jeudi 4 août 2016

Le début de l'affaire

"J'ai peur que Sainte-Rita, que la destruction de Sainte-Rita ne soit le début de quelque chose" me confie ce matin une journaliste au téléphone. Attention ! L'Etat met tout son poids dans la fragile balance que représente le destin de cette église, construite en plein XVème arrondissement. Premier indice : Stéphane Le Foll, porte parole du Chef de l'Etat, est intervenu en personne sur le sujet, dans le plus grand flou d'ailleurs et juste pour expliquer que la destruction de cette église relevait du droit privé.

Du droit privé ? Allez détruire ne serait-ce qu'une longère bretonne, pour la remplacer par un pavillon F5, avec piscine et véranda, bref une construction laide mieux adapté à votre mode de vie. Vous verrez si l'exercice du droit de propriété est si simple. Je ne parle pas ici d'un édifice classé, mais simplement de n'importe quelle maison typique. Comme Sainte-Rita est typique.

Est-ce simplement parce qu'il n'a pas de sang chaud ? Est-ce parce qu'il est "le plus froid des monstres froids" comme dit Nietzsche? L'Etat est donc sans état d'âme du côté du nihilisme. La bonne nouvelle du Néant tend à devenir la religion collective.

"J'ai peur que la destruction de Sainte-Rita ne soit le début de quelque chose" : oui le début d'un monde où seul est pris en compte l'intérêt financier. Le début d'un monde dans lequel, très officiellement, la vie spirituelle sera mise de côté comme ne représentant nulle valeur. Il ne faut pas s'étonner, dans cette perspective si la civilisation fout le camp et si des sauvageons sans foi ni loi s'amusent à vous égorger ou à vous roulez dessus, au volant d'un camion de 19 tonnes.

Ce début de quelque chose s'est matérialisé dans l'intervention sous haute surveillance policière des déménageurs-destructeurs, programmés par Lamotte promotion pour intervenir dès que les CRS ont eu fait leur "travail". Aujourd'hui l'église est vide. L'autel est au garde-meubles. Demain... 

Si nous assistons au "début de quelque chose", ce début est suffisamment éloquent pour avoir attiré sur place quelques uns de ceux que Nietzsche appelle "les derniers hommes". En se plaçant dans cette profondeur de champ qui appartient à l'intelligence, mais qui souvent nous déconcerte, il aimait à évoquer ces derniers hommes, les derniers à vivre non seulement d'une certaine idée de la France, comme aurait dit le Général, mais d'une certaine idée de l'Ordre humain, où le spirituel est forcément supérieur au matériel et, toutes confessions confondues, réclame impérieusement protection de l'autorité politique.

Je remercie tous les jeunes qui ont pris sur leurs vacances pour venir défendre Sainte-Rita, et qui ont fait là une expérience spirituelle particulièrement intense. Mieux qu'une retraite : une leçon de choses spirituelle qu'ils ne devront pas oublier. Comme je n'oublierai jamais leur silence (un silence palpable) lors de la consécration durant ce sacrifice eucharistique matinal. 

Je remercie bien sûr aussi les vieux, qui ont pris le risque de la violence policière, pour être là, j'embrasse la doyenne des participants, Madame B. je n'oublierai pas ses larmes lors de l'intervention des CRS. Je pense évidemment à tous ceux qui ont pu être présents malgré l’heure matinale et la date estivale. mais aussi à tous ceux, nombreux je le sais beaucoup me l'ont dit, qui se sont joints à nous par la prière – ou la pensée. Je remercie les politiques, les élus locaux, qui savent, eux, ce que représente Sainte Rita dans le quartier, le député qui a écrit au pape et tous les politiques qui sont intervenus sur twitter (oui tous, qu'ils aient dit des choses agréables ou non), je pense bien sûr au maire du XVème, parce qu'"on" a spéculé sur son absence, je pense à tous ceux qui se joindront à nous dans l'avenir. Merci également aux journalistes de la presse écrite ou audiovisuelle, tous ceux qui sont venus aux nouvelles et qui ont ensuite traité le sujet avec objectivité, selon leur sensibilité respective. Merci à ceux – très nombreux – qui ont relayé les informations au sujet de Sainte Rita, par exemple sur FaceBook ou sur twitter. "Sainte-Rita" a été le premier hashtag sur twitter, hier, et cela ne fait que commencer, car l'affaire Sainte-Rita n'a vraiment commencé qu'hier, grâce à cette grande chaîne virtuelle, inestimable, que nous formons tous. 

