au pied de la Croix ?

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  5. La différence avec Renan réside dans le fait que Renan écrivait admirablement le français. Quand on lit Petitfils on a l'impression de lire un livre (mal) traduit de l'allemand. C'et pourquoi je préfère en rester à Renan et à Taine qui ont enchanté mon adolescence tout comme Marcel Proust a illuminé toute ma vie.

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  6. Merci de ressortir cette oeuvre précieuse du fatras des discours et des écrits quotidiens déversés par tous les canaux médiatiques.

    Ne manquent plus que les théologiens prenant la suite des premiers défricheurs pour continuer de labourer le sol du donné brut et riche de futures moissons

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  7. A l'attention d'Alain P quelques mots sur l'abbé Puga professeur d'exégèse à Ecône : le seul professeur d'exégèse qui ne connaissait ni le grec (langue des Evangile) ni l'hébreu (langue de la plupart des livres de l'AT, même s'il faut aussi utiliser la LXX... en grec, qui est plus ancienne que la Massore). Pour le coup, si je m'étais contenté de ses cours, j'aurais perdu la foi ! Je critique rarement la matrice dont je suis sorti, mais alors là... pardon !
    Quant au passage incriminé, il n'est pas juste de dire que Petitfils exclut que Jésus ait dit: Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'avez vous abandonné ? Il ne cite pas Petitfils intégralement. Mais notre auteur est très soucieux de montrer que cette exclamation n'est pas un acte de désespoir du Christ et il utilise un argument tiré du remarquable commentaire de Saint Jean du Père Léon-Dufour (qui en a fini avec ses frasques d'exégète soixante-huitard dans cet ouvrage en quatre volumes publié dans les années 90).
    Le livre de Petitfils est à faire lire à tous ceux qui n'ont pas la foi : il nous montre que le Jésus de l'histoire (et des historiens) est si proche du Christ de la foi que l'on passe insensiblement de l'un à l'autre.
    Quant à l'abbé Puga qui veut supprimer la foi comme voie d'accès à la résurrection du Seigneur (si j'ai bien compris sa critique), alors vraiment je ne vois pas comment il peut le faire théologiquement. Je rappelle que la foi est le fruit du Premier mystère glorieux de notre rosaire, qui nous fait méditer sur... la résurrection justement ! De là à ce que le rationaliste Puga nous dise qu'il ne faut pas transformer la résurrection en un phénomène subjectif... il n'y a qu'un pas... de clerc.

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    1. Un professeur d'exésège ne sachant ni le grec ancien ni l'hébreu biblique voila qui en dit long sur le sérieux des séminaires lefebvriste. C'est un peu comme si un professeur de piano ne connaissait rien au solfège. Bref, du grand n'importe quoi.

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  8. Je viens de feuilleter le Jésus de Renan. Certes le style en est admirable, cela se lit comme un roman. Cependant pour un lecteur contemporain il y a trop d'affirmations non étayées (affirmer tout de go que Jésus ne connaissait pas le grec car cela ne se faisait pas dans son milieu, c'est un peu gros); cela manque quand même de rigueur scientifique. Il est vrai que ce livre a été écrit il y a un siècle et demi et que Renan n'avait pas toutes les connaissances dont nous disposons à l'heure actuelle.

    Enfin qu'est-ce qui est le plus important : la vie de Jésus ou son message ? C'est la même chose pour Proust par exemple : qu'est-ce qui est le plus important : la couleur de sa robe de chambre ou la Recherche ? Moi, il y a bien longtemps que je ne lis plus que la Recherche et que j'ai laissé tomber les biographies et toutes les exégèses (la psychanalyse de bazar de ces gens qui expliquent l'homosexualié de Proust par ses relations avec sa mère, ce serait à mourir de rire si ce n'était si triste). Je me fous des personnes qui auraient pu être les modèles de Mme Verdurin, ce qui m'ntéresse c'est la Mme Verdurin de la Recherche, Proust en a fait une personne plus vraie et plus attachante (si, si Mme Verdurin est attachante, elle n'a pas que des défauts, elle sait se montrer sans le dire d'une grande générosité) que des personnes réelles. Pour Jésus c'est pareil, je me contrefiche de savoir qui étaient Matthieu, Luc, Marc et Jean ; ce qui m'intéresse au plus haut point c'est le message d'amour qu'a délivré Jésus. Ne perdez pas votre temps à lire des livres d'exégèse historique que l'auteur en soit Renan, Mauriac, Petifils ou Ratzinger : lisez la Bible et les Evangiles, point barre. Et tant pis si je me fais traiter de fidéiste, de fondamentaliste ou d'inculte.

