jeudi 30 juin 2011

On n'est pas en vacances !

Le Centre Saint Paul n'est pas encore en vacances ! On peut même dire qu'il ne se met pas en vacances cet été puisque les messes sont maintenues le dimanche à 9H00, 10H00, 11H00 (Grand messe), 12H30 et 19H00... L'abbé Willy qui était là l'été dernier revient dès le 3 juillet, nous permettant de conserver les messes quotidiennes (pour l'instant à 8 H et 19 H) et les cinq messes du dimanche. Je serai là chaque dimanche : si vous êtes de passage à Paris cet été, n'hésitez pas à passer par le Centre Saint Paul. Voilà pour la partie cultuelle de nos activités culturelles.

Au plan culturel, les cours sont finis. Nous préparons les programmes de l'an prochain. Le Metablog bien entendu ne sera pas en vacances. Quant au frère Thierry, avec son très select Club de l'Aréopage, il vous propose, de 14H00 à 18H00, une après-midi géopolitique samedi prochain sur les Balkans, coeur méconnu de l'Europe.

Autant que je comprenne la perspective de cet Aréopage, elle est originale. Il s'agit de poser "un regard russe sur les Balkans" (selon le titre de la conférence de Romain Bessonnet). L'ancienne Yougoslavie se déchire. Le Kossovo, indépendant, reste un enjeu affectif important pour les Serbes (exposé de Maurice Gendre sur ce sujet). Andrei Korliakov, en évoquant "le grand exode des Russes blancs" dans les Balkans, désignera la Serbie comme ce qu'elle est : une petite soeur orthodoxe pour la Russie. Bref David Mascré, qui promet une synthèse sur "la géopolitique des Balkans", ne versera certainement pas dans les slogans ordinaires qui caractérisent la Politique internationale dans l'ex-Yougoslavie.

Il faut reconnaître que les Croates catholiques auraient aussi sans doute leur mot à dire dans cet imbroglio. Je rappelle simplement que c'est à eux que Benoît XVI a déclaré il y a une paire de semaines que les chrétiens devaient être des "contestataires". Ces Croates ne sont pas seulement des catholiques de vieille culture comme les Polonais par exemple. Ce sont des catholiques qui ont connu un retour de ferveur après la Chute du Mur, en particulier sous l'influence de Notre Dame de Medjugorje. Leur contestation du monde contemporain n'est pas une vieille habitude, mais un élan nouveau. A Maltes, vielle île catholique d'un ordre autrefois souverain, le Saint Père n'a pas hésité. Il a carrément parlé du christianisme comme d'une "contre-culture". Je crois que c'est en ce sens que nous essayons de travailler à Metablog, le webmestre et moi.

mercredi 29 juin 2011

Actualité du Péché originel

Le Père Michel Viot a été étourdissant hier, à la fois subtil et puissant ce qui n'est pas donné à tout le monde. Et il a lancé le même mot de la fin que lors de l'entretien que j'ai réalisé avec lui pour Monde et Vie : le problème, c'est l'oubli du Péché originel. Il boucle la boucle en quelque sorte ce disant et confirme ses engagements "de Luther à Benoît XVI", en passant par... la franc-maçonnerie régulière.

Son combat actuel ? Depuis le Vrai et le Faux (2008), mais sans doute déjà depuis Chrétiens sans religion (1975), il s'oppose au curieux amalgame qui se réalise sous nos yeux entre la foi chrétienne et l'esprit des Lumières. On peut dire que cette opposition l'a mené jusqu'au catholicisme puisque le protestantisme se caractérise, dit-il, par son absence de défense immunitaire et par sa porosité aux Lumières. Au protestantisme il manque cette institution historiquement sublime qu'est la papauté.

Mais que nous font les Lumières ?

Il faudrait plusieurs posts pour répondre à cette question. Hier, le Père Viot a parlé surtout de cet optimisme béat du "tout est bien quoi qu'on fasse" qui caractérise le "progressisme enluminé" (l'expression est de bibi).