"Nous assistons au début de quelque chose" me disait ma correspondante au téléphone ce matin : oui, c'est le début de l'affaire Sainte-Rita.

mercredi 3 août 2016

Ce qui s'est vraiment passé à Sainte-Rita du Quinzième

L'opération avait été préparée dans le plus grand secret. Elle devait se dérouler sans anicroche dans la moiteur d'un été sans relief. Nous avons pu être au courant de ce que préparait la Préfecture de Police contre l'église Sainte-Rita quelques heures auparavant. Nous savions que les CRS auraient le dernier mot, l'Etat ne possède pas pour rien ce que Max Weber appelle le monopole de la violence légale. Mais nous ne voulions pas que le bouclage de Sainte-Rita en vue de sa destruction par le Promoteur Lamotte, soit un acte purement administratif. Ce haut lieu spirituel devait recevoir l'hommage qui lui est dû, au moins de notre part. Quelques coups de fil plus tard, dans Paris vidé de ses habitants, l'équipe des résistants était constituée. Surprise : le jour J, nous étions une centaine, en comptant ceux qui avaient passé la nuit dans l'église. Nous étions prêts à élever une protestation spirituelle digne de l'esprit des lieux contre le bouclage administratif de l'église Sainte-Rita. Oui une messe.

Quel est l'esprit des lieux ?

Sainte Rita a été construite au début du XXème siècle - dans un style qui marie harmonieusement le premier béton avec le néo-gothique - par une communauté d'origine anglicane. Ces fidèles se sont très vite appelés eux-mêmes les catholiques apostoliques. Leur rôle ? Diffuser le message décisif pour tous les chrétiens : la fin du monde est proche. C'était au début du XIXème siècle... Aujourd'hui, ce groupe est réduit à des personnes âgées et très peu nombreuses. L'église Sainte Rita avait été louée depuis une vingtaine d'années à des gallicans sans rapport avec Bossuet, que l'on peut définir comme des catholiques dissidents. Ils avaient donné à Sainte Rita un vrai rayonnement spirituel, à travers les bénédictions d'animaux et la prière à sainte Rita, patronne non seulement des causes désespérées mais de la paix dans les familles. Lorsque Mgr Philippe quitte l'édifice, de son propre mouvement, cela crée un grand vide. La communauté est en déshérence.

C'est dans cette situation que l'un des responsables me demande de venir célébrer la messe pour eux. Comment ne pas recevoir cet appel au secours ? Fin novembre 2015, je propose d'élever une protestation contre les desseins du Promoteur Lamotte, en célébrant la messe chaque dimanche à 16 H (le seul créneau libre dans ma journée, un horaire de messe incongru). Mais bientôt l'église est pleine. J'ai rajouté une messe à 11 H : on a fait le plein durant tout le mois de juin. J'étais prêt à en ajouter encore une... Les églises de Paris - il faut le dire - sont toutes pleines (en particulier dans le XVème), et il n'y a pas concurrence mais une offre encore insuffisante.
           
C'est dans ce contexte qu'une image fait le tour du monde, celle de l'abbé Billot, prêtre du Centre Saint-Paul depuis plusieurs années, maltraité par les policiers qui le traînent à terre alors qu'il se trouve encore en ornement sacerdotaux. Attention ! Il n'y a pas eu de scandale ni de profanation des saintes espèces, simplement une messe, la mienne, "finie au gaz" si vous... sentez ce que je veux dire, et puis des policiers un peu expéditifs avec un ministre de Jésus Christ.

