jeudi 6 octobre 2011

Au scribe fidèle

Le texte qui évoque l'abbé de la dernière cartouche a été diffusé sur les deux Forums traditionalistes les plus représentatifs, et les commentaires s'accumulent ; ils expriment le plus souvent leur étonnement devant cette "étrange violence" du millier de messes réparatrices.

Je dois à la diligence du Webmestre un beau texte peu connu et manifestement privé de Benoît XVI, daté de mars dernier et en provenance du site Benoît et moi. Il se passe de commentaires :
« Je comprends très bien votre préoccupation par rapport à ma participation à la rencontre d’Assise. Mais cette commémoration doit être célébrée de toutes façons et après tout, il me semblait que le mieux c’était d’y aller personnellement pour pouvoir essayer de cette manière de déterminer la direction du tout. Cependant je ferai tout pour que soit impossible une interprétation syncrétique de l’évènement et pour que cela reste bien ferme que toujours je croirai et confesserai ce que j’avais rappelé à l’intention de l’Église avec l’encyclique Dominus Iesus ».
Vous trouviez déjà cette interprétation d'Assise III sous la plume de notre Webmestre, en son article Patchs. Aller offrir 1000 messes en réparation pour Benoît XVI et 33 pour les sacrilèges de Golgotha Picnic... C'est dérisoire. Comme disait l'autre, "tout ce qui est excessif est insignifiant". Tout ça sent trop sa dernière cartouche...

Dans mon "Megabuzz", c'est surtout le troisième argument anti-La Rocque qui est contesté par les Internautes (ceux au moins qui se sont exprimés ici ou ailleurs). Je reviendrai sur ce troisième point dès demain, en vous redonnant le contexte dans son ensemble.

Je voudrais dès maintenant répondre à deux de mes détracteurs, Scribe et Fleur de lys.

A Fleur de Lys qui m'accuse d'avoir dit que l'abbé de Cacqueray est orgueilleux, je précise que ce mot d'orgueil vient d'elle, Fleur de Lys, et d'elle seule. j'ai publié des textes, j'ai indiqué des dates. je n'ai fait aucun commentaire personnel, relisez-moi, aucune attaque à la personne. La balle dans le pied ? Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est déjà un fait avéré. Je me suis même abstenu volontairement d'indiquer, par ailleurs, l'étrange synchronie de la double dernière cartouche, la première tirée le 12 septembre trois jours avant le 14... La seconde tirée le 4 octobre, trois jours avant le 7... Il m'avait semblé que quiconque s'intéresse à ce dossier était à même de remarquer cette bizarre synchronie prévenante, en en dégageant les jugements qui lui appartiendraient...

Je ne crois pas avoir été présenté à... Fleur de lys, mais Scribe, je le connais. Depuis plusieurs années, il est en première ligne pour la FSSPX et j'apprécie son entièreté. Il n'est pas de ces tièdes que le Seigneur vomit... Sur Fecit, il met ce message, attendant écrit-il, une vraie réponse :
J'éprouve pour mr l'Abbé de tanoüarn une certaine admiration. C'est d'ailleurs lui, en décembre 2003 ou 2004, qui m'a ramené à la tradition par un sermon virulent sur les ED. alors que j'étais devenu bien tiède.

Alors permettez-moi de considérer que sa sortie tardive (au sens de l'horaire de rédaction) et bien virulente ne me paraît pas digne d'un abbé aussi intelligent. Il me semble de plus en plus (et je ne me suis pas caché de lui dire il y a quelques années sur le FC) que Mr l'abbé cherche désormais plus à justifier ses propres positions que celles de la tradition. Il me fait penser à d'anciens sédévacantistes comme l'abbé Lucien, défendant ce qu'il honnissait naguère et surtout justifiant son évolution.

Que l'abbé évolue et change (et je pourrais facilement le démontrer - il le sait bien car nous nous connaissons-) est un fait. Qu'il essaie de faire admettre que ce n'est pas lui qui change mais l'Eglise, face à Assise III est tout simplement indéfendable.

Est-ce un vrai message pour vous (et lui)?
Que vous répondre cher Scribe? Ma sortie tardive? Mais c'est que, comme ce soir, je n'ai pas eu d'autre moment pour intervenir. Faut-il se taire? Citation pour citation (Pascal pour Laguérie dans votre précédent post) : "Jamais les saints ne se sont tus". A aucun moment, du jour ou de la nuit s'il le faut. Je ne suis pas un saint (ça c'est sûr) mais plutôt je crois en bonne compagnie à cette heure.