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  9. Pour ma part, j'ai été très impressionné par le livre de JC Petitfils, que d'ailleurs le monde catholique a salué (et l'a également critiqué) car il fait justement correspondre l'histoire et la foi, sans aucun artifice. Il y a de très impressionnantes démonstrations comme celle de la coïncidence entre le passage d'une comète et la naissance de Jésus -la fameuse étoile des mages-, jusqu'à la résurrection, où Petitfils convoque le témoignage du suaire ou celui la tunique d'Argenteuil (qui présentent le même groupe sanguin). Il n'est pas honnête que l'exégète d'Ecône ne mentionne pas cet intérêt pour les preuves archéologiques, qui n'ont pourtant rien de modernistes !
    A mon avis, le livre de Petitfils est plutôt un livre qui réconforte les croyants, et si certains points sont discutables l'historien reste humble et ne compte pas imposer ses déductions contre la foi de l'Eglise, bien au contraire. On est très loin d'un Duquesne qui ne voyait par exemple dans la multiplication des pains qu'une métaphore d'un partage collectif ... ou faisait de Marie une femme du peuple aux mains rugueuses... (là on était en pleine mythologie)

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  10. Que la BVM ait eu les mains rugueuses, comme toutes les femmes de son temps, c'est malheureusement certain. Qu'elle ait été un femme du peuple me parait plus contestable dans la mesure où tout comme sa cosine Elisabetn elle faisait partie d'une famille sacerdotale dont lesmembres se maiaient entre eux. Les Evangiles n'en parlent pas car les lecteurs ou les auditeurs de l'époque connaissaient parfaitement les détails de la vie quotiienne qu'il n'y avait pas besoin de leur rappeler. L'Evangile ce n'est ni Les Misérables ni Zola. Malheureusement nous vivons dans une époque où l'on veut descendre dans le détail de choses matérielles sans importance. Que la vie matérielle de la Sainte Famille contrinte de s'exiler au Pays d'Egypte ait été difficile est peu contestable (ils étaient des espèces de réfugiés politiques avant la lettre) ; inutile d'en rajouter. Quand vous écoutez une oeuvre de JS BACH peu vous chaut que Bach ait été amateur de bière ou de vin, ce qui compte c'est l'oeuvre que vous écoutez et qui vous plonge dans le ravissement (à moins que vous ne soyez un sourd total). C'est comme les gens qui s'étripent pour savoir si Shakespeare était homo ou hétéro : on s'en fout, ce que l'on admire ce sont les oeuvres attribuées à un certain William Shakespeare. Il faudrait retourner à plus de simplicité et de modestie dans tous les domaines. On a l'impression qu'il y a des gens qui connaissent mieux la Vie de Jésus que Jésus ne l'a connue lui-même.

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    1. Pour dissiper tout malentendu, que Marie ait eu les mains rugueuses ne me choque pas, simplement c'est la réduction opérée par Duquesne (qui d'ailleurs la compare à sa propre mère) à un réalisme parfois anecdotique, genre honnête travailleuse (ce qu'elle était aussi sans doute) et qui occulte le mystère, pour nous faire oublier toute les représentations glorieuses (couronnement de la Vierge, etc.)

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  11. Vos lecteurs ont du bon sens. Pour se faire une bonne idée de la vie du Christ autant lire les évangiles. Et saint Jean ne serait pas saint Jean? Quelle connerie! Renan écrivait bien, Duquesne comme un pied. Petitfils je n'en sais rien et n'en saurai jamais rien. Ratzinger m'est tombé des mains. L'abbé Puga ne lisait pas le grec : comme le Christ alors? N'y a-t-il pas autre chose entre cet abbé et vous?

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  12. Je suis bien de votre avis, Mr Marek, je n'ai pu lire plus de 30 pages du livre du Herr Pr Ratzinger et pourtant je me suis accroché. Non seulement Duquesne n'écrit pas bien mais c'est une biographie de journaliste comme ces types qui écrivent des "biographies" de Johnny ou de Stéphanie (de monaco) avec des détails bien terre à terre pour faire saliver le lecteur. Donc sans intérêt. Duquesne nous a fait un Jésus et une Marie "people".