Sainte-Rita ne demande qu'à vivre ! Il me semble que le dernier mot de cette affaire ne doit pas rester à la violence policière, ni à des calculs de rentabilité. Il importe que les partis en présence se mettent autour d'une table (sous l'égide par exemple du maire du XVème) pour décider de ce que l'on fera de cette église ? Un parking ? Des logements sociaux ? Ou - ce qu'elle a toujours été - une Maison de l'Esprit saint, où chacun pourra trouver ce Dieu qui se laisse chercher, en particulier dans la splendeur des liturgies traditionnelles ?

mercredi 27 juillet 2016

Comment le christianisme est viril

Le psaume 30 brosse un tableau terrible de la condition humaine. Mais il est formel - au moins dans la version latine de saint Jérôme : Viriliter agite et confortetur cor vestrum, omnes qui speratis in Domino. Agissez de manière virile, dit l'Esprit saint aux croyants des deux sexes, et votre coeur s'en trouvera conforté. "Soyez viriles, mes filles" lançait en échos sainte Thérèse d'Avila. Il y a dans les écrits inspirés comme dans les écrits des saints la trace constante d'une mystérieuse logique de l'action : "Celui qui FAIT la vérité vient à la lumière" (Jean 3, 21). Cette logique de l'action renforce ceux qui la pratiquent avec foi, ceux qui vivent dans l'Espérance (omnes qui speratis in Domino, dit le Psaume). C'est véritablement ce en quoi consiste la virilité selon l'Ecriture, la capacité à mettre de côté tout état d'âme, toute peur, toute inquiétude, toute faiblesse, pour agir, quoi qu'il en coûte, de manière conforme à la foi qui est en nous. Cette action humaine rencontre, d'une manière indicible, la grâce de Dieu qui la fait être. Et c'est cette fusion sans confusion entre la grâce et la liberté, cet avènement de la liberté dans nos coeurs par la force adventice de la grâce qui fait le flamboiement de l'âme habitée par la foi.

Cela dit, attention : la virilité dont parle le psaume 30 n'a rien à voir avec la testostérone. Ou bien disons plus précisément qu'elle est son analogue surnaturel. Analogue ? C'est simple : lorsque Thérèse d'Avila enjoint à ses soeurs d'être viriles, elle ne leur demande en aucun cas de devenir des femmes à barbe ! Il y a c'est vrai, dans chacun des deux sexes, quelque chose de la perfection divine. Très tôt Dieu est comparé non seulement à un père (plus rarement qu'on ne le pense avant le Christ, qui est le premier Fils de Dieu) mais à une mère ("Si une mère pouvait oublier son enfant, moi je ne t'oublierai pas dit le Seigneur" Isaïe 60). Mais ni la féminité ni la virilité ne portent en eux-mêmes leur accomplissement ou leur perfection. Pas de perfection féminine sans une virilité qui la provoque. Pas de perfection virile sans une féminité qui l'adoucit. Dieu seul est parfait en lui-même.

La virilité spirituelle ou surnaturelle est donc analogique à la virilité naturelle. Mais, au moins si l'on fait confiance en ce schéma analogique que nous a légué Aristote et qu'a si bien illustré Cajétan, il faut reconnaître qu'en disant CELA, nous affirmons (c'est le secret de l'analogie) que la virilité spirituelle est vraiment virile, mais... autrement ! Elle n'est pas moins virile que la virilité naturelle et, en prime, elle est réellement accessible aux deux sexes, comme en témoigne Thérèse d'Avila. A l'opposé, notre société de femmelins (selon le néologisme cher à Proudhon) est une société qui a commencé par perdre, avec la foi et l'espérance, tout ce que j'ai appelé dans le premier paragraphe la virilité spirituelle. On y vit dans l'instant, sans fidélité à long terme, sans projet, sans destin, sans aucune manière de dominer le temps. La formule qu'Imre Kertesz avait découverte dans les camps de concentration nazis, "nous sommes des êtres sans destins" s'applique parfaitement à cette émasculation spirituelle que nous subissons tous dans la société instantanéique dans laquelle nous baignons.