Virulent? J'ai essayé de m'abstenir de jugements personnels. La seule virulence que je me reconnaisse est la rapidité de réaction : le 12 septembre pour le 12 septembre. Le 4 octobre pour le 4 octobre. C'est l'avantage que confère certaines veillée tardive... Je cherche à me justifier? Honnêtement oui, à chaque instant. Mais qui n'en fait pas autant ?

Cependant, cher Scribe, si dans cette idée d'une recherche de justification, vous voulez dire que j'ai évolué d'abord et réfléchi ensuite à toutes sortes de justifications a posteriori, non ! Je crois avoir réfléchi d'abord. Voyez le titre du premier numéro d'Objection : "Le pape qui corrige le Concile". Eh bien! C'est lui ma ligne et c'est sa correction autorisée. Depuis 2005.

"Que l'abbé évolue et change, c'est un fait..." écrivez-vous. Vous avez raison d'écrire cela. Depuis Vatican II et l'Evangile, publié en 2003 et toujours disponible sur le Net, j'ai évolué. Mais je n'ai changé ni dans ce que j'aime ni dans ce que je déteste... J'essaie effectivement de vous faire admettre que ce n'est pas moi qui change, c'est l'Eglise. Je pense que les JMJ de Madrid ont apporté la preuve définitive de ce changement, qui s'est amorcé dans les dernières années du pontificat de Jean Paul II et qui tourne autour de deux thèmes principaux : retour à la liturgie (cf. Ecclesia de Eucharistia) et retour à la parole de Dieu (Verbum Domini, voilà un texte important, à cheval sur les deux pontificats).

Vous me dites que, devant Assise III, il n'est pas possible d'admettre ce changement de l'Eglise. Eh bien! Je vous renvoie bonnement à la lettre de Benoît XVI publié sur Benoît et moi et que notre Webmestre rappelle à notre bon souvenir. Si le pape n'avait pas été à Assise III, la dynamique d'Assise I - ce confusionnisme des religions, dont j'ai parlé dans mon papier du 12 septembre - aurait continué. S'il est là, c'est pour corriger Assise, comme il a corrigé le Concile.

Attention : corriger Assise signifie aussi donner à la question du rapport entre les religions une pertinence. Vous pouvez trouver cela choquant. Ce que je montre c'est que cette pertinence n'est pas d'ordre spirituel (comme si toutes les religions étaient des moyens de salut) ; elle est, avec Benoît XVI, d'ordre politique. Relisez la dernière Soirée de Saint Pétersbourg de Joseph de Maistre, la Onzième, vous verrez que Joseph de Maistre anticipe sur la situation actuelle, où le pape se trouve, volens nolens, le seul pouvoir spirituel mondial. Ce n'est pas du faux oecuménisme de dire cela, ni l'expression d'un dialogue interreligieux déboussolée. Non ! Auguste Comte, fervent du Pouvoir spirituel, aurait certainement constaté la même chose. Ce constat sur les religions et la paix dans le monde est purement politique et les exhortations de Benoît XVI se situeront... finalement du point de vue de cette politique internationale et formellement sous l'angle de la vertu naturelle de religion. Assise III n'est pas "une foire aux religions" (Cacqueray), dans laquelle chacune prétendrait apporter quelque chose de différent et d'intrinsèquement valable pour le salut des hommes. Dans le post du 12 septembre, j'ai cité les textes du pape qui me permettent d'avancer cela. Et l'abbé de La Rocque, habituel affidé de la dernière cartouche, plus tard, ne m'a pas vraiment contredit... Sauf, je vous l'ai déjà dit, à tomber lui-même dans le baïanisme nommé par Garrigou... pseudosupernaturalismus.

