lundi 6 mai 2013

Indignation ou désobéissance civile

En haut: #LaManifPourTous
En bas: Manif du Front de Gauche
Ce 5 mai défilaient à Paris et le Front de gauche de Jean Luc Mélenchon et la Manifestation pour tous, qui, d'ailleurs, en fait de défilé, proposait un sitting au soleil sur les pelouses de l'avenue de Breteuil : très sympa ! Les premiers reprennent les slogans et l'idée des indignés : ils sont en colère et, avec Jean-Luc M., ils brocardent "le petit monarque hors de tout contrôle". Les autres témoignent contre la loi en train de se faire au nom de l'esprit de la loi, se mettant du côté de toutes les vulnérabilités contre le fantasme de toute puissance qui traverse, en ce moment, le mental de la gauche libérale-libertaire.

Point commun? L'impression qu'ils ont d'avoir en face de soi des gens qui se croient tout permis, qui se sentent vraiment sortis "de la cuisine à Jupiter", qui gouvernent l'énarchie française en en oubliant totalement la démocratie...Je sais qu'il peut paraître sacrilège de chercher ce point commun entre indignés et partisans de la désobéissance civile, des gens qui n'ont apparemment rien en commun. Mais réfléchissez-y : il est bien là le point, dans la dictature bien pensante de nos énarques qui ne savent que traiter de "fâchistes" ceux qui pensent avec un peu d'avance sur eux : c'est ainsi que les bien pensants excommunient tous les fronts. De manière de plus en plus inefficace. Ce petit jeu de diabolisation a priori sera de plus en plus difficile, la faute au manque de souplesse neuronale de nos gouvernants.Quand on pense qu'il y a huit jours, le Figaro Magazine envisageait sur quatre page le scénario de la sortie de l'euro : c'est bien que quelque chose est en train de changer et qu'entre le Politiquement correct sclérosé et les authentiques nostalgiques du fascisme, il y a de plus en plus de place pour le "peuple normal", qui commence à comprendre que l'on se f... de sa gueule et que la réalité n'est pas celle que racontent les médias. Voilà ce que montre cette journée de manifestations tous azimuts : non seulement qu'il fait beau mais que ça va chauffer.

Cela dit l'indignation prônée en son temps par le vieux Stéphane Hessel apparaît vraiment comme la solution de facilité face à la crise. - Qu'est-ce qui fait "les indigné-ées"? - C'est le droit de n'être pas d'accord et de le dire. - Pas d'accord avec quoi? - Avec la réalité tout simplement. Il y a des pauvres? C'est scandaleux! Il y a des riches? C'est scandaleux? Les couples homosexuels ne sont pas égaux avec les couples hétérosexuels devant la biologie ? Il faut que ça cesse etc. La noblesse "républicaine" de l'indignation remplace le réalisme le plus élémentaire. On met la liberté, l'égalité et la fraternité à toutes les sauces et cet idéalisme permet de remplir les cagnottes de toutes les associations humanitaires agréées par la Mairie de Paris. Une manne !

Très significative de cet état d'esprit 'indigné' la petite enquête sur les manifestants, parue cette nuit dans Libé. Parmi d'autres, le témoignage d'une jeune fille : «On m’a demandé ce que je voulais être plus tard. J’ai dit: être heureuse». Le droit au bonheur comme sommet du combat politique. De quel bonheur s'agit-il? Évidemment du sien, ce petit dialogue le montre. Pas question, plus question d'un bonheur collectif. Comme le disait en son temps le fondateur de L'Humanité, Jean Jaurès, "la gauche est redevenue le Parti de l'individu". L'indignation citoyenne de quelques "purs" existe. Elle cache de plus en plus mal un "chacun pour sa pomme" typiquement bobo : "le bonheur est dans le pré". Il est "à portée de la main" comme dit JLM. Il suffit de le cueillir.