    Mauriac nous a fait un Jésus à son image : tourmenté.

    Le cas Petitfils est différent. Apparemment c'est un spécialiste de la monarchie absolue qui a commis deux ouvrages sans grand intérêt sur Louis XIV et le malheureux Louis XVI, mais qui ont plu au grand public. Encore une fois pléthore d'anecdotes mais aucune réflexion sur la politique du roi soleil. Ce monsieur n'est pas exégète et n'a pas fait d'études bibliques, il se contente de collationner des éléments pris à droite et à gauche. Je trouve le style sans grace.

    Pour moi le meilleur spécialiste c'est le Dr. Joachim Jeremias*, qui en son temps a été assez bien traduit en français.

    Si vous voulez des détails sur la vie quotidienne au temps de Jésus je vous recommande un livre de Daniel Rops très agréable à lire mais malheureusement je crois qu'il n'est pas réédité depuis des années.

    Je n'ai jamais entendu parler de Puga.

    Contrairement à ce que dit Renan je pense que Jésus comme tout le monde baragouinait au moins un peu de grec qui était la langue véhiculaire de l'époque (un peu comme l'anglo-américain de nos jours) que tous les juifs de la Diaspora parlaient (voir la Bible des Septante). Outre les troupes d'occupation (rarement de purs romains mis à part les officiers supérieurs) il y avait beaucoup d'étrangers à Jérusalem, un peu comme de nos jours à Paris les mois d'été où tout le monde est plus ou moins contraint de s'exprimer en anglais (ne serait-ce que pour renseigner les touristes dans le métro ou à Versailles).

    * Pasteur de le Confession d'Augsbourg.

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    1. Quand bien même vous auriez raison, et quand bien même Petitfils se serait contenté de collationner divers faits, et de nous livrer un catalogue de ce que savent les historiens sur la question 'Jésus': ce serait déjà énorme. Je reviens de sa conférence et... Monsieur Petitfils est de ces conférenciers dont la visite est un honneur.

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    2. Monsieur Petitfils parle bien, il sait vendre son bouquin. Il vous a donc séduit pas son propos. Mais on juge un maçon au pied du mur. Jugeons le donc sur son livre et son sur sa présentation Maintenant il est historien de formation et non théologien ou bibliste. Je ne sais même pas s'il connait le grec biblique et l'hébreu. Il a commis en quelques mois un livre sur un sujet qui demande une vie entière et des connaissances approfondies. On peut penser ce qu'on veut de l'ouvrage de Benoit XVI (qui ne se lit certes pas comme un roman de Simenon) mais c'est l'oeuvre d'une vie entière, consacrée à étudier et à méditer lers livres sacrés et le mystère de Jésus. Personnellement et a priori pour parler de Jésus je ferais plus confiance au Souverain Pontife qu'à un spécialiste du grand siècle. Le problème c'est que celà demande un effort certain à un lecteur français.

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  13. Maintenant si J.C. Petitfils fait le théologien , critiquons Petitfils !

    En tout cas son livre à le mérite d'exister et DOIT être critiqué car il n'y a pas d'arguments "d'autorité" surtout venant d'un historien.
    Il n'y a plus de philosophes ( ou si peu ) plus de théologiens (ou si peu) et , dans notre époque démocratique où tout le monde sait tout et où personne ne sait rien (mais dit tout ) , tout le monde est philosophe et théologien.

    D'autre part , dans cette même époque démocratique de sur spécialisation et de fragmentation des connaissances , les exégètes férus de grec , d'hébreu , d'araméen ....ne sont pas ou plus théologiens....

    On y perd son "latin" !

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  14. J'y connais rien mais j'ai ouï dire que la Vie de Jésus par Renan niait la divinité du Christ (je viens de lire et vérifier) : auquel cas ce serait bien pire que l'hérésie d'Arianus non? alor, pourquoi citer cet auteur? Toute la foi chrétienne repose sur le fait que Jésus est le Fils de Dieu, le Verbe fait chair et non pas un homme

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    1. Ignorer Renan. Il faut vraiment manquer de culture. Renan est un très grand écrivain du 19ème siècle. Je vous conseille de lire ses souvenirs d'enfance et de jeunesse. Il fut un apôtre du redressement national après la guerre de Septante avec Taine et contribua à la création de l'Ecole Libre des Sciences politiques.