Excusez-moi, chers amis, d'avoir été si long. La passion m'égare. Ce qu'on vit aujourd'hui a quelque chose de miraculeux, lorsque l'on veut bien ouvrir les yeux et voir.

mercredi 5 octobre 2011

Benoît XVI fera tout pour que soit impossible une interprétation syncrétique d’Assise

Le pasteur luthérien Peter Beyerhaus est un ami de Joseph Ratzinger, depuis l‘époque où tous deux enseignaient à Tübingen. Sans doute est-ce cette proximité qui a permis au pasteur Beyerhaus de faire part de ses doutes quant au risque de syncrétisme ou de relativisme? La réponse du pape date du 4 mars 2011, elle a été rendue publique la semaine passée lors du congrès «Pèlerins de la Vérité vers Assise». Benoît XVI déclare:
«Je comprends très bien, votre préoccupation par rapport à ma participation à la rencontre d’Assise. Mais cette commémoration doit être célébrée de toutes façons et après tout, il me semblait que le mieux c’était d’y aller personnellement pour pouvoir essayer de cette manière de déterminer la direction du tout. Cependant je ferai tout pour que soit impossible une interprétation syncrétique de l’évènement et pour que cela reste bien ferme que toujours je croirai et confesserai ce que j’avais rappelé à l’intention de l’Église avec l’encyclique Dominus Iesus»
C’est clair, c’est net, et c’est la méthode des ‘rustines’. On reprend ce qui existe pour lui donner son «vrai sens», compatible avec l’ADN catholique. Assise justement: vous aviez compris qu’à Assise (1986) la devise était «Etre ensemble pour prier, mais non prier ensemble»? Eh bien vous aviez mal reçu le message! Lors du récent congrès le Cardinal Burke précise :
«Le Saint Père a voulu souligner le concept de pèlerinage vers la vérité: non pas un être ensemble pour prier d’une façon disparate, avec le risque de confondre la foi révélée surnaturelle avec les croyances religieuses humaines et naturelles, mais un cheminement ensemble vers l’unique Vérité».
Benoît XVI annonce en substance qu’il y va pour traditionaliser l’événement – et nous pensons sur ce blog qu’il le fera. De son côté, la FSSPX de France commence une série de mille messes «en réparation du scandale». Nous verrons bien, et nous verrons bientôt.

PS1 – Après ou avant Assise: la proposition de débat que l’abbé de Tanoüarn a lancée tient toujours. Les Anglais ont une expression: «to agree to disagree» : s'accorder sur l'espace du désaccord. Si les bons abbés arrivent ne serait-ce qu’à ce point, ils n’auront pas perdu leur temps.

PS2 – Plus généralement: il est dommage qu’il n’y ait pas de rencontres régulières entre les prêtres traditionalistes des différentes chapelles - ce serait alors un véritable organe d'échanges entre frères prêtres. Non pas écouter les uns parler des autres, mais s'écouter les uns les autres, car tout échange se doit d'être réciproque. Dans cet espoir, nous lirons avec joie vos réactions.

Etrange violence : l'abbé de la dernière cartouche

Que s'est-il passé dans l'esprit de l'abbé de Cacqueray ?

Le 12 septembre dernier, il publiait un texte sous sa signature, dans lequel la théologie se mariait assez volontiers avec l'outrance. Dès le 12 septembre, sur ce blog, j'ai proposé à mon cher cousin cinq arguments qui me paraissaient montrer de façon péremptoire que de même que les JMJ de Madrid n'avait à peu près rien à voir avec les JMJ de Denver, de même le sommet inter-religieux Assise III convoqué par Benoît XVI en octobre 2011 ne s'identifiait en rien avec Assise I, convoqué en 1986 par Jean Paul II. Je proposais cinq points. L'abbé de La Rocque, reconnaissant sa pensée en difficulté, a produit une réponse à ma réfutation dans L'Hermine du mois d'octobre. Elle est en trois points. Il me semble y avoir répondu sous le titre Megabuzz. Beaucoup de fidèles de la FSSPX, en particulier sur leur Forum Fecit, ont été sensibles à cette réfutation de l'abbé de La Rocque, qui était en même temps une défense d'Assise III.

Mais, depuis, je n'ai pas eu un mot de l'abbé de La Rocque. Encore moins de l'abbé de Cacqueray. Etrange silence.