Toute autre, me semble-t-il, est l'impulsion des jeunes qui viennent animer les manifs pour tous, camping pour tous, blocage pour tous et veillée pour chacun. Ils n'ont rien à gagner dans leur combat. Ils ne revendiquent pas le bonheur pour eux, leur éducation chrétienne leur a appris depuis longtemps qu'ils en sont eux-mêmes responsables et qu'aucun Etat ne leur offrira jamais un ticket gratuit pour le grand manège du Bonheur. Ils ne se battent pas pour eux mêmes, mais bien "pour tous". Leur calme résolution est désormais une partie de notre avenir. Ils sont en train de transformer notre république rousseauiste et totalisante en une véritable démocratie, respectueuse des minorités constituantes. Ils sont en train de faire reculer, avec leur sourire, leur calme, leurs chants plein d'espérance, cette obscure dictature de la Majorité qui nous gouverne depuis la Révolution française. Le CRS qui récite de mémoire le texte du général Mc Arthur avec les Veilleurs, c'est un signe. Les murailles de Jéricho se sont effondrées mais il a fallu en faire sept fois le tour.

Indignation ou désobéissance civile? Narcissisme bobo ou service chrétien? Qui n'a pas fait son choix?

18 commentaires:

  1. Admettons que je fasse la fine bouche, mais c'est tout de même un peu risible de se trouver assis sur l'avenue de breteuil à pester entre soi près de l'archevéché contre "le mariage pour tous" au nom du "bonheur collectif", qui ne consiste ici qu'à laisser en l'état les contraintes de la biologie au nom de la (prétendue) "loi naturelle" qui s'imposerait à la nature telle qu'elle existe dans la réalité. Je me gausse, mais je trouve qu'il finit par y avoir de quoi.

    Votre article partait pourtant bien : un "courant de sympathie" des cathos de droit pour les partisans du front de gauche que ne pourraient pas vous rendre ceux-ci:
    "Frontistes ou populistes de tous les pays, unissez-vous, en vue du bien du peuple et sans glisser du populisme à la démagogie, comme l'infamie dont on frappe le populisme, qui devrait être l'essence de la démocratie, en savonne la planche." Mais à peine avez-vous fait ce préalable nécessaire de la reconnaissance et de l'estime pour le protestataire d'en face, que, comme dominique strauss-kahn pour aller voter chirac en 2002, vous remettez votre pince à linge sur le nez et vous opposez les deux fronts. Or "la désobéissance civile" à grand bruit n'a d'avenir que dans cette reconnaissance, sans quoi elle s'essouflera mécaniquement. Si les cathos de droite peuvent reconnaître le Front de gauche et non l'inverse (eh oui, c'est toujours aux cathos de commencer!), c'est aussi parce que c'est vital pour les cathos de droite alors que"l'indignation" du front de gauche continuera sans dépendre de leur reconnaissance. Elle continuera parce qu'elle prend appui sur la pandémie de la précarité, qui est la dernière à croître dans notre pauvre économie.

    Quant à réduire le mélanchonisme à de "l'indignation", le raccourcis vous appartient, mais l'onctueux Stéphane Hessel ne vous aurait pas suivi, qui était plus aubryste que mélanchoniste.

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  2. (Suite)

    "Les pauvres existent", "les riches existent", et il est ridicule de vouloir réduire l'écart entre ces inégalités qui ne sont pas toujours naturelles, tout comme il serait nuisible d'après vous de reconnaître des droits à ce qui existe dans la nature sans être en accord avec la loi naturelle. Ouai!Dans votre protestation, on n'a rien à gagner et rien à perdre ; dans la leur, il y aurait un peu de "bonheur collectif" à gagner à travers un peu plus de bien-être individuel qui, pour être matériel, ne serait paps superflu. Mais vous pouvez préférer laisser le monde en l'état si l'on ne doit pas y attendre la moindre parcelle de bonheur. Vous pouvez ajourner la promesse de bonheur aux calendes éternelles, au risque de mériter assez l'anathème marxiste.