      Et puis il ne s'agissait pas d'Arianus mais probablement d'Arius un prêtre qui n'a pas nié la divinité du Christ même s'il professait qu'il n'était pas totalement Dieu. Il adoptait le point de vue d'Origène : le subordinationisme, selon lequel le Fils n'est pas de la même substance que Dieu, qui est incréé et intemporel, alors que Jésus est créé et, en tant qu'humain, éphémère. Si le Fils témoigne de Dieu, il n'est pas Dieu, et si le Fils possède un certain degré de divinité, elle est de moindre importance que celle du Père. Pour Arius, le Père seul est éternel : le Fils et l'Esprit ont été créés.
      Les ariens ne professaient donc pas la consubstantialité, adoptée ultérieurement par les Églises au concile de Nicée-Constantinople).
      (cf WIKIPEDIA).

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    2. Oui c'est vrai. . C'est en lisant la vie de Madeleine Daniélou que j'ai vu que Renan avait fait du mal : une des ses amies avait perdu la foi en le lisant. Alors elle fondé l'Ecole Normale d'Institutrices. Il 'n'est pas le seul, Nietzche aussi a fait du mal en se moquant du judeo - christianisme et du Christ (vrai Dieu ! seul Dieu ! Dieu infiniment Amour... et vrai homme) comme jamais personne ne l'avait fait. (ce que M PetitJean ne fait pas du tout semble -til!!!)

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  15. Et aussi je n'a pas lu le livre mai, si les témoins oculaires ne savent pas ce qui s'est passé, comment ce quidam le saurait-il?

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  16. Enfin ça à quand même l'air intéressant ( l'explication de la fête des Sukkot) : c'est sûr que les paroles de Jésus mises dans leur contexte peuvent s' éclairer soudain.. l'eau, les lumières, l'agneau pascal...Mais l'Evangeliste Jean qui ne serait pas Saint Jean quelle déception

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    1. Huile et Sagesse.....J'ai fait une jolie découverte grâce à cela que je partage en comparant avec la fête de la Dédicace du temple : ou Hanoukka, fête qui relate le miracle de la "fiole d'huile " qui dura huit jours au lieu d'un et permit d'allumer la Flamme de la Menorah :" ils firent la dédicace de l'autel pendant huit jours, et ils offrirent des holocaustes avec joie, et un sacrifice d'action de grâce et de louange. […] Alors Juda, avec ses frères et toute l'assemblée d'Israël, ordonna que le jour de la dédicace de l'autel serait célébré en son temps, d'année en année, pendant huit jours, à partir du vingt-cinquième jour du mois de kislev, avec joie et allégresse". on sait par l'Evangile que Jésus se trouve sous le "portique de Salomon". Tout cela vient éclaier la parabole des Vierges sages et folles. Salomon renvoie au thème de la Sagesse et des sages, il avait de nombreuses épouses (polygame !). Cette indication du lieu et du temps pour un Dieu Eternel entré dans l'espace-temps de l'histoire d'Israël grâce à l'Incarnation du Verbe évoque la parabole des vierges sages - et de leur fiole d'huile qui dure longtemps : la flamme de la lampe représente aussi la présence de Dieu : mais la tragédie historique est alors celle des juifs qui ne comprennent pas que la Flamme de la menorah est pécisément le symbole de la présence du vrai Dieu .... présent dans la personne de Jésus et de Son Père, sous le portique de Salomon, le jour de la fête de la dédicace. Les folles rejettent Jésus, les sages seules ont de l'huile en surabndance pour y voir clair, voir en Jésus l'Epoux d'Israël tant attendu (juifs et chrétiens) : car cette huile dure huit jours de la naissance de Jésus de historique essentielle jusque la circoncision de Jésus dans le temple : avec Symeon elles sont dans la joie et la lumière et gloire et avec Juda dans l 'allégresse : et les autres dans les larmes et les ténèbres: pour elles point de flamme qui est symbole de la présence de Dieu qu'elles ont rejetté ; point de noces et point de fête. La porte de la bergerie et des noces reste fermée car elles 'n'ont pas la clef qui est la divinité du Christ.....