L'un et l'autre considèrent peut-être que le temps du logos est terminé. Vient le temps du scandale. J'annonce cette nouvelle en me fondant sur le Forum Fecit, quitte à ce qu'il y ait confirmation par des instances mieux habilitées. Je souhaite bien sûr que ce texte soit un faux. En voici l'extrait le plus significatif. L'abbé de Cacqueray explique qu'à l'occasion de la saint François d'Assise (4 octobre), il va demander pardon pour le péché d'Assise. Voici son projet :
"- En réparation de la convocation de la célébration de la scandaleuse réunion interreligieuse d’Assise qui aura lieu le 27 octobre prochain et pour obtenir de Dieu que cette réunion n’ait pas lieu, le district de France fera célébrer mille messes.
- En réparation des 33 représentations blasphématoires contre la Passion de Notre Seigneur dont la programmation a été confirmée dans différentes villes de France et pour obtenir de Dieu qu’elles n’aient pas lieu, le district de France fera célébrer 330 messes.
- En outre, chaque prieuré du district de France célébrera une messe publique de réparation et chaque prêtre célébrera également une messe de réparation.
Nous invitons instamment tous les catholiques à entrer dans cet esprit d’expiation, de pénitence et de réparation de ces terribles péchés publics".
Il me semble intolérable de mettre l'acte que va poser le pape à Assise le 27 octobre sur le même plan que des sacrilèges comme le Pisschrist ou comme ces représentations théâtrales au cours desquelles, à l'occasion d'un picnic, on joue avec des rondelles de carton blanc représentant des hosties.

Intolérable parce que l'abbé de Cacqueray et son staff, ayant publié leur avis "théologique", n'ont pas été capables de répondre posément à mes critiques fondées et ont finalement choisi le silence de la raison et les canons de la déchirure.

Intolérable parce que tous les prieurs du District de France sont sommés de s'associer par une messe publique à cette mascarade. Les pauvres !

Attention ! A traiter le pape de scandaleux, selon le bon vieux principe de l'arroseur arrosé, c'est l'insulteur qui devient lui-même un scandale. Quant au scandale qu'il déclare éprouver, parce qu'il refuse de le fonder en raison, parce qu'il est inaccessible à la discussion raisonnable, on peut le suspecter d'être ce que l'on appelait naguère au séminaire d'Ecône, d'après le bon vieux Prümmer un scandale pharisaïque.

J'avoue que je ne voyais pas d'explication à cette violence. Et puis je me suis rappelé deux textes de l'abbé de Cacqueray publiés en avril 2008 et toujours en lecture sur la Porte Latine. Je les offre à mes lecteurs. il me semble qu'ils expliquent beaucoup de chose. L'abbé de Cacuqeray lui-même déclare, après avoir écrit ces textes que vous allez lire, que ces apologues, qui, selon lui, sont des considérations sur la Providence, ont motivé son engagement dans la FSSPX. Par les temps qui courent, je crains que, se prenant soudain pour le meilleur tireur, il se soit d'abord tiré une balle dans le pied... Mais jugez-en vous-mêmes, je reproduis ici ses textes, qui prennent une tonalité cruelle à la lumière de l'événement, mais je vous les offre tels qu'ils sont sur la Porte latine, à la virgule près, sans en changer une ligne :
Les deux apologues de la Dernière cartouche