    Croyez-vous enfin que "la désobéissance civile" se mesure au bruit qu'elle fait? Sachant que la désobéissance civile est l'autre nom de la clause de conscience, dont on prend le conseil et les avis dans l'intimité du quant-à-soi. bien sûr que "la désobéissance civile" à des lois qu'on trouve injustes devrait être permise en démocratie, mais non pas sans discernement. Par exemple, il y a une différence entre un médecin qui refuserait de pratiquer un avortement et un maire qui refuserait de marier deux homosexuels, si la loi l'y oblige. S'il trouve que cette loi est en contravention manifeste avec les fondamentaux de l'ordre naturel, supérieurs à l'ordre républicain, je ne vois qu'une solution pour lui: ne plus se présenter aux élections municipales, au risque de laisser les pires (selon lui) avoir le monopole de la charge municipale. Un maire est remplaçable, mais un médecin léserait le bien commun ou public s'il cessait d'être médecin. D'où je crois pouvoir conclure que la clause de conscience du médecin est plus sacrée que celle du maire, d'autant que le maire s'engage à être serviteur de la loi, contrairement au médecin qui s'engage à être un serviteur de la vie.

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  3. Encore une fois il n'y a pas d'autre solution que la fusion des combats: socio-économique (Florange, PSA etc...), écologique (Notre Dame des Landes) et "sociétal" (mariage gay, PMA, GPA et bientôt l'euthanasie). "Le libéralisme est un" disait déjà Don Felix Sarda y Salvany il y a plus d'un siècle, et c'est un péché. Si nous pouvions tous en tirer enfin les conclusions qui s'imposent, au-delà de nos divisions partisanes et de nos intérêts personnels!

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  4. "L'impression d'avoir en face de soi des gens qui se croient tout permis, en en oubliant totalement la démocratie..."

    Pensez vous vraiment qu'ils l' "oublient" ? ils n'ont que ce mot à la bouche. C'est pour eux le concept le plus génial jamais inventé, auquel ils doivent tout. N'est ce pas au nom de la démocratie que Claude Bartolone chassait, avec une très superbe et très sainte colère, les perturbateurs qui s'étaient introduits dans l'Assemblée Nationale lors du vote de la loi Taubira ?

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  5. La phrase «On m’a demandé ce que je voulais être plus tard. J’ai dit: être heureuse» est bien évidemment une démarque de John Lennon (un chanteur des années 70) qui disait «When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew. I wrote down 'happy'».

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    1. John Lennon n'est pas seuement un chanteur des années 70. C'est surtout un membre des Beatles.

      Voici la citation complète:

      "When I was 5 years old, my mom always told me that happiness was the key to life. When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up. I wrote down “happy.” They told me I didn’t understand the assignment and I told them they didn’t understand life."

      Ceci dit il n'est pas sur que cette citation soit de lui. En effet j'ai lu ceci sur un blog : " The Lennon quote was just as bad. I’m nerdy enough to know that John Lennon didn’t live with his mother when he was five, but with his Aunt Mimi and Uncle George. Again, a nice story, but not true."

      Par contre citation authetique dans un interview en mars 1966 à Maureen Cleave une amie journaliste : « Le christianisme disparaîtra. Il rétrécira, s'évaporera. Je n'ai pas à discuter là-dessus. J'ai raison, il sera prouvé que j'ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock 'n' roll ou le christianisme ». En 2008, dans un article célébrant les quarante ans de l'« album blanc », l'Osservatore Romano, journal officiel du Vatican, reviendra. avec indulgence sur cet écart en le qualifiant de « phrase qui avait provoqué une profonde indignation, mais qui sonne aujourd'hui comme une boutade venant d'un jeune de la classe laborieuse anglaise dépassé par un succès inattendu ».

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    2. Interrogez des jeunes de 12/15 ans - aucun ne connait Lennon, Edith Piaf, ni Franck Sinatra. Même La Goulue a tendance à ne plus être tendance.

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    3. Parlez-pour vous. John Lennon et The Beatles restent très populaires dans la jeunesse d'aujourd'hui. C'est quand même autre chose que la chanson française genre Mireille Mathieu ou Claude François. Sur ce je vais réécouter Eleanor Rigby et cette oeuve admirable qu'est Michelle.

      Ah, look at all the lonely people,
      Ah, look at all the lonely people.

      Eleanor Rigby picks up the rice in the church
      Where a wedding has been,
      Lives in a dream,
      Waits at the window, wearing the face
      That she keeps in a jar by the door,
      Who is it for?

      All the lonely people, where do they all come from?
      All the lonely people, where do they all belong?