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    2. (suite) C'est que toute la foi chrétienne repose sur le fait non que Jésus aie existé ce que Juifs et Romains savent très très bien, ou qu'il aie été crucifié ce qu'ils savent aussi ... mais qu'il soit réellement le Fils de Dieu et de la Vierge Marie: le Logos, la Sagesse éternelle. Ce qu'il affirme clairement lors de la Dédicace du Temple, à une date très précise, dans un lieu donné! Et désormais, le partage se fera entre ceux qui le croient et ceux qui refusent de le croire obstinément et sans chercher :c'est ce que dit Saint Jean dans ses épîtres; les juifs désormais ont un ''culte humain'' et des rituels d'où le vrai Dieu est exclu qui culmine lors de la pâque où il est immolé en sacrifice tel un agneau par les juifs, telle une victime par les romains. puis il y a aussi ceux qui cherchent ceux qui ne le connaissent pas encore.... Que Saint Jean aie reçu la maternité de Marie, il préfigure n cela l'avenir de l'humanité : il précise qu'il a vu oculairement la mort de Jésus et l'Esprit Saint en oeuvre dans toutes les Eglises a toujours confirmé ce fait. Les reliques de Pierre et de Paul dont les tombes sont à Rome indiquent elles aussi des vêtements de pourpre lamé d'or, et de l'encens : comment Jean n'en n'aurait il pas eu un lui aussi, lamé d'or ? le prologue de Saint Jean en fait un évangéliste différent de autres on y comprend qu'il a plus que les autres compris le message de Jésus, surtout dans ses épitres et son langage est unique parce qu'il posa sa tête sur son coeur et l'a accompagné près de la Croix: c'est le premier des evangelistes: et pourtant il prend lui aussi la dernière place, en quatrième comme lorsqu'il laisse passer Pierre au tombeau : alors qu'il est visiblement le premier de tous et le plus grand, le plus profond : celui qui a compris le message de Jésus : Dieu est Amour (agape) !!!

      Laurence

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    3. 'Au maître de chant. Sur les lis. Cantique des fils de Coré. Chant d'amour. De mon coeur jaillit un beau chant; je dis: " Mon oeuvre est pour un roi! " Ma langue est comme le roseau rapide du scribe, Tu es le plus beau des fils de l'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres; c'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. Ceins ton épée sur ta cuisse, ô héros, revêts ta splendeur et ta majesté. Et dans ta majesté avance-toi, monte sur ton char, combats pour la vérité la douceur et la justice; et que ta droite te fasse accomplir des faits merveilleux. Tes flèches sont aiguës; des peuples tomberont à tes pieds; elles perceront le coeur des ennemis du roi. Ton trône, ô Dieu, est établi pour toujours; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture. Tu aimes la justice et tu hais l'iniquité c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons. La myrrhe, l'aloès et la casse s'exhalent de tous tes vêtements; des palais d'ivoire, les lyres te réjouissent. Des filles de rois sont parmi tes bien-aimées; la reine est à ta droite, parée de l'or d'Ophir. " Ecoute, ma fille, regarde et prête l'oreille: oublie ton peuple et la maison de ton père, et le roi sera épris de ta beauté; car il est ton Seigneur: rends-lui tes hommages. La fille de Tyr, avec des présents, et les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. " Toute resplendissante est la fille du roi dans l'intérieur; son vêtement est fait de tissus d'or. En robe de couleurs variées, elle est présentée au roi; après elles, des jeunes filles ses compagnes, te sont amenées. On les introduit au milieu des réjouissances et de l'allégresse; elles entrent dans le palais du Roi. Tes enfants prendront la place de tes pères; tu les établiras princes sur toute la terre. Je rappellerai ton nom dans tous les âges; - et les peupes te loueront éternellement et à jamais.'Ps 45.
      Ici on voit bien une allusion à un scribe et poète, le plus beau de tous, qui n'est pas Jésus, -il n'a rien écrit mais qui combat pour la vérité - à des jeunes filles vêtues de pourpre tyrienne et d'or, au palais du Roi dont le fils est l'Epoux : les Vierges sages, les apôtres (Jean, Pierre, Paul, Philippe) et le églises apostoliques .........