Il est vrai que le christianisme a spiritualisé la virilité comme à peu près tout ce qu'il touche. Faut-il le regretter ? Non, puisqu'ainsi il a mis la virilité à la disposition des deux sexes.

Mais essayons d'aller au bout de l'objection. Il arrive fréquemment d'entendre : la religion chrétienne est une religion de femmes... Il est vrai qu'en tant qu'il est la religion du coeur, le culte de la charité, le christianisme a toujours été très ouvert aux femmes. L'amour est incontestablement naturel aux femmes. Il est, chez les hommes, plus volontaire (ne généralisons pas trop cependant !). Mais il suffit d'entendre à nouveau, dans saint Luc, les deux disciples d'Emmaüs disant au Ressuscité avec lequel ils font route depuis un petit moment, mais qu'ils n'ont pas reconnu : "Quelques femmes, qui sont des nôtres, nous ont il est vrai stupéfiés, nous disant qu'elles ont eu la vision d'anges qui le disent vivant". Ce sont les femmes qui annoncent la résurrection du Christ aux apôtres et, dans l'Ecriture, c'est Marie Madeleine qui le voit la première, au point qu'on l'appelle l'apôtre des apôtres.

Pour autant , si le coeur est notre féminité spirituelle à tous - homme et femme -, nous avons essayé de démontrer avec le psaume 30 que la foi et l'espérance sont des vertus viriles, qui parce qu'elles sont surnaturelles sont accessibles aux deux sexes. L'attitude du croyant - faite de foi, d'espérance et de charité - est donc spirituellement androgyne. Il retrouve ainsi une complétude qui existait dans le plan de Dieu avant que la sexuation ne devienne une coupure (selon le verbe latin secare), avant que le monde de l'homme et le monde de la femme ne deviennent deux mondes qui ne se rencontrent pas souvent.

Quant à ceux qui voudraient une religion virile au sens naturel de ce terme, ils sont effectivement servis avec l'islam : la polygamie (pas plus de quatre femmes légitimes dit le Coran) est une institution éminemment virile. Je dirais que l'homme est naturellement polygame. Par ailleurs (peut-être une musulmane me détrompera-t-elle) le paradis d'Allah me semble avant tout viril par les plaisirs qu'il offre. Troisièmement, la violence est la première manifestation du Sacré, comme Daesh entend nous en administrer la preuve presque chaque jour en ce moment. Enfin et surtout, cinquièmement, le Coran propose une foi sans la charité universelle qui va avec dans l'Evangile, la virilité de Dieu sans sa féminité avons-nous dit. Mais "la vérité sans la charité est une idole" comme dit Pascal. Isoler la virilité que représente la foi, en l'abstrayant de cette charité féminine, qui est pourtant le "seul accomplissement du précepte" dit saint Paul, c'est effectivement enfermer le Saint Esprit dans la testostérone. On a vu ce que cela avait pu donner le 14 juillet dernier avec Mohamed et sa virilité, au volant d'un camion de 19 tonnes.

Religion d'homme l'islam ? Assurément et c'est sa perte... Il n'est qu'une religion d'homme. Au contraire, dans le christianisme dit saint Paul, il n'y a ni homme ni femme car, spirituellement, il y a et la virilité intrépide de la foi espérante et la délicatesse féminine de la charité.

NB : Je parle ici du Masculin et du Féminin, le sujet que je me suis donné m'y oblige. Dans la réalité personne n'est le Masculin ou le Féminin. L'Homme ou la Femme archétypes n'existent pas. Ainsi, un couple n'est pas l'alliance de deux natures (masculine et féminine) mais de deux personnes, à savoir un homme et une femme, chacun comportant un étrange alliage de masculinité et de féminité spirituelles. 

mardi 26 juillet 2016

Le sacrifice du Matin

Le Père Jacques Hamel était un prêtre sans histoire, mais prêtre de toutes ses fibres. Ainsi la victime a-t-elle été choisie. C'est le prêtre qui était visé par les deux terroristes et le prêtre célébrant le saint Sacrifice de la messe, disant, matinal, sa messe quotidienne. Il ne s'agissait pas de tuer du chrétien : la messe dominicale aurait été le moment approprié pour cela. Il s'agissait d'atteindre, de toucher le sacerdoce catholique, en faisant du prêtre la victime. Il y a eu, d'après Soeur Danielle, celle qui a prévenu les secours, une sorte d'antiliturgie monstrueuse. Après une sorte de prêche en arabe, les deux hommes ont fait mettre le prêtre à genoux avant de l'égorger. Au couteau. Soeur Danielle n'a pas pu regarder, elle s'est échappée.