Premier apologue
Au soir de cette journée, les chasseurs venaient de renverser leurs étuis : il ne leur restait plus qu’une unique et dernière cartouche. Tout naturellement, ils la remirent à celui d’entre eux qui était le meilleur fusil. En temps habituel, aucun n’aurait assurément reconnu cette supériorité de l’un d’entre eux sur les autres. Mais l’heure était suffisamment grave pour que beaucoup de sentiments d’amour-propre disparussent d’eux-mêmes. A ce dernier coup de feu, bientôt tiré, se trouverait en effet suspendue la survie de toute la population. Voilà des mois qu’ils combattaient une bête maléfique qui dévastait leurs habitations et, du cercle des chasseurs qu’ils formaient, il n’en était pas un qui ne pleurait quelque membre de sa famille emporté dans la gueule du monstre. Ils savaient, puisqu’ils avaient épuisé leur poudre, qu’ils y passeraient tous si la dernière cartouche manquait sa cible.
Ils n’avaient pas hésité à désigner leur champion. Mais aucun d’eux ne pouvait s’empêcher de penser qu’avec cette dernière cartouche, c’était aussi sa vie et celle de tous les siens qui se trouvait remise entre les mains d’un seul homme ! Ils se le chuchotaient entre eux et leur inquiétude montait. Chacun pensait intensément- car aucun n’était inexpérimenté dans l’art de la chasse ni ne manquait d’une réelle connaissance du terrain- au choix du meilleur affût pour se poster, de l’instant le plus favorable du jour, pour ce coup qu’il restait à tirer.
Tandis que les nouvelles les plus sombres des horreurs commises par la bête continuaient de leur arriver, certains estimèrent nécessaire de donner à leur camarade, en plus de la dernière cartouche, leurs avis et vives recommandations. Ce fut un brouhaha d'opinions divergentes. Plusieurs, conscients des ravages opérés par la bête, alors même qu’on était encore en train de réfléchir et de parler, plaidaient pour qu’on ne perdît plus de temps et que l’affrontement, de toute façon inévitable, eût lieu au plus vite. D’autres, non moins justement, rétorquaient qu’à se précipiter sans avoir pris le temps de choisir le meilleur guet, le coup serait manqué et la population entière définitivement livrée à la bête. La discorde augmentait leur peine. Voilà que ceux qui devaient combattre un si grand ennemi commun se retrouvaient, à l’heure la plus grave, presque fâchés entre eux.
Les premiers se tournaient vers leur champion et le sommaient de courir sus à la bête sans plus attendre. Les autres le retenaient par la manche et lui reprochaient de penser à partir au combat sans plus de réflexion. Ils ne semblaient pas s’apercevoir que par leur désunion, le ton de leur querelle et cette soudaine appréhension, ils lui faisaient endurer deux combats au lieu d’un seul, au risque de le voir arriver affaibli pour le duel décisif.
Mais lui, conscient et même compréhensif de leur mélange de méfiance et de confiance, écoutait leurs avis et en retenait le meilleur. Il savait, depuis qu’ils avaient fait ce geste de lui remettre leur dernière cartouche et depuis qu’elle était bien passée de leurs mains dans les siennes, que, à un instant donné qui ne manquerait pas de survenir, c’est lui et lui seul qui se retrouverait devant la bête, face à face, et lui seul qui appuierait sur la gâchette.
Chasseurs ! Si vous les croyez justes, donnez tous vos conseils de chasseur à votre champion mais prenez garde cependant de ne pas l’accabler ! Il vous est évidemment difficile de remettre votre vie entre les mains de l’un des vôtres mais souvenez-vous -c’est ainsi- qu’une cartouche n’est jamais tirée que par un seul homme.

Deuxième apologue
Lorsque son étui est bien garni, le fier chasseur ne regarde pas à ses cartouches. Il se saisit impatiemment de chacune puis, qu’elle ait ou non atteint sa cible, c’est toujours son fusil, puisque la cartouche n’est plus là pour l’entendre, ou qu’il gronde ou qu’il congratule ; ce n’est jamais la cartouche.
Mais, lorsqu’au soir de la journée, il ne lui reste plus que la dernière, voyez donc comme il la regarde, comme il la traite avec respect, comme il la polit entre ses mains ! On dirait que d'être sa dernière l'a comme transfigurée à ses yeux, qu’elle en a brusquement reçu un surcroît d’être qu’elle ne possédait pas, qu’elle mérite désormais les plus grands égards. Sans doute veut-il la tirer mais il veut encore moins la gaspiller ! Alors que le crépuscule descend, il pense qu'elle seule pourra lui procurer le couronnement de sa journée et l’ovation de ses pairs.
Le chasseur veut donc - et pour cause !- ne tirer qu’"à coup sûr". Mais, à dire vrai, qul est le sens de cette expression ? Ne signifie-t-elle pas qu’il faut seulement tirer lorsqu’il n’y a plus aucune chance de manquer la bête maléfique ? Cependant est-ce jamais possible ? Y a-t-il un chasseur sans faiblesse et un fusil sans défaut à qui le triomphe soit garanti ?
S’il ne reste au dernier des chasseurs qu’une dernière cartouche pour tuer la bête maléfique, avant la tombée de la nuit, chacun comprend que le chasseur, les autres chasseurs et la population ne risquent la mort que pour deux motifs possibles. Il est certain qu’ils mourront si la cartouche n'est pas tirée à la nuit tombée. Ils mourront également si elle est tirée mais qu’elle manque la bête. N’apparaît-il donc pas qu’il vaut encore mieux se risquer à tirer plutôt que de ne pas tirer ?
Cependant, cette certitude, au yeux du détenteur de la dernière cartouche, ne constitue pour autant qu’un premier principe de sa stratégie. Il sait bien qu’elle ne le dispense nullement de se mettre en quête de toutes les circonstances qui rendront, lorsqu’il tirera, son âme paisible, parce que son coup, prudemment et parfaitement calculé, sera un coup de maître.