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  17. Eusèbe de Césarée parle aussi de la lame d'or de Saint Jean, prêtre et cite Polycrate, évêque d’Ephèse mais ne dit en aucun cas qu'il ne s'agit pas de Saint Jean : il aurait pu être prêtre, apôtre et évangéliste : c'est l'Apocalypse qu'il affirme venir peut être d'une autre source
    « Nous avons dit aussi l'époque de la mort de Jean. Quant à l'endroit de sa sépulture, il est indiqué dans la lettre que Polycrate (celui-ci était évêque de l'église d'Éphèse) écrivit à Victor, évêque des Romains. Il y est également question de Philippe et de ses filles en ces termes :« De grands astres, dit-il, se sont couchés en Asie, qui se lèveront au dernier jour, lors de la venue du Sauveur, quand il viendra du ciel avec gloire pour chercher tous les saints, Philippe, l'un des douze apôtres, qui repose à Hiérapolis, ainsi que deux de ses filles, qui ont vieilli dans la virginité, et, l'autre qui, après avoir vécu dans le Saint-Esprit, a été ensevelie à Éphèse : Jean lui aussi, l'apôtre qui a dormi sur la poitrine du Sauveur, qui, prêtre, a porté la lame d'or, a été martyr et docteur et a son tombeau à Éphèse. »

    « Il est bon de remarquer que Papias mentionna deux personnages appelés Jean. Il place le premier avec Pierre, Jacques, Matthieu et le reste des Apôtres ; c'est clairement l'évangéliste qu'il indique. Il introduit ensuite une distinction dans son énumération et range le second Jean parmi d'autres qui sont en dehors du nombre des Apôtres ; il le place après Aristion et le désigne positivement sous le nom de presbytre. Ainsi se trouverait confirmée l'assertion de ceux qui affirment qu'il y aurait eu deux hommes de ce nom en Asie et qu'il existe aussi à Éphèse deux tombeaux portant encore maintenant le nom de Jean. Il est indispensable de faire attention à ceci ; car, si l'on refuse de l'admettre du premier, il serait vraisemblable que ce soit le second qui ait contemplé la révélation attribuée à Jean
    Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclesiastique, III

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  18. Aujourd’hui 11 Février (jour de la première apparition de N.D à Bernadette), on peut encore faire un commentaire. Le 28 au soir, nous serons orphelins de quelqu’un qui n’est pas mort, et la sensation de vide nous envahira.
    Marie née avec un Cœur immaculée aux mains rugueuses, Why not ? Un peu plus ou un peu moins de folie, nous ne sommes vraiment plus à ce détail près (détail qui d’ailleurs n’a aucun intérêt).
    Je m’arrêterai aussi au Fils et n’irai pas jusqu’au Petitfils… Lorsqu’on s’amuse à vouloir mieux faire que les évangélistes, on court le risque de tomber dans l’erreur et par voie de conséquence de changer le message biblique. Ainsi Jean est et reste le jeune Apôtre qui a mis sa tête sur la poitrine de son Rabouni, qui a recueilli Marie (même avec ses mains calleuses !) qui est l’auteur du Prologue, de l’Evangile du même nom et de l’Apocalypse. Les facettes différentes de sa mission font ressortir le joyau de son message que nous n’avons pas encore tout à fait compris, d’ailleurs.
    Le Christ s’est servi du rituel juif, ce n’est pas un scoop et on en a déjà parlé sur ce blog. Il les transfigure, comme il transfigure la Loi. Comme si le Fils avait besoin d’un petitfils ! Il faut bien se dire que les actes et les paroles du Christ ont une signification spirituelle qui nous échappe en partie. Ici, sur terre, nous ne pourrons jamais tout expliquer. Si on commence à douter de la véracité du récit lui-même, on ouvre la porte au raisonnement réducteur de la raison humaine.
    Bernadette Soubirous dans sa simplicité de cœur n’a pas lu les Evangiles en exégète. Notre Dame, épouse du Saint-Esprit l’a visitée.
    Seul, le Pape est fils (adoptif) du Fils. Il a l’héritage de Sa Mission parmi les hommes. C’est par cette Succession spirituelle que nous sommes ses enfants. D’où le sentiment de vide qui s’instaure lorsque le Siège de Pierre est vaquant.
    B.