Qu'aurait-elle vu? L'un des deux jeunes avait dix neuf ans. Il habitait la commune. Ni son nom ni celui de son complice n'ont encore été donnés ce 26 juillet au soir. Nous n'avons que son prénom Adel et une initiale: K. Et pourtant les policiers locaux le connaissaient. Peut-être le Père Jacques aussi le connaissait-il... Et c'est parce qu'il le connaissait, dans une sorte de quête de l'intimité dans le crime, que ce terroriste sans nom l'a égorgé. Cette affaire en tout cas est avant tout une affaire locale. Syrie ou pas, cette petite messe du matin sent le terrorisme de proximité.

Qu'est-ce que cet égorgement signifiait pour Adel K?

Au bout de 2000 ans de christianisme, nous Occidentaux, nous ne comprenons pas ce geste parce que pour nous la Victime est toujours plus sainte que le bourreau. Lorsque Joseph de Maistre a écrit son Eloge du bourreau (après ses Eclaircissements sur les sacrifices) il avait conscience d'aller à l'encontre de l'idée reçue en christianisme qui est celle de la sainteté des victimes. Pourquoi les victimes sont-elles saintes ? Elles sont toutes, elles sont toujours des images du Christ crucifié. Mais le terroriste sans nom n'est pas un chrétien, il n'a pas reçu l'évangile, la bonne nouvelle de l'innocence des victimes.

Adel K vient d'un monde a-chrétien, d'un monde encore moralement archaïque, où les victimes sont toujours coupables, ne serait-ce que parce qu'elles sont des victimes. Il a voulu montrer au Père Jacques sa culpabilité et la Puissance d'Allah. Allah ouakbar s'est-il écrié. Allah est le plus grand, il est vainqueur. Dans ce sacrifice de mécréant, qu'il a commandé (voyez la sourate 9 du Coran) et donc en quelque sorte commandité, dans ce sacrifice réalisé en son honneur, Allah désigne le vaincu, celui dont le sang coule sous le couteau. Ce crime, pour les musulmans radicaux, est une sorte d'ordalie. Un jugement de Dieu, qui déclare la non-violence chrétienne périmée et sonne l'heure de la violence sacrée, au nom de l'islam.

L'islam (d'après les musulmans) est la dernière des religions, celle qui contient tout le message divin. Message simple : il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et la terre est donnée aux soumis à Allah. Message efficace, qui produit immanquablement une dialectique par rapport à tout ce sur quoi il se surimpose, que ce soit les cultes non Bibliques, ceux du temps de l'ignorance, que ce soit le culte juif, que ce soit aussi le culte chrétien, qui ose faire de Dieu une victime en Jésus Christ... Pour le Coran, Jésus n'a pas été victime, il n'a pas été crucifié, Allah ne l'a pas permis. Il est le plus fort. D'ailleurs, les chrétiens ont tort de se victimiser. N'ont-ils pas donné le terrain (en 2000) sur lequel a été bâtie la mosquée salafiste de Saint Etienne du Rouvray? Bien fait pour eux! Ce sont des loosers! Des perdeurs professionnels, avec leur Dieu victime. Leur messe, sacrifice de la victime divine, est redevenue, grâce au jeune Adel K et au rituel qu'il a improvisé autour d'un couteau (il n'avait pas d'autre arme sur lui), un sacrifice "normal", le sacrifice des perdants.

Je suis sûr que dans notre monde déchristianisé beaucoup sont justement de l'avis d'Adel K. Oui, les chrétiens nous emm. avec leur sacrifice. Comment peuvent-ils mettre Dieu du côté des victimes ?