      Father McKenzie, writing the words of a sermon
      That no one will hear,
      No one comes near.
      Look at him working, darning his socks in the night
      When there's nobody there,
      What does he care?

      All the lonely people, where do they all come from?
      All the lonely people, where do they all belong?

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  6. Julien W écrit: +Quant à réduire le mélanchonisme à de "l'indignation", le raccourci vous appartient, mais l'onctueux Stéphane Hessel ne vous aurait pas suivi, qui était plus aubryste que mélanchoniste.+

    Je partage les réserves de Julien. L'abbé de Tanouarn nous peint la manif du Front de Gauche comme une manifestation du boboisme. Les choses ne sont pas tjrs fortement marquées, aussi vais-je augmenter un peu le contraste pour dégager un schéma. Et voila l'image retravaillée:

    Melenchon c'est la gauche prolo, et la gauche prolo s'oppose à la gauche bobo.

    La gauche prolo, ce sont des gens qui ne sont pas d'accord avec l'actuelle répartition des richesses, qui rémunère d'une part le travail, d'autre part le capital. Eh bien les gens de la gauche prolo veulent une plus grande part pour le travail, et une moindre part pour le capital. Pourquoi? parce qu'ils sont prolos, ils défendent donc leur intérêt. Warren Buffet est un investisseur américain, il partage les analyses de la gauche prolo - simplement, comme il est l'homme le plus riche du monde, il souhaite au contraire que ce soit le capital qui soit rémunéré au maximum. Bref, chacun défend son intérêt, on établit une rapport de force, en fonction duquel se place le curseur de la répartition.

    Voyons maintenant la gauche bobo, moins sociale que sociétale. Pierre Bergé en est le représentant emblématique. Il est l'archétype du "patron de gauche". En quoi consiste pour lui d'être "de gauche"? Choie-t-il spécialement les petits salaires de son entreprise? Oubliez cela. Son engagement consiste dans ce que Tom Wolfe (USA) appelle le "Radical chic" (voyez wikipeadia).

    Entre les deux gauches peuvent exister des passerelles, des choix communs, des similitudes ponctuelles, de même qu'entre droite et gauche - pas moins, pas plus. Mais prendre le melenchonisme pour du boboisme, comme le fait l'abbé de Tanoüarn, c'est un malentendu.

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  7. [Georges Marchais - 6 janvier 1981] "Certains -qui défendent par ailleurs le droit de vivre au pays pour les Bretons ou les Occitans- prétendent que l’immigration massive de travailleurs est une nécessité, voire un bienfait du monde contemporain. Non, c’est une conséquence du régime capitaliste, de l’impérialisme. Des millions d’hommes sont contraints au cruel exil en terre étrangère, loin de leur ciel et de leur peuple, parce qu’ils n’ont pas de travail chez eux."

    [Georges Marchais - 1981] "Pour la jeunesse, je choisis moi, l’étude, le sport, la lutte et non la drogue. Alors, comme l’autre jour un dirigeant socialiste, ils crient tous en choeur «petainisme». Quelle honte ! Quelle honte ! Quelle idée lamentable se font ces gens-là des travailleurs : bornés, incultes, racistes, alcooliques, brutaux, voilà d’après nos détracteurs, qui vont de la droite au Parti Socialiste, comment seraient les ouvriers et les ouvrières. De telles attaques ne déshonorent que leurs auteurs et ne méritent que le mépris."

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  8. En tout cas pour le seul bonheur d'entendre ce papa qui avec sa femme a adopté sept enfants, je me réconcilie presque avec Lmpt. Si vous l'avez manqué , visionnez-le. Louis

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  9. Il me semble que ce n'est pas fréquent, un blog avec de véritables divergences et de véritables discussions où chacun essaie de faire avancer le schmillblick... Merci ! Ceci dit, je suis bien d'accord avec l'anonyme de 14h13, qui distingue gauche prolo et gauche bobo (l'ambiguïté de mai 68, c'est leur mélange) et conteste à partir de là le contraste caricatural fait par l'abbé G2T. Là dessus, un bouquin magnifique, par un des meilleurs penseurs français à mon sens: "Le nouvel esprit du capitalisme", par Luc Boltanski et Eve Ciapello (Gallimard 1999. Du même, entre autres: "La condition foetale. Une sociologie de l'avortement et de l'engendrement"). Aïe ! Péripathos va me traiter d'intello de province (pis: de Belgique !) étalant sa confiture...