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  19. Un point qui m'avait troublé également, c'est l'affirmation que la première pêche miraculeuse est en fait un miracle d'après la résurrection, placé par erreur (chez Luc ou Marc) dans la période de la prédication de Jésus. La démonstration de Petitfils est cependant convaincante. De même pour la comparution devant le Sanédrin, qui n'aurait pas eu lieu le jour de la Passion. Pourtant, le fait que l'évangéliste Jean ne soit probablement pas l'apôtre ne me pose pas un problème majeur. Ces "rectifications" de l'histoire ne touchent de toute façon pas à la foi.

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    1. Si parce que Jésus a donné Marie pour mère à saint Jean, sur la Croix, et donc cela touchait profondément la foi affective, de savoir que épîtres et évangile sont écrits de la main du fils de Marie mère de Dieu, immaculée, et de celui qui a posé la tête sur le coeur du Christ. Qui est mort martyr pour témoigner de la véracité de ses écrits. En tout cas c'est ce qu'on a pensé durant 2000 ans si cela était faux. Ce qu'on croit peut s'avérer faux, mais il reste ce qui est écrit par quelqu'un ou un groupe de personnes. Ce quelqu'un aurait pu mettre par écrit le récit de Jean sans s'appeller Jean. Comme Marc serait le fils de Pierre. A l'époque ce qui comptait c'est que c'était la vérité venant de l'Esprit Saint et non la mythologie païenne, une oeuvre littéraire ou une fable. Témoignaient symboliquement de la mort de Jésus ( Dieu ) trois disciples, trois témoins, et un médecin ...... et ensuite de sa résurrection.

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    2. (suite) J'aurais pensé que vraiment si cela touchait à la foi et la transmission de la foi parce que tout le monde préfère l'Evangile de Jean : écoutez Bach c'est sa passion a plus célèbre:"La Passion selon Saint Jean"

      Cette préférence vient de ce que c'est le plus beau des évangiles là où Jésus y apparait dans toute son humanité. t la grâce de son enseignement yest transmise de façon incomparable. Et puis ilya les eux merveilleuses épîtres.

      J'ai toujours pensé que Jésus le savait d'avance et qu'il préférait pour cela Yohann, Jean, aux autres disciples et qu'il y avait un engendrement par le coeur: "Comme le Père vous a aimé moi je vous ai aimés " et ensuite, Jean écoute le coeur battre dans la poitrine de Jésus dans lequel vit le Père céleste, autrfois incomprehensible. et
      intangible. Ce que Saint Jean dit ailleurs Lui que nos mains ont touché et nos yeux contemplé...:le
      Verbe ! Dieu le Fils, né de Marie, Verbe
      fait chair avec un coeur de chair et des larmes.

      et tout cela nous est transmis ensuite par la
      voie et le langage de l'Amour. Que Jésus a donné.

      Pierre est loin d'avoir un tel style. Saint Jean n'est jamais dur. Mais peut être que tout le monde ne comprend pas. Peut être on saura un jour qu le quatrième évangile est lefruit d'une source différente et d'un collctif d'auteurs mais tous les saints ont dit que c'était le
      fruit de l'Esprit Saint...

      Ensuite, dans les Actes des apôtres le style change encore
      parce que les hommes ont reçu le Saint Esprit alors quand on lit le récit de a tempête ce n'est pas Hérodote. C'est un style vivant, à notre portée : car 'histoire c'est aussi la Pentecôte et l'Esprit Saint répandu dans tout l'Univers.

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    3. A celui aui a écrit :

      "J'aurais pensé que vraiment si cela touchait à la foi et la transmission de la foi parce que tout le monde préfère l'Evangile de Jean : écoutez Bach c'est sa passion a plus célèbre:"La Passion selon Saint Jean"


      Je ne sais pas si la "Saint-Jean" est la plus célèbre, en tous cas la plus belle et la plus élaborée est la "Saint-Matthieu". Lorsqu'on la donnait à Leipzig, entre les deux parties, il y avait un sermon d'au moins une heure et demie. On comprend pourquoi Le Cantor a eu des problèmes avec les autorités de Leipzig qui auraient préféré une petite oeuvrette à la manière italienne.

      J'ai lu dans un journal que Benoit XVI avait une connaissance approfondie de l'oeuvre de Martin Luther et que son frère Mgr Georg Ratzinger avait souvent dirigé les oeuvres de Bach.