Eh bien ! Il me semble que le martyre du Père Jacques est une extraordinaire parabole sur l'histoire qui nous reste à vivre, sur la victoire programmée de ceux qui hurlent "Allah est le plus grand" et sur leur défaite finale. Ces gens confondent les martyrs et les tueurs. Mais leur "réalisme" est inhumain, il est monstrueux. L'Evangile apparaîtra plus que jamais comme la seule alternative à ce Pouvoir absolu des plus violents. "Heureux les doux car ils posséderont la terre". Le Père Jacques est mort sans un mot, mais il prophétise la victoire du Bien, par la médiation de la souffrance acceptée, le vrai sacrifice, le sacrifice du matin, celui qui annonce un jour nouveau pour l'humanité, enfin prête à reconnaître son incurable violence, et prête à s'en remettre au Christ qui la sauve d'elle-même.

samedi 16 juillet 2016

A propos de Radio-Courtoisie

Depuis un mois, Radio Courtoisie est la cible d’attaques de plus en plus violentes, dont le mobile apparent tient à certaines déclarations faites, à titre personnel, par son président Henry de Lesquen. Autant, les désaccords et les débats sont compréhensibles, entre personnes réellement libres, il faut s’y attendre. Autant leur mise en scène sur la place publique est difficilement acceptable quand elle nuit au bon fonctionnement de la radio et met en cause ses principes mêmes.

En effet, ce qui caractérise Radio Courtoisie, c’est la liberté d’expression et de pensée dans le respect des personnes et de leur dignité. Les responsables d’émission bénéficient d'une authentique liberté dans le choix de leurs invités et aussi dans leurs propos. Le corollaire de cette liberté, c’est la responsabilité des patrons d’émission, qui sont engagés par le contenu des émissions qu’ils dirigent.

Nous, patrons d'émission, tenons à souligner notre gratitude vis-à-vis de ceux qui, depuis plusieurs années à la tête de notre radio, ont pu faire en sorte que le risque permanent qu’il y a dans la liberté de pensée ne dégénère jamais en propos inadmissibles ou dégradants. Nous réaffirmons ici notre attachement à cette liberté qui nous a été donnée de mener nos émissions tout en ayant conscience des responsabilités qui nous en incombent.

C’est pour cela que nous tenons à souligner aussi notre attachement à ces principes fondamentaux qui sont ceux de ce que l’on appelait dans les années 80 les radios libres et qui sont encore ceux de Radio Courtoisie, tels qu’ils nous ont été communiqués lorsque nous l’avons rejointe et tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui.

Radio Courtoisie promeut les valeurs traditionnelles de notre culture française, en refusant toute inféodation à un Parti politique ou à une idéologie quelle qu’elle soit. Ni la radio, ni ceux qui la font vivre, ne peuvent être accusés de racisme ou autres insinuations infamantes en totale opposition avec ces valeurs traditionnelles. 

Nous lançons donc un appel à l'apaisement pour que cessent les déchirements stériles. L’heure est à l’union. Il faudrait aussi que les auditeurs de la Radio, en particulier ceux qui sont adhérents à l’association de Radio-Courtoisie, soutiennent leur Radio, sans aller imaginer, comme le souhaitent ouvertement certains, une Radio Courtoisie quittant la bande FM et trouvant un refuge (combien précaire !) sur Internet. Moyen de communication sans équivalent, symbole national de la liberté de pensée, radio de toutes les droites et de tous les talents, comme disait Jean Ferré, son fondateur, Radio Courtoisie ne doit pas devenir la cible d'appétits individuels ou le champ-clos de manœuvres douteuses, dont le risque objectif est d’entraîner volens nolens sa disparition. 