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  10. Erik de FRAN6 mai 2013 19:16

    Mélenchon a le verbe haut , pour autant veut-il franchir le rubicon ? Il est assez curieux que ce révolutionnaire en peau de lapin en méme temps veuille étre premier ministre .Il est encore plus paradoxal de voir le parti communiste français qui fut le dernier parti ouvrier non pas seulement par son électorat mais aussi dans ses cadres dirigeants absorbé et dirigé en fait par un ancien trotskyste qui plus est provenant de la plus rigide des sectes trotskystes : l'OCI . Mélenchon a fait sa carriére et doit tout ce qu'il est aujourd'hui au parti socialiste , il en a été un apparatchik .Sur le tard il créé sa petite entreprise .Les plus humbles et précaires de nos concitoyens sont trompés par cet énerguméne , il ira toujours à la soupe .

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    1. Croyez vous vraiment que la Méluche veuille vraiment devenir PM ? Et croyez vous réellement qu'il soit le dirigeant du PCF ? Les choses sont plus complexes. Il s'agit d'une alliance de circonstances qui n'ira pas loin. Ceci dit je ne vois pas à quelle soupe il pourrait aller manger bien qu'il allie à une grande culture un véritable talent d'orateur qui sait manier les formules qui font mouche. Je ne sais pas mais il me fait penser à l'ancien dirigeant d'un mouvement politique français qui lui aussi avait créé sa petite entreprise familiale. Il me semble très supérieur au défunt Marchais.

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  11. nuance supplémentaire: en mai juin 68 les ouvriers français conscients de la trahison de la "gauche prolo" (et du folklore estudiantin dérisoire) ont occupé leurs usines...
    Ils furent les seuls au monde ...Honneur à ces champions de la subsidiarité ( version sauvage, sans doute, mais où se vit la version doctrinale rigoureuse ?)
    Chose totalement occultée par les ré-informateurs de radio courtoisie comme par les analystes d'"Eléments" (du moins ceux entendus sur la même radio) etc ...
    la gauche prolo de Marchais a avorté le mouvement en accord avec la droite gaulliste ...
    peut-être que si les ouvriers d'alors avaient poussé un peu plus loin leur avantage : remettre les usines en route sous leur propre contrôle ( les ingénieurs font partie de ce contrôle )...nous n'aurions pas eu la vague mortifère de désindustrialisation qui nous ruine....
    Mais cela ni la gauche bobo, ni la gauche prolo, ni les spécialistes de la "culture de mort" ( car détruire l'agriculture et l'industrie d'un pays, ce n'est pas de la "mort" sans doute et c'est radicalement négociable) ...ne s'y sont opposés, indignés ou pas...

    Comme c'est étrange ..

    Et voilà un point de "convergence" non vu entre les occupants d'usine d'il y a 45 ans et les occupants de la rue d'aujourd'hui : ils tentent de se réapproprier la seule chose que la Crapule Criminelle démocratique ripoublicaine, partisane, sectaire, laïciste ( voire "conciliaire"..très inféodée à tout ce bastringue) leur a arraché ..... Les seconds devront,comme les premiers se battre contre leurs "représentants "
    qui ne représentent jamais que les hauteurs béantes ( du communisme léniniste naguère, du mondialisme aujourd'hui) auprès de la "base" asphyxié, bâillonnée.....

    Pour la paroisse virtuelle "saint Job" (sans l"engager!)