      Autre observation qui n'est pas sans rapport : les anti cléricaux font souvent grief au frères Ratzinger, élevés dans une famille anti nazie, d'avoir été enrôlés dans les jeunesses hitlériennes puis dans la Wehrmacht. Rappelons qu'à l'époque il était impossible d'échapper aux mouvements de jeunesse nazie et à l'armée surtout en période de guerre. Il y a quelques mois, lors de la mort du baryton Dietriech Fischer Dieskau, qui était le fils d'un pasteur et pédagogue antinazi berlinois, personne n'a fait grief à cet immense artiste d'avoir porté, contraint et forcé, les uniformes de ces organisations. Tous ceux qui connaissent DFD et Benoît XVI savent que le nazisme leur faisait particulièrement horreur et que tous les deux ont milité pour un véritable humanisme l'un par la musique (et notamment celle de Bach) et l'autre en préchant la foi chrétienne.

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  20. Je fais confiance aux Synoptiques. Si deux personnes mentionnent le même fait il y a des chances pour que ce soient vrai. Par ailleurs il me parait "logique" que la pemière pêche miraculeuse se soit déroulée au début du ministère de Jesus. Pas besoin de chercher midi à 14 heures. Fillion explique très bien cela.

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  21. J'aurais aimé rejoindre M. Petitfils pour lui mentionner deux choses relativement à son ouvrage que l'œil du juriste a pu repérer.

    La certification des événements rapportés à la fin du texte de l'Évangile Jean qui utilise le nous a tout de l'affidavit non individuel mais collectif et semble de fait précéder leurs signatures. Plusieurs auraient donc senti le besoin de confirmer personnellement la véracité des récits parmi les témoins originaux. Le texte original était donc signé. On sent dès lors l'importance pour ces témoins de ce texte.

    Par ailleurs, les étranges formules verbales utilisant un grec déformé par la syntaxe latine rapportés comme étant les dires de Pilate ont tout de la citation des notes sténographiées d'un procès. Ces textes n'auraient pu exister après la destruction de Jérusalem à moins du transfert du dossier complet ailleurs (Césarée? Rome? pour vérifier certaines choses relativement è cette nouvelle superstition, rien n'est à exclure). Il y a fort à parier que ce procès fut sténographié ou que les notes quasi-verbatim d'un témoin de l'audition aient été employées sans corrections. Cet évangile procède de sources très anciennes. Je suis heureux d'en avoir pris conscience. Car le Jésus de Jean est un être sublime et d'un amour extraordinaire. S'il fut tel, c'était bien le fils de Dieu.

    J'apprécierais que vous fassiez suivre si vous pouvez.

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  22. je suis stupéfait de voir comment une réputation d'historien peut se faire.
    Jean-Christian Petitfils est diplomé tout azimut et s'en réclame. Mais la rigueur , l'honneteté intellectuelle et la science ne sont pas dans ses cordes.
    Il serait plutôt accroché a ses ventes, et pour cela a des sujets qui attirent le grand public. C'est aussi incontestablement un travailleur. Il collectionne les publications qui , peu a peu , par leur nombre, prouvent, soit disant, ce qu il veut prouver.
    Peu importe qu il comprenne ou non la valeur de chaque publication. Si beaucoup disent la meme chose... alors c'est la verité ! En voilà une methode ! Helas il en vient ainsi a considerer comme certaines des thèses contredites par les etudes sérieuses qu il rejette.
    Il ecrit plutôt bien et son succes n y est pas etranger.
    Sans doute a t il aussi quelques qualités , outre son travail, sa culture et son style pour donner a ses livres une allure de these qui approfondit le sujet abordé.
    Mais helas tout ça ne fait pas que ses thèses soient œuvres d historien.
    Je suis en particulier etonné que l authenticité du Saint Suaire, lamentable querelle recente soit presque une colonne vertebrale de son livre sur Jesus, lui permettant de nous faire un reportage de detail sur la mort de Jesus.
    Si on le suit, grace au Saint Suaire, cette icone , il peut tout prouver sur ce qui s'est passé et sur le visage exact du Christ.

    Désolant !

    Benoit XVI a déclaré "icone" le Saint Suaire , permettant aux chrétiens qui le souhaitent de se recueillir sur la Passion du Christ.

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