Ce courrier ne prend pas la forme d’une pétition, il n’est pas ouvert à d’autres signataires, refusant d’ajouter à la discorde entre responsables d’émission. Pas question d’accoler du désordre au désordre, alors qu’il y a aujourd’hui objectivement deux camps dans le milieu traditionnel : ceux qui, quelles que soient leurs préférences personnelles, soutiennent Radio-Courtoisie et ceux qui, au nom de chimères, s’y opposent. Nous refusons de jouer la vie de la Radio dans une telle dialectique. C’est ce jugement sur la situation, dont nous avons découvert qu’il nous était commun, qui nous a rapproché et qui nous a décidé de témoigner.

Le 13 juillet 2016 

Thierry Delcourt - Abbé G. de Tanoüarn
thierry.delcourt@gmail.com - gdetanouarn2@wanadoo.fr

[On lira ci-dessous des réactions à ce texte. Tout ayant été sans doute dit, il n'est plus possible d'ajouter de nouveaux commentaires.]

mercredi 8 juin 2016

[Anne Le Pape - Présent] "Entretien avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn"

Le quotidien Présent (cliquez ici pour les conditions d'abonnement) nous fait l'amitié de soutenir notre lutte pour la préservation de l'église Sainte Rita.

Sainte-Rita : “L’espoir est devenu légitime”
— Monsieur l’abbé, vous attendiez des nouvelles pour l’église Sainte-Rita en début de semaine. Qu’en est-il ?
— La société Garibaldi, qui cherche à faire de l’église Sainte-Rita un logement social avec des parkings, avait intenté un référé contre l’Etat français en lui demandant de faire intervenir la police pour libérer Sainte-Rita de ses « occupants sans titre ».

Elle avait gagné ce référé le 27 mai, mais l’association Communauté chrétienne Sainte-Rita Paris XVe a fait appel en tierce opposition et le tribunal administratif a finalement annulé l’ordonnance du 27 mai.
— N’est-ce pas excellent pour la sauvegarde de l’église ?
— C’est extraordinaire ! Nous allons pouvoir nous consacrer à une levée de fonds pour sauver définitivement l’église. Mais il faut que les fidèles continuent à venir nombreux manifester par leur présence que Sainte-Rita doit rester un édifice cultuel.
— Le succès de la procession de dimanche a-t-il joué un rôle ?
— Beaucoup de choses ont joué : le fait que la police nous ait suivis, le soutien du maire du XVe qui refuse de voir détruit un bâtiment cultuel dans son arrondissement, l’habileté de nos avocats, Me Alexandre Cuignache et Me Frédéric Pichon qui, au dernier moment, a pu plaider, et bien sûr une présence très nombreuse des fidèles, que les murs de l’église ne pouvaient contenir dimanche.

Il faut ajouter que le père Emmanuel Schwab, curé de Saint-Léon, paroisse du XVe, a annoncé notre procession avec bienveillance.
— Vous nous aviez déclaré que le promoteur ne voulait rien entendre et ne voulait pas vendre ?
— Jusqu’à maintenant, le promoteur a cherché à faire valoir ses droits à détruire, mais il est clair que la décision du 6 juin met un coup d’arrêt à ses projets et rouvre la possibilité d’une négociation. C’est évidemment à lui d’en décider, mais il a pu mesurer qu’il n’était pas facile d’avoir contre soi et la préfecture de police et la mairie d’arrondissement.
— Vous gardez donc espoir ?
— Jusqu’à maintenant, on prenait pour des fous ceux qui avaient encore de l’espoir dans l’avenir de Sainte-Rita. Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui l’espoir est devenu légitime. Mais il ne faut surtout pas passer d’un extrême à l’autre et croire que tout est gagné, alors que tout est possible mais que tout reste à faire.
— Que dites-vous aux lecteurs de Présent ?
— Les lecteurs de Présent, qui ont pu suivre les heurs et malheurs de Sainte-Rita, ne doivent pas se désintéresser de l’évolution de cette affaire et ne doivent pas hésiter à se rendre à Sainte-Rita pour assister à la messe du dimanche, que ce soit à 11 heures ou à 16 heures. Assistant à la messe à Sainte-Rita, ils font coup double : ils satisfont au devoir dominical et ils posent un acte militant, plus que jamais important pour l’avenir de cette église.


Propos recueillis par Anne Le Pape