Il est clair que l'on ne peut pas être chrétien si l'on n'a pas compris ce que saint Ignace appelait la "gravité du péché", non pas forcément la gravité de tous nos péchés actuels, mais la gravité ou la terible déclivité de cette pente sur laquelle il vaut mieux ne pas se laisser aller et qui nous mène, croyant faire l'ange (ou le saut de l'ange) à faire la bête...

Moi qui suis dans les jansénistes jusqu'au cou, je me retrouve en sympathie augustinienne avec l'ancien Inspecteur luthérien qu'est Michel Viot. Oui, il faut reparler du Péché originel. Pas de façon caricaturale. Mais de manière profonde et qui nous fasse comprendre ce que Terence Malik dans The tree of life appelle les deux voies, celle de la nature, égoïste et violente, celle de la grâce, légère et enivrante.

Dans la voie de la nature la légèreté est "insoutenable" comme aurait dit Kundera. Dans la voie de la grâce, elle est seule désirable.

mardi 28 juin 2011

[conf'] «De Luther à Benoit XVI . L'itinéraire d'un ancien franc-maçon», par Père Michel VIOT

Mardi 28 juin 2011 à 20H00: «De Luther à Benoit XVI . L'itinéraire d'un ancien franc-maçon», par Père Michel VIOT - PAF 5€, tarif réduit à 2€ (étudiants, chômeurs, membres du clergé) - la conférence est suivie d’un verre de l’amitié - au Centre St Paul

samedi 25 juin 2011

Amours, délices et... orgues !

Qu'est-ce que ces trois mots ont en commun ? Ce sont trois mots masculins qui passent au féminin lorsque on les emploie au pluriel. Je ne chercherai aucune explication dans je ne sais quelle métaphysique des sexes, car la métaphysique des sexes, contrairement à Julius Evola et parce que je suis chrétien, je n'y crois pas. Mais le fait est que l'on dit : Des amours tumultueuses. Des délices victorieuses (mais oui !). Et des orgues ? Des orgues harmonieuses, douces et tempétueuses, mais toujours... majestueuses. On dit : des grandes orgues.

Nous venons d'acheter un petit orgue pour le Centre Saint Paul, car l'ancien biniou était criard et poussif. Bref : inutilisable. Eh bien ! Nos grandes orgues sont merveilleuses. Expérience faite jeudi soir pour la fête du Saint Sacrement ! Je ne suis pas un esthète et ne crois pas qu'il faille mélanger esthétisme et spiritualité. Mais le fait est que notre prière s'en est trouvée efficacement soutenue, portée. Là comme ailleurs la technique fait des miracles. Ce sont les sons de véritables grandes orgues qui sont enregistrés et restitués sur notre petit orgue Allen. Nous entendons des orgues de cathédrales et nous avons devant nous un instrument de taille modeste. Quand on ouvre le capot, c'est impressionnant comme le moteur ne paie pas de mine. Tout est miniaturisé aujourd'hui !

J'invite tous ceux qui le souhaitent au baptême de notre orgue à 11H00, dimanche prochain à la grand-messe que je célèbrerai pour la solennité du Corpus Christi...

On aspergera d'abord la bête d'eau bénite : on ne peut pas faire moins. Et puis on écoutera Nanon Bertrand, spécialiste de l'école française du XIXème siècle et qui a plus d'un tour dans sa musette. Nous aurons l'occasion d'apprécier aussi l'efficacité de l'accompagnement en chantant avec foi le Lauda Sion. Et puis naturellement tout cela finira par un kir royal, à la pêche ou à la mûre. Ou par un petit vin blanc du Luxembourg.

Une occasion pour les Parisiens qui me lisent de découvrir la messe traditionnelle si ils ne la connaissent pas ou de la retrouver dans le cadre chaud et parfois vibrant de notre petite chapelle saint Joseph [12 rue Saint-Joseph  - 75002 Paris]

Bref dimanche, la fête spirituelle et liturgique se doublera comme il se doit d'une fête pour nos tympans. je m'en réjouis à l'avance, encore ému par la très belle messe de jeudi, où la voix souple de l'abbé Baumann soutenue par l'orgue, nous entraîna naturellement vers les cieux.