Comme illustration de ces deux apologues.
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, il semble que la dernière cartouche qui doive être tirée sur l'hydre moderniste soit la Fraternité Saint-Pie X.
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, si cette dernière cartouche n’est jamais tirée, la bête ne sera pas tuée et finira par étouffer l’Eglise.
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, si cette dernière cartouche est mal tirée, la bête ne sera pas tuée et finira par étouffer l’Eglise.
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, la Fraternité Saint-Pie X est cette dernière cartouche qui sera tirée, depuis le bon affût et à l’instant convenable, et elle tuera la bête.
C'est à la lumière de telles considérations sur la Providence que nous avons donné notre confiance à la Fraternité.

Suresnes, Avril 2008
Abbé Régis de Cacqueray-Valménier, 
Supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pie X.

mardi 4 octobre 2011

Jacques de Guillebon demain mardi...

Jacques de Guillebon, jeune essayiste remarqué, est un esprit libre. Alors que la gauche subit une crise d'identité qui n'a d'égal sans doute que celle qui secoue la droite, le voilà qui revient, avec Frédéric Ozanam, aux fondamentaux du christianisme. Comment la révolution chrétienne se réalise-t-elle dans les sociétés qui s'offrent à son influence ? Voilà la question qu'il pose à Frédéric Ozanam, jeune intellectuel brillant, contemporain de la Révolution de 1848 et que Jean Paul II est venu béatifier à Notre Dame de Paris en 1997. Guillebon vient de publier un livre, à la couverture évocatrice sous le titre : Frédéric Ozanam, le choix des pauvres.

Après qu'il nous aura présenté son livre, nous continuerons avec un débat, dans lequel j'interviendrai sur la démocratie confisquée et sur l'idée chrétienne de la démocratie. depuis Jean-Paul II les papes (Benoît XVI tout récemment à Berlin) reparlent de la démocratie. Nous voulons ouvrir le débat au Centre Saint Paul avec tous ceux qui le souhaitent, tous ceux qui estiment qu'une démocratie est sociale ou n'est pas et qu'une démocratie trop politisée est une démocratie purement rituelle (le rite de l'isoloir) une démocratie morte !
Mardi 3 octobre 2011 - à 20H00 - au Centre Saint Paul, 12 rue Saint Joseph 75002, M° Sentier ou Grands Boulevards - PAF 5€, tarif réduit à 2€ (étudiants, chômeurs, membres du clergé) - Un verre de l'amitié prolonge la conférence.

Rectificatif

Jacques de Guillebon a dû reporter sa participation à la conférence ce soir sur Frédéric Ozanam. C'est moi qui vous parlerai donc ce soir à 20 H 15 au Centre Saint Paul de La démocratie chrétienne une idée neuve. Ca tombe bien : Benoît XVI en a parlé à Westminster House et tout récemment au Bundestag. Il y a vraiment du neuf ! Vous ne serez pas déçu.

lundi 3 octobre 2011

Rendre viste à l'abbé Berche

Micheline nous communique les coordonnées de l'abbé Alexandre Berche, victime en janvier 2010 d'un terrible accident.

MAS St-Jean-de-Malte (Maison d'Accueil Spécialisée)
60 rue d’Hautpoul, 75019 Paris
(la station de métro la plus proche est : "Ourq" ; ou le bus 75)
Tél : 01 53 19 21 21 (MAS) Tél. mobile : 06 12 61 12 73
Adresse courriel : alexandre.berche@laposte.net (son adresse sur Free n'est pas opérationnelle car il en a oublié le code d'accès).

Les visites se font du Lundi au Dimanche inclus, de 13h30 à 19h (19h est l'heure du dîner pris en commun avec les autres pensionnaires). Toutefois, il faut noter que : - du Lundi au Vendredi, de 15h à 16h30 : séances de kinésithérapie, - Mardi : l’après-midi est réservé à 3 activités (pétanque, kiné, sarbacane) donc pas de visite ; - le Mercredi de 17h30 à 19h : séance avec l'orthophoniste.

Attention : Le 11 Octobre prochain, la MAS St-Jean-de-Malte organise une journée au bord de la mer à Cabourg : il y participera et fera du char à voile ! Autre joie pour l'abbé Berche : il y a une piscine au MAS Saint-Jean-de-Malte, et il compte bien en profiter !

Important : S’il est accompagné, il peut sortir et aller se promener (par exemple, aux Buttes Chaumont très proches). VOITURE : Les visiteurs venant en voiture peuvent se garer dans le parking privé de la MAS, juste à côté de l’entrée principale (il suffit d’avertir la dame à l’Accueil pour l'ouverture).