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  12. Première partie
    La philosophie politique est une drôle de science : Un hybride. Qu’est ce qui est premier, la réflexion ou le réel ? Hannah Arendt a ses propres présupposés philosophiques lorsqu’elle analyse le politique. D’où parle t’elle ? Vous dîtes MAG2T, qu’elle ne croit pas à l’idée de nature humaine. Effectivement pour elle, l’être humain est un être politique, c’est à dire qu’il construit son humanité non seulement par « l’agir » mais par « l’agir ensemble ». Il semblerait qu’elle soit influencée par la thermodynamique (et la théorie de l’information) et que sa vision du monde se calque sur le 2ème principe de cette théorie qu’est l’entropie (elle ne le formule pas, c’est moi qui le suppose !). Le monde irait en se dégradant et la seule chose qui contrarierait cette irréversibilité c’est justement la faculté d’agir. Mais pas seulement. Son espérance car c’en est une, face à la « ruine normale, naturelle », c’est un miracle : « c’est la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau, l’action dont ils sont capables par droit de naissance. » « Le nouveau apparaît comme un miracle… » et de ce miracle nait l’inattendu qui est un fait civilisateur. Peut-être l’avez-vous choisie à dessein pour illustrer la résistance et la désobéissance civile, surtout celle qui se préoccupe du mariage pour tous et de la procréation artificielle. Pour H. Arendt, l’être qui vient à naître, et qui par sa force de vie construira une vie sociale et mentale nouvelle ne peut accomplir son dessein que s’il s’enracine dans un continuum historique et social. Il est forcément en lien avec l’humanité toute entière. Il ne sort pas d’un labo ni d’ une usine à ventres ! Nous sommes avec elle, à l’opposé de « l’indifférenciation » où nos nouvelles lois veulent nous précipiter. Il faut être unique, différent pour créer du nouveau et de l’inattendu. Le contraire de l’individu ce sont les masses, objets et sujets de tout totalitarisme car dit-elle, les masses ont « toutes » tendance à adhérer à un régime totalitaire. Nous sommes alors « tous » concernés si nous nous percevons plus comme individus à part entière.

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  13. Deuxième partie et fin.
    La désobéissance civile n’est-elle pas un retour sur soi en tant qu’individu libre et inaliénable et aussi de se défaire d’un endoctrinement de masse ? Agir ensemble mais séparément et non massivement et d’une façon grégaire pour ne pas devenir : « une société de poulets et de rats » ( ce n’est pas Tobie qui le dit mais H.Arendt !...) ? Pour la philosophe, ni la violence ni l’autorité ne sont naturelles. L’action nouvelle fait échec à la mort et crée de la vie, du sens.
    Pour nous Chrétiens, ce qui fait échec à la mort et à la violence c’est le Christ Sauveur qui retourne à la droite du Père et qui nous en montre le Chemin. Autant dire qu’il n’y a rien à attendre de ce monde-ci. « mon Royaume n’est pas de ce monde » Si bien que pour nous il n’y a pas de loi naturelle. Il n’y a qu’une Loi surnaturelle : Le Christ nous dit de renaître à nouveau, en Esprit. Notre « agir » chrétien a, par conséquent, un sens nouveau et plus profond car la véritable « action » (et la seule qui vaille) c’est justement cette renaissance et cette renaissance, c’est la conversion. Se retrouver « esprit, en Dieu » par le Christ qui en est le chemin. La conversion est une faculté intérieure mais elle est nécessaire pour parvenir à la construction de l’humain en général, donc du social et du politique. Nos politiciens en ces jours malheureux ne sont-ils pas en effet, le reflet de nous-mêmes ? Chacun d’entre nous n’a t’il pas une faille qui se reflète dans notre représentation politique ? Ne sommes-nous pas tous égoïstes, égocentriques ? En quoi consiste notre pratique religieuse ? Une série d’habitudes ? Une recherche de la bonne conscience ? N’y a t’il pas urgence à faire un retour sur soi pour que les choses changent à l’extérieur ? Pour ma part, je le crois fortement. Hannah Arendt le dit : les masses adhèrent aux totalitarismes. Autrement dit, elles les construisent. Chez les enfants de Dieu, il ne peut y avoir de « masse » mais seulement des « personnes ».

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  14. Oui, Benoîte, mais à quoi bon "la construction de l'humain" s'"il n'y a rien à attendre de ce monde", s'il n'y a de loi que surnaturelle , et si l'"humain", comme dieu, est esprit"? a quoi bon un agir humain en vue d'un devenir-esprit suprahumain qui n'est pas de ce monde ? A quoi bon un agir qui ne soit pas pour le monde? L'action du chrétien serait-elle seulement le reflet de son espérance?

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