Faut-il se moquer de l'émotion ? Dans l'ordre religieux, l'émotion est l'un des véhicules du voyage. On aurait tort de l'oublier.

mercredi 22 juin 2011

Lions! (TradiLien#1)

Je suis en train de faire une page de liens internet selon un principe tout bête: chaque lien peut relever de plusieurs thèmes. Un exemple: le site de la Fraternité St Vincent Ferrier (http://www.chemere.org/) figure dans le thème "" mais c'est aussi le "" d'un groupe "". Pour le moment l'heure est à engranger un certain nombre de sites, pas forcément des sites tradis (La Vie est dans liste) mais à tout le moins: des sites qui peuvent intéresser un tradi (ne serait-ce que moi).

C'est là que vous intervenez: vous connaissez très certainement quelques sites qui vous tiennent à coeur, ne serait-ce que votre site favori. Je vous suggère:
  1. de vous rendre sur la page de liens
  2. de vérifier que votre favori n'est pas déjà listé (éventuellement, en utilisant à cette fin le moteur de recherche)
  3. s'il n'est pas listé, d'utiliser le formulaire du bas de page pour donner: le titre du site (en restant sobre) et le lien - sans renseigner la partie 'commentaires'
... en vous rappelant que votre site n'apparaitra pas tout de suite - il faut auparavant que je le valide (ce qui ne se fera pas dans l'ordre d'arrivée). Par ailleurs, vous voudrez bien ne pas proposer de sites politiques - ce n'est pas le sujet.
Dans un second temps je travaillerai la présentation du site, l'idée étant d'offrir dès la page d'accueil de la lecture - en plus de la recherche par thème.

La gnose ? Mais je suis pour !

Très grande leçon de philosophie, très belle leçon de modestie avec Jean Borella, ce soir au CSP. Il nous a fait l'histoire du terme "gnose" des origines à Bossuet... Et sa démonstration, que je ne reprendrai pas ici en détail, est terriblement convaincante.

Il montre que le terme de "gnose" n'a pas été employé durant tout le Moyen âge et qu'il ressurgit au XVIIème siècle. Auparavant on le trouve chez saint Paul (24 fois), chez saint Pierre (trois fois) et dans une formule énigmatique du Christ : "Malheur à vous docteurs de la loi, parce que vous avez enlevé la clef de la connaissance (gnosis). Vous-mêmes n'êtes pas entré, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêché" (Lc 11, 52).

Ce terme de gnose est utilisé ensuite dans un autre cadre que celui des Evangile, pour désigner une connaissance ésotérique, portant sur la nécessaire révolte contre le mal (qui est le monde lui-même) et donnant à chacun la conscience de son caractère divin.

Faut-il, parce que d'autres ont utilisé le terme, le leur abandonner ? On risque ainsi de valider l'image d'un christianisme bébête, reposant avant tout sur un altruisme moral, mais n'apportant ni connaissance ni mystère : le christianisme de mon enfance, années 70.

Jean Borella a énormément cherché autour de cette question de la gnose... Et il a trouvé un texte de Bossuet, qui, je crois, dit tout : "Je ne vois point qu'il faille entendre sous le nom de gnose un autre mystère que le grand mystère du christianisme, bien connu par la foi, bien entendu par les parfaits à cause du don d'intelligence sincèrement pratiqué" (il y a une page de ce tonneau). Plus loin, de manière encore plus forte, Bossuet équipare gnose (il écrit : gnosis, en caractères grecs) et tradition non-écrite: "Tout cela pris ensemble compose la tradition de la science du salut que l'on appelle gnosis".

Dans les deux passages que j'ai cité, Bossuet insiste sur le caractère pratique (et non purement spéculatif ou spéculaire) de ce savoir nouveau, qui réalise en nous ce qu'il signifie. Il oppose ce caractère pratique à "la passivité des nouveaux mystiques" qui tentent de récupérer la gnose mais la déforment puisqu'ils en font un pur savoir. Cette vérité toute pratique et réalisant ce qu'elle signifie, je l'appelle quant à moi l'évidence chrétienne...

J'ai tendance à dire que sur un tel sujet - la gnose - si Bossuet a parlé, la cause est entendu. Merci et honneur à Jean Borella !